mercredi 27 mai 2026

Mots français d’origine japonaise

  1. Bonsaï盆栽 : littéralement « arbre empoté », petit arbre miniaturisé pour le plaisir esthétique. La pratique vient de Chine ;
  2. Bonze : en français, moine bouddhiste. Le terme est emprunté au japonais bonzô, 凡僧, « moine ordinaire, itinérant », terme lui-même emprunté au chinois.
  3. Bushido武士道 : terme rare en français qui désigne le code moral des guerriers japonais ;
  4. Futon布団 : matelas assez souple pour être roulé sur lui-même, qui sert à dormir ;
  5. Geisha芸者 : femme à la mise sophistiquée qui a pour profession de divertir les hommes par de la danse et des chants. Selon le Dictionnaire historique de la langue française, a d’abord été francisé par Pierre Loti en guécha (1887).
  6. Go : jeu de plateau d’origine chinoise appelée fréquemment « jeu de go » ;
  7. Haïku俳句 : désigne en français un court poème où enchaînement des vers est surprenant. Le terme est dérivé de haïkaÏ 俳諧, qui désigne plusieurs types de poèmes, ou des poèmes humoristiques ;
  8. Hara-kiri : désigne une méthode de suicide rituel par l’ouverture du ventre, nommée seppuku切腹,  par les textes spécialisés en français et au Japon. En français, « se faire hara-kiri », pour dire « faire à soi-même quelque chose de très néfaste » est une expression assez courante.
  9. Ikebana生け花 : « fleurs fraîches », art de l’arrangement floral ;
  10. Japon : dérivé de Nippon, terme d’origine chinoise signifiant « pays du soleil levant », prononcé en japonais Nihon, 日本 ; le nom du Japon place le pays dans une situation de rapport géographique et politique à la Chine (qui est donc le lieu central). « Nippon » est souvent employé comme périphrase pour « japonais ».
  11. Kakémono掛け物 : parchemin suspendu ou peinture sur soie ou sur papier qui peut être roulé et, par extension, support vertical de communication mis sur pied ;
  12. Kaki : emprunt probable à un mot japonais, mais écrit en japonais moderne dans l’alphabet katakana (カキノキ), employé pour les emprunts étrangers ;
  13. Kamikaze神風 : littéralement « vent divin », « kami » pouvant signifier « divin, dieu, esprit ». D’abord employé en japonais à propos des typhons qui ont détruit la flotte d’invasion mongole partie depuis la Chine au XIIIe siècle, puis repris au XXe siècle pour galvaniser les pilotes japonais qui s’écrasaient sur les navires américains pour les endommager pendant la Seconde Guerre mondiale. Le terme est souvent employé en français à propos des terroristes djihadistes islamistes se faisant exploser avec leurs explosifs, ou dans la locution « mission kamikaze »  pour « mission suicide » ou « mission très périlleuse » ;
  14. Karaoké, カラオケ : contraction de karappo空っぽ , « vide », et de orchestraオーケストラ, « orchestre », littéralement « orchestre vide » ;
  15. Kimono着物 : littéralement « manteau objet », vêtement traditionnel japonais et tenue des pratiquants d’art martiaux japonais ; 
  16. Maki : apocope de makizushi巻き寿司, « sushi roulé », petit met constitué de riz vinaigré, de poisson et d’une enveloppe d’algue ;
  17. Manga 漫画 : « dessin sans but, involontaire », désigne les bandes dessinées japonaises, très populaires en France ; 
  18. Mikado : « empereur du Japon », mais pas employé par les Japonais (qui emploient tenno). Désigne surtout un jeu d’origine japonaise qui consiste à retirer une par une des baguettes entremêlées sans faire bouger les autres ;
  19. Miso味噌 : « pâte fermentée », désigne presque toujours en français la soupe faite à partir de cette pâte, mangée dans les restaurants japonais ; 
  20. Ninja忍者 : espion ou mercenaire. Désigne le plus souvent en France les personnages entraînés à la dissimulation et aux martiaux ;
  21. Origami折り紙 : art du pliage de papier ;
  22. Saké : désigne en japonais l’alcool en général, mais en français l’alcool tiré de la fermentation du riz uniquement ;
  23. Samurai : « guerrier », « membre de la classe des guerriers », vu en France comme des guerriers hautement discipliné et fidèles à un code de l’honneur rigoureux ; 
  24. Sashimi刺身 : « corps tordu, percé », poisson cru découpé en lamelles ;
  25. Seppuku切腹 : suicide rituel par éviscération. Voir « hara-kiri » ; 
  26. Shiatsu指圧 : « pression par le doigt », méthode japonaise de massage pour la relaxation ;
  27. Shogun将軍 : « chef d’armée », ou « général », ou le dirigeant de fait du Japon entre le XVIIe et le XIXe siècle. En France, utilisé populairement comme synonyme de « suprême », « présidentiel », « supérieur », etc.
  28. Sudoku数独 : jeu de grille japonais populaire en France qui consiste à remplir une grille de neuf carrés de neuf cases avec des chiffres ; 
  29. Sumo相撲 :  « se frappe mutuellement », lutte japonaise traditionnelle où des combattants musclés et corpulents s’opposent dans un cercle ; 
  30. Surimi, すり身 : pâte de poisson au goût imitant celui du crabe, inventé au Japon au XXe siècle ; 
  31. Sushi, plusieurs graphies, la plus courante étant 寿司 : plat traditionnel japonais composé d’un entassement de riz vinaigré et, le plus souvent, d’un morceau de poisson de fruit de mer posé dessus ;
  32. Tatami, 畳 : natte épaisse, le plus souvent en paille de riz, qui compose le sol dans les habitations traditionnelles japonaises. Ce mot est surtout employé en France pour désigner les matelas en matière plastique placé pour la pratiques arts martiaux japonais ;
  33. Tempura天ぷら : friture japonaise, introduite elle-même au Japon par les Portugais, désignant des fritures préparées pour Pâques (le temps de Pâques, tempura étant dérivé du latin tempus, « temps ») ;
  34. Tofu豆腐 : lait de soja caillé qui forme une pâte blanche molle à teneur relativement forte en protéines ;
  35. Tsunami津波 : littéralement « vague du port », immense vague qui provoque des dégâts quand elle arrive sur la côte ;
  36. V.H.S. : acronyme de l’anglais Video Home System, une invention japonaise et une marque déposée de JVC.
  37. Walkman : de l’anglais « homme – marche », est une marque déposée de l’entreprise japonaise Sony ;
  38. Wasabi山葵 : plante herbacée à partir de laquelle les Japonais ont tiré une pâte verte très épicée ;
  39. Yakitori焼き鳥 : brochettes de viandes, souvent proposées dans les restaurants japonais en France ;
  40. Yakusa, ヤクザ : terme tiré d’une combinaison de noms de jeux de hasard. Désigne les membres d’un gang mafieux japonais ;
  41. Yen : l’unité monétaire du Japon ;
  42. Zen : terme transcrivant en japonais le sanskrit dhyana, par l’intermédiaire du chinois chan, qui correspond à un courant du bouddhisme. Par extension, il désigne le plus souvent en Fra

