vendredi 6 février 2026

Ne jamais exagérer même en buvant du thé

En mars 2013, des médecins du Michigan ont documenté un cas rare et alarmant concernant une Américaine de 47 ans qui a développé une fluorose squelettique après une consommation excessive de thé pendant près de vingt ans.
Pendant 17 ans, elle préparait et consommait quotidiennement une carafe entière de thé, utilisant une quantité impressionnante de 100 à 150 sachets par infusion. Cette habitude portait son apport en fluor à plus de 20 mg par jour, dépassant largement la limite supérieure recommandée de 10 mg/jour pour les adultes. Les feuilles de thé accumulent naturellement du fluor provenant du sol, et à de telles concentrations, l'exposition est devenue toxique.
Avec le temps, elle a développé des douleurs intenses et persistantes au dos, aux bras, aux jambes et aux hanches. Ses dents sont devenues si fragiles qu'il a finalement fallu les extraire. Au départ, les médecins craignaient un cancer en raison de ses symptômes et des résultats d'imagerie, mais des examens complémentaires ont révélé que les taux anormalement élevés de fluor étaient la véritable cause.
Une fois qu'elle a cessé de consommer ce thé concentré, ses taux de fluor ont progressivement diminué et ses symptômes ont commencé à s'améliorer. Ce cas, remarquable par sa rareté aux États-Unis, a ensuite été publié dans le New England Journal of Medicine comme un exemple édifiant montrant comment même des boissons courantes peuvent devenir dangereuses en cas de consommation excessive.

Couvre-sol surtout pour remplacer le trop vulgaire gazon


 

La distribution du mépris


 

Frédéric le Grand


 En 1730, un jeune prince, recroquevillé dans une cellule obscure, attendait le lever du soleil. En 1760, il serait le commandant le plus redouté de toute l'Europe.
Mais avant d'être roi, il était un fils brisé, vivant sous le joug d'un tyran religieux. Son père, le Roi Soldat, haïssait la musique, la poésie et la philosophie.
Frédéric le Grand était un homme différent. Il aimait la flûte et les livres français, ce que son père considérait comme un signe de faiblesse et de rébellion.
Pour briser le garçon, son père le força à assister, depuis une fenêtre, à la décapitation de son meilleur ami. Ce traumatisme le marqua à jamais.
Il apprit que le monde était indifférent aux sentiments. Il apprit que survivre exigeait du fer et du sang.
Lorsqu'il monta sur le trône en 1740, il n'attendit aucune permission. Il envahit la Silésie et stupéfia le monde par sa rapidité.
Mais sa plus grande épreuve survint pendant la guerre de Sept Ans. C'était la Prusse contre le reste du monde.
La France, l'Autriche et la Russie se rapprochaient de lui simultanément. À la bataille de Leuthen, il était en infériorité numérique de trois contre un.
Il aperçut leurs lignes. Il vit leurs canons. Il perçut leur arrogance.
Par une manœuvre brillante, il trompa toute l'armée autrichienne. Il frappa leur flanc avec une force implacable et remporta une victoire qui semblait impossible.
Il transforma l'armée prussienne en une machine infatigable. Il bâtit une nation à partir de sable et de discipline.
Pourtant, malgré toute sa gloire, il était un homme solitaire. Il passait ses nuits dans un palais nommé Sanssouci, qui signifie « sans souci ».
Il comprit son devoir. Il comprit son destin. Il comprit son héritage.
Il abolit la torture et invita les déplacés à s'installer sur son territoire. Il devint l'architecte d'une superpuissance qui finirait par dominer le continent.
Aujourd'hui encore, les tactiques militaires qu'il a perfectionnées sont étudiées dans toutes les académies du monde.
Il était le serviteur de l'État devenu son plus grand maître.
Frédéric le Grand vécut dans une profonde solitude malgré sa renommée. Il choisit d'être enterré sur la terrasse des vignes de son palais de Sanssouci, dans une tombe simple.
Il laissa des instructions strictes : être enterré de nuit, sans cérémonie ni faste religieux. Il préférait la compagnie de ses lévriers italiens bien-aimés à celle des politiciens berlinois.
Durant ses dernières années, il se promenait seul dans les jardins, parlant souvent à ses chiens comme s'ils étaient ses seuls véritables amis.
La cruauté de son père avait fait de lui un génie sur le champ de bataille, mais l'avait rendu incapable de trouver la paix dans la chapelle.
Il mourut dans son fauteuil en 1786, laissant derrière lui un royaume et une réputation qui allaient hanter l'Europe pendant des siècles.
Sa tombe demeure aujourd'hui un lieu de pèlerinage, souvent recouverte de pommes de terre en hommage à son œuvre de solidarité envers les pauvres.

