vendredi 4 septembre 2026

Un vrai monarque

Napoléon traita la vie de Ferdinand III presque comme une partie d'échecs, le déplaçant d'un trône à l'autre au gré de ses plans. D'abord, Ferdinand fut chassé de Toscane afin que Napoléon puisse y établir un État sous contrôle bourbonien. En échange, il reçut Salzbourg. Puis Salzbourg lui fut retirée et Wurtzbourg lui fut offerte à la place.
Pendant treize ans, Ferdinand régna sur des terres qu'il n'avait jamais demandées, les gouvernant fidèlement tout en attendant patiemment le jour de son retour au pays.
Ce jour arriva enfin en 1814, avec la chute de Napoléon. Ferdinand retourna aussitôt à Florence.
Mais ses actions ultérieures le distinguèrent de nombre de souverains restaurés après Napoléon. Il ne revint pas en quête de vengeance. Il n'avait pas de longue liste d'ennemis à punir. Au contraire, Ferdinand choisit la modération.
Il refusa de poursuivre les anciens partisans de Bonaparte, accueillit les exilés politiques, conserva le Code civil français car il le jugeait utile, encouragea la science, maintint des tarifs douaniers bas et fit preuve d'une plus grande tolérance envers les communautés juives. Sous son règne, la Toscane devint l'un des États les plus paisibles et modérés de l'Europe de la Restauration.
Puis, en 1824, Ferdinand mourut de la malaria après avoir personnellement inspecté les chantiers de routes et d'aqueducs à travers son territoire. Même en tant que souverain, il avait insisté pour constater lui-même l'avancement des travaux.
Né le 6 mai 1769, Ferdinand III, grand-duc de Toscane.
Il fut déplacé de trône en trône, perdit sa patrie, patienta, et lorsqu'il revint enfin, il choisit la clémence plutôt que la vengeance.
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