 

Devenir riche pour se protéger d’un état illégitime

Le saviez-vous? Au début du XVIIIe siècle, une faille légale a permis à Voltaire de dévaliser l’Etat français.
En 1729, Voltaire sort de prison, ruiné et humilié. Un chevalier de la noblesse l'a fait tabasser par ses valets et emprisonner à la Bastille sans procès. Sa conclusion : sans fortune, la loi ne protège pas. Il décide de devenir riche. Très riche.
Un mathématicien lui révèle une faille dans la loterie d'État : les billets sont attribués selon la valeur nominale des obligations, pas leur prix réel sur le marché. Il suffit d'acheter massivement des obligations dépréciées, donc bon marché, pour obtenir des centaines de billets à bas coût et rafler l'essentiel du pot.
Voltaire recrute onze complices, forme un syndicat, et se présente chaque mois aux guichets sous différents noms. En octobre 1729, treize personnes se partagent plus d'un million de livres.
L'affaire est portée en justice. Verdict : pas de condamnation. Aucune loi n'a été enfreinte.
Voltaire repart avec l'équivalent de 20 millions d'euros. Il les fait fructifier, investit, spécule. Et avec cette fortune, il acquiert quelque chose d'inestimable : le droit de penser et d'écrire librement, sans dépendre de personne.
On retient de Voltaire le philosophe des Lumières. On oublie qu'il était aussi un redoutable homme d'affaires. 