jeudi 5 février 2026

Température du jour à Arvida (5 février 2026)


 

Le Québec, la société la moins américaine de l’Amérique du nord

Le Québec, la société la moins américaine

de l’Amérique du nord

Par Rémi Francœur

 À l’heure où le mot souveraineté revient au centre du débat public et où le président américain se permet de lancer l’idée provocatrice d’un Canada comme « 51e État », il est utile de rappeler une réalité méconnue — y compris par de nombreux Québécois. Je viens de l’État voisin, le New Hampshire : un territoire sans impôt sur le revenu ni taxe de vente, avec très peu de programmes sociaux et un ADN profondément libertarien. C’est précisément ce contraste qui m’amène à écrire qu’au sein de l’Amérique du Nord, le Québec représente une exception majeure. Sur le plan social, culturel et politique, c’est même la société qui ressemble le moins au modèle américain dominant.

On parle souvent du Québec à travers le prisme linguistique ou constitutionnel. Beaucoup plus rarement à travers ses choix de société. Pourtant, lorsqu’on prend un pas de recul, le portrait est saisissant.
D’abord, la structure même de la vie privée diffère. La majorité des Québécois ne se marient pas. Lorsqu’ils le font, depuis 1981 (avec la révision du Code civil), les femmes peuvent garder leur nom de naissance et le transmettre à leurs enfants — une norme juridiqueh et culturelle qui surprend encore ailleurs sur le continent. Le Québec est aussi l’une des sociétés les plus laïques d’Amérique du Nord. La religion joue un rôle marginal dans l’espace public et dans les décisions politiques. Cette réalité tranche radicalement avec celle des États-Unis, où la foi demeure un moteur central du débat social et électoral.
Sur le plan de l’éducation, le Québec se distingue tout autant. Il offre l’un des accès universitaires les plus abordables du continent, avec des droits de scolarité parmi les plus bas, loin du modèle américain dominé par des institutions à but lucratif et un endettement étudiant massif. Ici, l’éducation est pensée comme un bien collectif, non comme un produit.
Même chose pour la petite enfance. De 1997 jusqu’à février 2025, le Québec a été le seul État en Amérique du Nord à offrir un réseau universel de services de garde. Les résultats sont mesurables : le Québec affiche l’un des plus hauts taux de participation des femmes au marché du travail. C’est le fruit d’un choix de société assumé : investir dans les familles pour libérer le potentiel économique et professionnel des femmes.

En 2014, le Québec est aussi devenu la première province canadienne à légaliser l’aide médicale

à mourir. Qu’on y soit favorable ou non, ce geste témoigne d’une approche profondément

différente des questions éthiques : une société qui privilégie l’autonomie individuelle, la

compassion et la responsabilité collective, plutôt que la moralisation ou l’interdit religieux.

À cela s’ajoute un ensemble de protections rarement égalées sur le continent : droits des

travailleurs, des consommateurs, des locataires. Ici, même les partis de centre droit appuient des

projets d’énergies renouvelables, des pôles d’innovation verte et des partenariats publics. Le

consensus de base est clair : l’État a un rôle à jouer dans la transition énergétique et dans

l’organisation du développement économique.

