vendredi 4 septembre 2026

Anne Dacier, une insurpassable érudite

Elle apprit le grec et le latin en écoutant discrètement à travers l'embrasure d'une porte. Son père, un érudit classique respecté en France, enseignait à son frère. Mais lorsqu'il constata les connaissances qu'Anne avait acquises simplement en écoutant, il changea d'avis. Il cessa d'instruire son fils et commença à enseigner à sa fille.
Anne Dacier n'avait que vingt et un ans à la mort de son père, mais elle avait déjà acquis une connaissance extraordinaire du monde antique et était capable de se débrouiller seule.
À vingt-trois ans, elle publia son premier ouvrage scientifique. Elle fut ensuite choisie pour participer aux prestigieuses éditions Delphine de textes classiques, préparées pour l'héritier du trône de France. En 1683, elle épousa l'érudit André Dacier, et l'on surnommait avec humour « l'union du grec et du latin ».
Ses traductions révolutionnèrent la manière dont les lecteurs français appréhendaient le monde antique. Elle réalisa des traductions françaises complètes d'Anacréon et de Sappho, et publia en 1699 sa traduction de l'Iliade d'Homère. Cette traduction eut une influence considérable, aidant même Alexander Pope lors de la préparation de sa propre traduction anglaise.
Lorsqu'un autre traducteur a raccourci et modernisé Homère pour le rendre plus à la mode, Anne s'est battue avec une défense minutieuse de l'original. Elle s'est engagée dans la célèbre querelle française entre Anciens et Modernes et a pris fermement le parti d'Homère.
Elle est décédée à Paris ce jour-là en 1720 et a été inhumée auprès de son époux.
Anne Dacier, décédée ce jour-là en 1720, a appris par elle-même, sans que personne ne se soucie de l'instruire. Elle a transformé ces leçons empruntées en une vie entière d'érudition et est devenue l'une des plus grandes spécialistes des classiques de sa génération. 

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