Un chien n’est pas une chose

« On signe le constat de refus de transport, et après vous mettez le chien à la déchèterie animale. Pas la peine de le ramener à l’office. »
Le neveu de Monsieur D. m’a dit ça hier après-midi, au téléphone, pendant que je préparais le corps de son oncle dans la chambre du haut.
J’ai posé le combiné sur le buffet en chêne.
J’ai pris Mistinguett dans mes bras — un Shih Tzu blanc et fauve de quatorze ans qui ne pesait plus que trois kilos sept.
Et j’ai rouvert mon dossier d’agrément FACCO comme famille d’accueil senior, à 22h12, sur la table de la cuisine.
Dans mon métier, on apprend à ne pas juger trop vite.
Dix-neuf ans que j’entre dans les maisons quand tout vient de s’arrêter. Je connais les silences de cuisine, les tasses laissées dans l’évier, les pantoufles encore tournées vers le lit, les photos qui continuent de sourire alors que plus personne ne sait quoi faire de ses mains.
Mais là, j’ai eu honte pour quelqu’un d’autre.
Mistinguett était assise contre la porte de la chambre, sans bouger. Elle n’aboyait pas. Elle regardait le couloir avec ses yeux voilés, comme si elle attendait le bruit des chaussons de Monsieur D. sur le parquet.
Quand j’ai ouvert, elle a levé la tête.
Ses poils fauves autour des oreilles étaient emmêlés. Son souffle faisait un petit bruit humide. Elle sentait la lavande froide, celle des draps pliés dans les armoires anciennes. Elle ne comprenait pas pourquoi la maison était pleine de gens qui parlaient bas, mais plus de lui.
Je l’ai prise contre moi.
Elle était légère d’une façon qui fait peur. Pas fragile comme une chose. Fragile comme une présence qui a tenu trop longtemps parce qu’elle n’avait pas le choix.
Le neveu répétait au téléphone qu’il habitait loin, qu’il avait déjà assez à gérer, que “pour un chien de cet âge, franchement…”
Franchement quoi ?
Quatorze ans à dormir près d’un homme seul, à suivre ses pas jusqu’au jardin, à poser son museau sur une main devenue tremblante, et tout cela devait finir dans une phrase administrative ?
J’ai regardé Mistinguett.
Elle avait posé son menton sur mon avant-bras. Pas pour demander. Pas encore. Juste pour tenir quelque chose de vivant.
Le soir, je l’ai ramenée chez moi.
Elle n’a pas touché à la gamelle. Elle a fait le tour de ma cuisine en longeant les murs, lentement, comme si chaque meuble pouvait lui mentir. Puis elle s’est arrêtée devant le buffet en chêne que j’avais récupéré de ma mère, et elle a respiré fort, deux fois.
Sur la table, j’ai rouvert la chemise cartonnée verte.
“Validé 2019.”
Les pages craquaient sous mes doigts. J’ai complété à la main les cases que je pensais ne plus jamais remplir : senior, suivi vétérinaire, accueil de fin de vie, disponibilité immédiate.
À 22h12, Mistinguett a enfin bougé.
Elle a traversé la cuisine sans bruit, avec ses petites pattes raides, et elle s’est couchée contre mon pied.
Pas sur le coussin neuf.
Pas près de la gamelle.
Contre mon pied.
Comme si elle avait choisi l’endroit le moins loin d’un cœur humain.
Je ne sais pas combien de temps il lui reste. Une semaine. Un mois. Un hiver entier, peut-être.
Mais je sais ceci : on ne jette pas la dernière compagne d’un homme parce que l’héritage est compliqué.
Mistinguett ne repartira pas dans un dossier mal classé.
Elle portera son deuil au chaud, dans une maison où son silence aura une place.

mardi 26 mai 2026

Température du jour à Arvida (26 mai 2026)


 