Plus fondamentalement encore, le rapport à l’impôt révèle une fracture culturelle profonde. Au

Québec, payer des impôts est généralement perçu comme une contribution normale à la société.

Au New Hampshire, l’absence d’impôt sur le revenu et de taxe de vente est une fierté identitaire.

Mais elle vient avec un prix : infrastructures fragiles, filet social minimal, services publics limités.

2 sur 3 2026-02-05, 10:14 a.m.Idées | Le Québec, la société la moins américaine d’Amérique du Nord |... https://www.ledevoir.com/opinion/idees/953580/quebec-societe-moins-...

Deux visions du vivre-ensemble s’opposent.

Le Québec a choisi l’autre voie. Celle d’un État social, imparfait, certes, mais structurant. Celle

d’une solidarité institutionnalisée. Celle d’un modèle où la réussite individuelle s’inscrit dans un

cadre collectif.

Tout n’est pas parfait. Il reste énormément à faire en matière de logement, d’itinérance, de lutte

contre les inégalités, de reconnaissance des minorités et d’ambition climatique. Mais à ceux qui se

disent indépendantistes « à condition » que le Québec devienne un État résolument progressiste,

je réponds ceci : si l’on compare au reste du continent, nous y sommes déjà largement. Le Québec

incarne, dans les faits, une option nord-américaine au modèle américain.

Je tiens aussi à préciser une chose essentielle : je reconnais pleinement que les Premières

Nations se situent au-delà de ce cadre. Elles étaient ici bien avant que les Amériques ne soient

« américanisées » par le capitalisme et l’ordre colonial. Leurs visions du territoire, de la

communauté et du vivant précèdent — et défient encore — nos modèles contemporains.

Pourquoi parle-t-on si peu de tout cela ? Pourquoi ces différences fondamentales sont-elles si

rarement mises en lumière ? Peut-être parce qu’elles sont devenues normales pour ceux qui vivent

ici. Peut-être aussi parce que le Québec est souvent raconté de l’extérieur, à travers un prisme qui

ne lui correspond pas.

Mais à l’heure où les repères démocratiques vacillent ailleurs, où le modèle américain montre ses

fractures, il est temps de nommer ce que le Québec est déjà : une société distincte, profondément

non américaine dans ses valeurs, ses institutions et ses choix collectifs.

Ce n’est pas un slogan. C’est un constat.


Rogers Williams et la séparation de la religion et de l’État

 Il vint au Nouveau Monde en quête de pureté, mais il finit par semer les graines de la liberté américaine.

Le 5 février 1631, Roger Williams débarqua du *Lyon* sur le sol gelé de Boston.