Somerset Maugham


 Sa langue maternelle était le français.
Son père était avocat à l'ambassade britannique à Paris. Sa mère était une figure reconnue de la société parisienne. La famille parlait français à la maison, se fréquentait en français, pensait en français. Le garçon qu'on appelait Willie grandit au milieu de l'art, du raffinement et de la liberté particulière d'une ville cosmopolite qui appartenait, d'une certaine manière, à tous.
Il avait huit ans à la mort de sa mère.
Il en avait dix lorsque son père la suivit.
Orphelin, il fut envoyé en Angleterre, chez un oncle qu'il connaissait à peine, un pasteur anglican de Whitstable, petite ville côtière du Kent. Il passa de Paris à un presbytère froid sur la côte anglaise, du français à une langue qu'il parlait avec un accent qui le trahissait immédiatement comme étranger, d'un foyer chaleureux à une maisonnée régie par le devoir et les convenances.
Il bégayait aussi, ce qui faisait de chaque tentative de parler sa nouvelle langue une petite performance de vulnérabilité.
Il était, à tous égards, un étranger.
Il consacra le reste de sa vie à écrire sur les marginaux avec une précision que seul celui qui en a été un peut acquérir.
À seize ans, il persuada son oncle de lui accorder une année d'études à l'université de Heidelberg, en Allemagne – une première expérience de liberté intellectuelle, d'idées prises au sérieux, d'un monde qui s'étendait bien au-delà du salon du pasteur. Il dévora la philosophie et la littérature. À son retour en Angleterre, son oncle l'incitant à embrasser une profession respectable, la médecine lui parut une voie raisonnable.
En 1892, il s'inscrivit à l'hôpital St. Thomas de Londres.
Sa véritable formation ne se déroula pas dans les amphithéâtres, mais dans les services d'obstétrique des taudis de Lambeth, où les étudiants en médecine accouchaient des femmes dans des conditions de misère que la plupart de leurs camarades n'avaient jamais connues. Il vit la réalité de la classe ouvrière londonienne : les taudis, l'épuisement, la dignité et la souffrance propres à ces gens qui vivaient dans une partie de la ville que la ville préférait ignorer.
La plupart de ses collègues se contentaient d'observer cliniquement et passaient à autre chose.
Willie Somerset Maugham prit des notes.
En 1897, à vingt-trois ans, il obtint son diplôme de médecin. Il avait réussi tous les examens. Une carrière médicale s'offrait à lui.
La même année, il publia son premier roman.
Liza de Lambeth s'inspirait directement de ce qu'il avait observé dans les services hospitaliers de Lambeth – un récit de la vie ouvrière, sans sentimentalité ni condescendance, avec cette même attention implacable portée à la façon dont les gens se comportent réellement sous pression, qui caractériserait toute son œuvre ultérieure. Le roman trouva son public. Maugham comprit, avec la lucidité de celui qui attendait la permission de comprendre une évidence, qu'il préférait consacrer sa vie à écrire sur la nature humaine plutôt qu'à soigner ses maux physiques.
Il n'exerça plus jamais la médecine – si ce n'est brièvement comme volontaire de la Croix-Rouge pendant la Première Guerre mondiale.
Six années d'études. Un roman. La décision était prise.
Il se tourna d'abord vers le théâtre. En 1908, il avait accompli un exploit qu'aucun dramaturge, avant ou après lui, n'a réussi à reproduire : quatre de ses pièces étaient jouées simultanément dans le West End londonien. Lady Frederick, Mrs. Dot, Jack Straw et The Explorer – quatre productions distinctes, quatre publics différents, un seul auteur. Le West End était tout simplement à court d'idées pour contenir toute la richesse de son œuvre.
Il écrivit des pièces pendant des décennies, puis les abandonna lorsqu'il estima avoir épuisé le potentiel du théâtre. Ce à quoi il revenait – et qu'il n'abandonna jamais vraiment – ​​c'était la fiction.
Of Human Bondage, publié en 1915, est le roman qui renferme l'essentiel de son expérience de la jeunesse, du désarroi et de la soif d'une vie qui refuse obstinément de se conformer à ses rêves. Son protagoniste, Philip Carey, évolue dans un monde marqué par un pied bot qui le distingue et transforme chaque pièce où il entre en une épreuve de visibilité. Maugham était bègue. Il a doté son personnage d'un mal différent, mais d'une expérience essentielle identique : la conscience que quelque chose en vous sera toujours remarqué avant tout le reste.
Ce roman traite d'obsession, d'amour non partagé et du long cheminement vers l'épanouissement personnel. Nombreux sont ceux qui le considèrent comme l'un des plus grands romans anglais du siècle.