Il était censé être le pasteur puritain idéal.
Brillant, passionné et profondément religieux, il nourrissait pourtant une idée dangereuse qui allait ébranler les fondements du pouvoir colonial.
À l'époque, Boston n'était pas une terre de liberté.
C'était une théocratie stricte où l'Église et l'État étaient fusionnés.
Les magistrats imposaient les devoirs religieux et toute dissidence était punie comme un crime contre la colonie.
Williams, face à ce système, y voyait une tyrannie.
Il commença à prêcher deux idées radicales qui terrifièrent l'establishment.
Premièrement, il affirmait que le gouvernement n'avait absolument aucune autorité sur la conscience individuelle.
Il croyait que la foi ne pouvait être imposée par la force.
Deuxièmement, il défendait avec vigueur le droit de propriété et la dignité humaine.
Il déclara que le roi d'Angleterre n'avait aucun droit de céder les terres américaines, car elles appartenaient aux Amérindiens.
Il insista sur le fait que ces terres devaient être achetées équitablement, et non confisquées par décret royal.
Ces propos étaient considérés comme de la trahison en 1631.
Les dirigeants coloniaux tentèrent de le faire taire.
Mais Williams ne céda pas.
En 1635, la Cour générale le bannit pour ses « opinions nouvelles et dangereuses ».
Menacé d'expulsion vers l'Angleterre – et probablement d'emprisonnement –, il s'enfuit dans le froid glacial de l'hiver.
Il ne survécut que grâce aux Wampanoags, qui l'abritèrent sous la neige.
Au printemps 1636, Williams mit en pratique ses propres principes.
Il acheta des terres à la tribu Narragansett – en leur versant un prix équitable – et fonda une nouvelle colonie appelée Providence.
Il la bâtit sur une promesse révolutionnaire.
Il ouvrit ses portes à tous.
Il accueillit les Quakers, persécutés dans les autres colonies.
Il accueillit les Juifs, qui n'avaient guère d'endroit où aller.
Il accueillit également ceux qui n'avaient aucune religion.
Le Rhode Island devint la première colonie à véritablement séparer le pouvoir religieux du pouvoir judiciaire.
Williams prouva qu'un gouvernement pouvait protéger la propriété et l'ordre sans dicter les consciences.
Ses écrits sur la liberté de conscience finirent par influencer les Pères fondateurs plus d'un siècle plus tard.
Aujourd'hui, lorsque nous examinons le Premier Amendement, nous nous intéressons à l'héritage de cet homme qui fut expulsé du Massachusetts pour avoir pensé trop librement.
Il refusa de transiger avec sa conscience.
Il refusa de s'approprier des terres.
Il refusa que l'État se prenne pour Dieu.
Roger Williams ne fonda pas seulement une colonie ; il fonda l'idéal américain selon lequel la liberté appartient à l'individu, et non au gouvernement.

Wallace Stevens

Chaque matin, Wallace Stevens enfilait un costume gris, prenait sa mallette et se rendait à une compagnie d'assurances Chaque matin, Wallace Stevens enfilait un costume gris, prenait sa mallette et se rendait à une compagnie d'assurances à Hartford, dans le Connecticut.
Le soir, il écrivait des poèmes qui interrogeaient la réalité elle-même et se demandaient si la beauté suffirait à la sauver.
Il était l'un des plus grands poètes américains, et pourtant il vivait comme un comptable. Ses collègues ignoraient que celui qui approuvait les demandes d'indemnisation écrivait aussi « L'Idée d'ordre à Key West ». Il ne parlait pas d'art. Il n'assistait pas aux lectures publiques. Il chérissait le silence, la rigueur, la retenue.
Stevens était un concentré de contradictions.
Il croyait que l'imagination pouvait racheter le monde, mais se méfiait des émotions.
Il menait une vie d'une discipline stricte, tandis que sa poésie scintillait de couleurs, d'étrangeté et d'un chaos maîtrisé.
À sa parution en 1923, « Harmonium » ne se vendit qu'à quelques centaines d'exemplaires. Les critiques étaient perplexes. Stevens ne protesta pas et ne s'expliqua pas. Il persévéra, révisant discrètement ses vers pendant ses pauses déjeuner, peaufinant ses poèmes entre deux dossiers et deux chiffres.
Des années plus tard, ces mêmes vers résonneraient dans les salles de classe et les anthologies :
« Après le dernier non, vient le oui. »
Durant sa dernière année, alors qu’il était atteint d’un cancer, il se convertit au catholicisme. Pour un homme qui avait passé sa vie à flirter avec le doute, ce n’était peut-être pas la foi en la doctrine, mais la foi en la beauté elle-même.
Wallace Stevens prouva que l’art ne naît pas toujours de la folie ou de la gloire.
Parfois, il s’épanouit grâce à la routine, la patience et une discipline tranquille ; grâce à un homme qui écrivait des poèmes au jour le jour, transformant la précision en grâce. à Hartford, dans le Connecticut.
Le soir, il écrivait des poèmes qui interrogeaient la réalité elle-même et se demandaient si la beauté suffirait à la sauver.
Il était l'un des plus grands poètes américains, et pourtant il vivait comme un comptable. Ses collègues ignoraient que celui qui approuvait les demandes d'indemnisation écrivait aussi « L'Idée d'ordre à Key West ». Il ne parlait pas d'art. Il n'assistait pas aux lectures publiques. Il chérissait le silence, la rigueur, la retenue.
Stevens était un concentré de contradictions.
Il croyait que l'imagination pouvait racheter le monde, mais se méfiait des émotions.
Il menait une vie d'une discipline stricte, tandis que sa poésie scintillait de couleurs, d'étrangeté et d'un chaos maîtrisé.
À sa parution en 1923, « Harmonium » ne se vendit qu'à quelques centaines d'exemplaires. Les critiques étaient perplexes. Stevens ne protesta pas et ne s'expliqua pas. Il persévéra, révisant discrètement ses vers pendant ses pauses déjeuner, peaufinant ses poèmes entre deux dossiers et deux chiffres.
Des années plus tard, ces mêmes vers résonneraient dans les salles de classe et les anthologies :
« Après le dernier non, vient le oui. »
Durant sa dernière année, alors qu’il était atteint d’un cancer, il se convertit au catholicisme. Pour un homme qui avait passé sa vie à flirter avec le doute, ce n’était peut-être pas la foi en la doctrine, mais la foi en la beauté elle-même.
Wallace Stevens prouva que l’art ne naît pas toujours de la folie ou de la gloire.
Parfois, il s’épanouit grâce à la routine, la patience et une discipline tranquille ; grâce à un homme qui écrivait des poèmes au jour le jour, transformant la précision en grâce.

mercredi 4 février 2026

Température du jour à Arvida (4 février 2026)


 

Marie de Rabutin Chantal, marquise de Sévigné

 Il y a 400 ans naissait Marie de Sévigné, plus connue sous le nom de plume de Madame de Sévigné. 
Marie de Sévigné (1626-1696) est un écrivain sans le savoir : rien ne préparait le millier de lettres qu’elle a écrites à voir le jour sous le nom d’œuvre. 
Mais l’épistolière la plus célèbre de France est une femme au destin particulier : orpheline de bonne heure, elle échappe au couvent pour recevoir une éducation dont elle tirera tout le profit dans la société du XVIIe siècle au sein de laquelle elle brille par son esprit et son naturel. 
Témoin privilégié de son temps, de la Fronde au règne de Louis XIV, elle est surtout, lettre après lettre, l’historienne de sa propre vie, partagée entre son devoir et sa passion maternelle. 
Roger de Bussy-Rabutin, auteur féroce, ne s’y est pas trompé qui écrit au sujet de sa cousine : « Rien n’est plus beau que ses lettres ; l’agréable, le badin et le sérieux y sont admirables ; on dirait qu’elle est née pour chacun de ces caractères. »
« On ne peut contester à Marie de Rabutin Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696), le titre de plus célèbre épistolière de France. Ses lettres écrites d'un ton libre et d'un style inventif nous introduisent dans sa familiarité et dans celle de son siècle. Si les lettres à sa fille, Mme de Grignan, nous la montrent mère passionnément attentive, on ne peut négliger le rôle qu'elle joue de témoin, souvent spirituel et amusé – mais aussi depuis l'affaire Fouquet, parfois inquiet et réprobateur –, des petits et grands événements du règne de Louis XIV. »
Jacques Prévot

Retirer le plastique des océans

C’est une étape symbolique et très concrète à la fois : En 2025, The Ocean Cleanup a atteint le chiffre historique de 45 millions de kilos de plastique retirés des rivières et des océans depuis sa création. L’année 2025 à elle seule a permis d’en extraire 25 millions, soit plus de la moitié du volume cumulé. Un bond spectaculaire qui montre l’accélération des opérations. 