« La Lune et Six Pence » parut en 1919 – un portrait de la compulsion artistique, librement inspiré de la vie de Paul Gauguin, qui interroge le prix à payer pour poursuivre une vision créative lorsque l'entourage a des attentes raisonnables quant à votre comportement.
« Le Fil du rasoir », publié en 1944, alors que Maugham avait soixante-dix ans, raconte l'histoire d'un Américain en quête de sens après la Première Guerre mondiale. Ce fut l'un de ses plus grands succès commerciaux, touchant un public qui ne l'aurait peut-être jamais découvert avec ses œuvres précédentes.
Et tout au long de cette période, voyageant sans cesse – dans le Pacifique Sud, en Asie du Sud-Est, en Chine, à travers l'Europe – il écrivit des nouvelles qui saisissaient des êtres humains à l'instant précis où leur intimité se révélait au grand jour.Malgré tous leurs efforts, son style était précis et sans fioritures. Il ne croyait pas au gaspillage de mots. Il avait le sens du symptôme propre au médecin et la compréhension de leur signification propre au romancier.
Il y avait autre chose qu'il portait en lui tout au long de sa vie, soigneusement et en secret.
Maugham était homosexuel, à une époque où cela était non seulement socialement gênant, mais passible de poursuites judiciaires. Il se maria une fois – un mariage qui lui apporta une fille qu'il aimait et un malheur que les deux époux finirent par cesser de feindre. Pendant trente ans, la présence constante dans sa vie fut celle de Gerald Haxton, son compagnon et ami de voyage, dont la mort en 1944 laissa un silence que Maugham passa le reste de ses jours à tenter de combler.
Le statut d'étranger qu'il avait acquis dans son enfance – orphelin, bègue, étranger dans sa propre langue – fut aggravé tout au long de sa vie adulte par la nécessité de vivre partiellement dissimulé. Il comprenait, de l'intérieur, le mécanisme par lequel les gens construisent des façades publiques pour protéger leurs vérités intimes. Il décrivait ces machines avec une précision que ses lecteurs reconnaissaient sans toujours pouvoir expliquer pourquoi cela leur paraissait si vrai.
Dans les années 1930 et 1940, il était l'un des auteurs les plus lus au monde. Il vivait à la Villa Mauresque sur la Côte d'Azur, un lieu devenu une véritable institution littéraire : Winston Churchill y séjourna, Ian Fleming y fit un tour et reconnut plus tard l'influence de Maugham sur les romans de James Bond. Écrivains, artistes et hommes politiques se croisaient dans le salon de cet orphelin bègue de Whitstable qui avait appris à captiver le monde entier.
Il écrivit jusqu'à ce que sa santé l'en empêche.
Il mourut le 16 décembre 1965, à l'âge de 91 ans.
Il laissa derrière lui une œuvre – romans, nouvelles, pièces de théâtre, essais, mémoires – qui n'a jamais cessé d'être rééditée et qui ne semble pas près de l'être.
L'une de ses observations les plus célèbres saisit l'essence même de sa pensée : « Il y a trois règles pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne les connaît. » Une autre va plus loin : « La grande tragédie de la vie n'est pas que les hommes périssent, mais qu'ils cessent d'aimer. »
Ces deux phrases semblent pleines d'esprit. Elles sont pourtant bien plus profondes.
La vie de Maugham révèle en réalité une réalité plus complexe que le simple récit du « suivez votre passion ». Il n'a pas choisi l'art plutôt que la médecine par simple impulsion romantique. Il l'a choisi parce qu'il avait compris, dans ces taudis de Lambeth, sa véritable vocation : non pas le traitement des corps, mais la représentation précise et honnête des vies qu'ils menaient. Il possédait ce regard extérieur, fruit d'une enfance passée à ne jamais vraiment trouver sa place. Et il avait la discipline nécessaire pour faire de ce regard un art, car il avait compris, depuis ce petit garçon bègue dont on corrigeait l'accent français dans un presbytère anglais, que la compréhension claire de sa situation est la première et la plus importante forme d'intelligence.
Il a consacré sa vie à écrire sur les êtres humains tels qu'ils sont réellement — masqués et démasqués, ambitieux et apeurés, capables d'un amour profond et d'une aveuglement spectaculaire — avec une lucidité implacable et une empathie sans sentimentalité.
L'orphelin parisien qui a fait des études de médecine et écrit un roman s'est finalement révélé être exactement ce qu'il était destiné à être.
Il a simplement fallu un peu de temps au monde pour s'en rendre compte.