À l’heure où 5 à 12 millions de tonnes de déchets continuent de se déverser dans les océans chaque année, ces chiffres rappellent autant l’urgence du problème que l’efficacité croissante des solutions mises en place.

Fondée en 2013 par l’ingénieur néerlandais Boyan Slat, l’organisation s’attaque au plastique sur deux fronts : en mer, grâce à des systèmes flottants qui capturent les déchets dans les grands courants océaniques, et dans les rivières, via des intercepteurs capables de stopper les détritus avant qu’ils n’atteignent l’océan. Des partenariats locaux, des actions côtières et le recyclage des matériaux récupérés complètent cette approche globale, pensée pour avoir un impact durable.

Ce cap des 45 millions de kilos ne résout pas tout, bien sûr, mais il envoie un signal fort : la technologie et la mobilisation collective peuvent réellement changer la donne. L’objectif reste ambitieux : éliminer 90 % du plastique flottant d’ici 2040 ! Une bonne nouvelle qui ne doit pas nous faire oublier qu'on préférerait que ce genre d'initiative n'existe pas et qu'il faut éduquer et responsabiliser tout le monde sur l'importance de ne pas déverser les déchets dans la nature.

Premier séjour de Mozart à Paris

Cette photo montre une petite plaque sur l'Hôtel de Beauvais, à Paris. Elle commémore un fait peu connu : Wolfgang Amadeus Mozart a vécu dans cet immeuble du Marais lors de son premier séjour parisien, entre 1763 et 1764 (au moment où, par le traité de Paris, la Nouvelle-France était lâchement livrée aux génocidaires britanniques).

Mozart n'avait que sept ans lorsqu'il arriva à Paris avec sa famille. Son père, Léopold Mozart, emmenait ses deux enfants en tournée à travers l'Europe afin de présenter leur talent musical aux cours et aux familles fortunées. À cette époque, Paris était l'une des capitales culturelles et intellectuelles les plus importantes d'Europe ; une étape y était donc incontournable.

La vie parisienne ne fut pas facile au début. Léopold espérait obtenir un accès à la cour royale de Versailles, mais le contexte politique rendait la chose difficile. Malgré cela, le talent de Mozart attira rapidement l'attention. Des personnalités influentes, comme l'écrivain et diplomate Friedrich Melchior Grimm, louèrent les dons du jeune garçon, qualifiant sa compréhension musicale de remarquable pour son âge.

Durant ce séjour parisien, Mozart fit bien plus que jouer de la musique. Il y publia certaines de ses toutes premières œuvres, notamment des sonates pour violon et clavier. Ces pièces devinrent plus tard ses opus 1 et 2, marquant le début de sa carrière de compositeur, et non plus seulement d'interprète.

La famille séjourna également à Versailles, où le jeune Mozart fut présenté à la cour royale. Selon les témoignages de l'époque, il baisa même la main de la reine Marie Leszczyńska, épouse du roi Louis XV. Bien qu'aucun concert officiel à la cour ne soit enregistré, la famille reçut des cadeaux et des récompenses financières pour des représentations privées.

Interdictions et permissions


 

Le secret de la présidence Trump


 Les Allemands ont enfin percé le secret de la présidence Trump : aux États-Unis, on tire sur des gens pour détourner l’attention des dossiers Epstein, puis on décide de publier ces dossiers pour détourner l’attention des meurtres, puis on arrête un journaliste pour détourner l’attention des dossiers Epstein, et si ça ne marche pas, le président se fait dessus devant les caméras ?

Ouais. C’est tout à fait ça.

Il y a toujours un chat roux dans l’ancienne propriêtè des époux Winston Churchill


Lorsque Winston Churchill organisa le transfert de Chartwell au National Trust en 1946, il ne s'agissait pas d'une simple vente, mais d'un acte de préservation soigneusement négocié. Les difficultés financières de l'après-guerre l'empêchaient de conserver ce domaine du Kent qu'il affectionnait tant, mais Chartwell était profondément lié à son identité d'homme d'État, d'écrivain, de peintre et de père de famille.
Churchill et son épouse Clementine veillèrent à ce que la maison reste en grande partie telle qu'elle était de leur vivant, remplie d'objets personnels, de livres, de tableaux et conservant l'atmosphère d'une maison habitée plutôt que celle d'un musée figé. Parmi les clauses les plus charmantes, on trouve son insistance pour qu'un chat roux puisse toujours vivre à Chartwell, témoignant de son affection pour les animaux et de sa volonté de faire de la maison un lieu vivant et accueillant.
Cette tradition est scrupuleusement perpétuée depuis. Le National Trust reconnaît officiellement le « Chef des Souris de Chartwell », un rôle transmis de génération en génération par des chats roux tous prénommés Jock, avec à la clé nourriture, abri et soins vétérinaires. Aujourd'hui, Jock VII perpétue cette lignée, déambulant paisiblement dans les jardins et sur les terrasses où ses prédécesseurs se prélassaient du vivant de Churchill.
Ce petit détail, pourtant révélateur, illustre la personnalité de Churchill : pragmatique et sentimental, soucieux de son héritage mais toujours chaleureux. Il rappelle aux visiteurs que l'histoire se préserve souvent non seulement par de grandes décisions, mais aussi par des gestes profondément humains, voire fantaisistes.

William Dampier

En 1681, un homme se tenait sur le pont d'un navire pirate, un coutelas à la main et un carnet de notes scientifique dans l'autre. Il passait ses journées à piller l'or espagnol et ses nuits à consigner le comportement des vents et la migration des oiseaux exotiques. C'était un pécheur, un voleur, un vagabond qui se retrouvait aux confins du monde tandis que le reste de l'humanité restait chez lui.

William Dampier naquit en 1651 dans un paisible village anglais, mais l'appel de l'océan était trop fort pour qu'il puisse l'ignorer. Il ne voulait pas seulement contempler l'horizon ; il voulait comprendre son fonctionnement. Il prit la mer comme flibustier, devenant finalement le premier homme à faire trois fois le tour du monde.
Mais la voie d'un pirate est rarement sans tache. Dampier participa à des raids violents et au pillage de villes côtières à travers le Pacifique. Il fut témoin du pire de l'humanité. Il vit la cupidité des hommes. Il vit le sang des innocents. Pourtant, au milieu de ce chaos, il resta concentré sur une mission différente.
Il observait les nuages. Il observait les marées. Il contemplait l'âme de l'océan. Tandis que son équipage comptait les pièces d'or, Dampier dessinait les toutes premières cartes des alizés. Il fut le premier à décrire la faune australienne aux Anglais et introduisit même des mots comme « avocat » et « barbecue » dans notre langue.
Ses carnets étaient si précis qu'ils révolutionnèrent la navigation à jamais. Ils devinrent le fondement de l'océanographie moderne et inspirèrent des hommes comme Charles Darwin des décennies plus tard. Dampier prouva que même un homme menant une vie hors-la-loi pouvait posséder un esprit capable de percer les mystères de la création.
Il lutta contre sa nature. Traduit en cour martiale pour cruauté, il était connu pour un tempérament aussi ardent que le soleil tropical. Il reconnut ses erreurs. Il reconnut ses échecs. Il reconnut sa propre vulnérabilité. Sa vie nous rappelle que l'histoire est rarement faite par des hommes parfaits, mais par ceux qui acceptent de consigner la vérité qu'ils découvrent dans la nature sauvage.

mardi 3 février 2026

Température du jour à Arvida (3 février 2026)


 

Somerset Maugham

La vie de W. Somerset Maugham se lit comme un roman : débutant dans le privilège, basculant dans la tragédie, pour finalement s'élever vers l'immortalité littéraire.

Il naquit à Paris le 25 janvier 1874, au sein d'une famille cultivée et francophone. Son père travaillait à l'ambassade britannique et sa mère était une figure reconnue de la société parisienne. Mais à l'âge de dix ans, Maugham perdit ses deux parents, emportés par la maladie. Orphelin, il fut envoyé vivre chez un oncle anglican austère à Whitstable, dans le Kent. Le passage brutal du Paris cosmopolite au presbytère anglais rigide fut un choc, mais lui offrit le regard d'outsider qui allait façonner son œuvre.

À seize ans, il s'échappa brièvement pour l'université d'Heidelberg, en Allemagne, où il se plongea dans la philosophie et la littérature. De retour en Angleterre, poussé vers une carrière respectable, il choisit la médecine. Étudiant à l'hôpital St. Thomas de Londres, il fut confronté à la dure réalité de la pauvreté en accouchant des femmes dans les taudis de Lambeth. Contrairement à ses pairs, il consigna ces expériences non pas pour ses études médicales, mais comme matière à fiction.

En 1897, diplômé médecin, Maugham publia son premier roman, *Liza de Lambeth*. Son portrait sans concession de la vie ouvrière choqua la critique, mais captiva les lecteurs. Le succès du livre le convainquit d'abandonner définitivement la médecine. Il n'exerça plus jamais, si ce n'est brièvement comme volontaire pendant la Première Guerre mondiale.

Maugham conquit d'abord le théâtre. En 1908, il réalisa l'exploit inédit de présenter simultanément quatre de ses pièces dans le West End londonien. Pendant des décennies, il fut le dramaturge britannique le plus célèbre. Pourtant, dès 1933, il se détourna du théâtre pour se consacrer aux romans et aux nouvelles, genre qui correspondait le mieux à son talent.

Ses romans devinrent des classiques. *Servitude humaine* (1915), œuvre semi-autobiographique, explore l'obsession et la découverte de soi. *La Lune et six pence* (1919) met en scène le prix du génie artistique, inspiré par Paul Gauguin. *Le Fil du rasoir* (1944) retrace une quête spirituelle au lendemain de la guerre.

Ses nouvelles, puisées dans ses nombreux voyages à travers l'Asie, le Pacifique Sud et l'Europe, ont marqué durablement les esprits. Des recueils comme *Le Casuarina* révèlent la faiblesse humaine, l'ambiguïté morale et l'étrangeté de la vie coloniale. Son style est sobre, précis et d'une simplicité trompeuse : clinique dans son observation, mais profondément empathique.

La vie personnelle de Maugham est empreinte de secret. Il était homosexuel à une époque où l'homosexualité était dangereuse, et bien qu'il se soit marié une fois, son véritable compagnon était Gerald Haxton. Son statut d'outsider – orphelin, bègue, homosexuel – a aiguisé sa compréhension des masques humains et des vérités cachées.

Dans les années 1930 et 1940, il figurait parmi les auteurs les plus vendus au monde. Hollywood adapta ses œuvres et il mena une vie fastueuse à la Villa Mauresque sur la Côte d'Azur, recevant des personnalités telles que Winston Churchill et Ian Fleming. Il écrivit jusqu'à ce que la maladie l'oblige à cesser.

Maugham mourut le 16 décembre 1965, à l'âge de 91 ans. Son héritage perdure à travers ses romans, ses pièces de théâtre et ses nouvelles, toujours disponibles et qui continuent de toucher les lecteurs. Il lança un jour avec humour : « Il y a trois règles pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne les connaît. » Et il observa : « La grande tragédie de la vie n'est pas que les hommes périssent, mais qu'ils cessent d'aimer. »

De garçon orphelin à géant de la littérature, le parcours de Maugham montre que parfois, le chemin le plus extraordinaire est celui choisi contre toute logique, lorsque la passion triomphe de la sécurité.