Un vrai homme

« Un amiral né allemand passa six ans dans des camps de prisonniers de guerre nazis sans prononcer un seul mot d’allemand à ses ravisseurs — pas même à son propre cousin. »
L’amiral Józef Unrug est né Joseph von Unruh dans le Brandebourg, en Prusse. L’allemand était sa langue maternelle. Il servit dans la marine impériale allemande pendant la Première Guerre mondiale et commanda des sous-marins pour le Kaiser.
Puis, en 1919, tout changea.
Lorsque la Pologne retrouva son indépendance après 123 ans de partitions, Józef prit une décision qui allait définir le reste de sa vie. Il démissionna de la marine allemande, abandonna sa patrie et partit pour la Pologne — un pays sans véritable marine, sans navires modernes, et à peine un port fonctionnel.
Il ne se contenta pas de s’engager dans l’armée polonaise.
Il utilisa son propre argent pour acheter un navire et le donna afin qu’il devienne l’un des premiers bâtiments de la marine polonaise. En 1925, il devint commandant de la flotte, contribuant à bâtir la marine polonaise à partir de presque rien, tout en parlant un polonais marqué d’un fort accent allemand.
Lorsque l’Allemagne nazie envahit la Pologne le 1er septembre 1939, l’amiral Józef Unrug commandait les défenses côtières sur la péninsule de Hel. Très largement en infériorité numérique, ses forces résistèrent pendant un mois entier tandis que le reste de la Pologne s’effondrait.
Finalement, le 2 octobre 1939, il se rendit avec honneur et devint prisonnier de guerre.
C’est là que commença sa véritable forme de résistance silencieuse.
Les Allemands le transférèrent entre plusieurs camps de prisonniers — le château de Colditz, Murnau, Woldenberg. D’anciens camarades de la marine allemande lui rendaient visite et lui proposaient des promotions, des postes prestigieux, voire un retour dans la Kriegsmarine.
Il refusa toutes les offres.
Puis son cousin arriva.
Le général-major Walter von Unruh le salua chaleureusement en allemand, s’attendant à une conversation facile entre membres de la même famille partageant la même langue.
Au lieu de cela, Józef répondit en français.
Déconcerté, son cousin lui demanda pourquoi.
Józef Unrug répondit calmement : « Le 1er septembre 1939, j’ai oublié comment parler allemand. Je suis Polonais et officier polonais. »
Les Allemands furent stupéfaits. Il comprenait chaque mot qu’ils prononçaient. Sa famille avait servi la Prusse pendant des générations. Pourtant, pendant six ans, à travers d’innombrables interrogatoires et tentatives de recrutement, il ne parla plus jamais allemand.
Quand les gardes s’adressaient à lui, il exigeait des interprètes. Quand les officiers insistaient sur le fait qu’il comprenait évidemment leur langue, il répondait uniquement en polonais ou en français.
La langue devint son arme.
Toujours formel. Toujours discipliné. Complètement inflexible.
Ses codétenus admiraient sa détermination. Les Allemands, eux, étaient de plus en plus frustrés, car il refusait tout lien avec un passé ou une loyauté commune.
En 1945, les troupes américaines libérèrent le camp. Mais la Pologne passa sous contrôle soviétique, et Józef Unrug choisit l’exil plutôt que le compromis.
Il vécut en Grande-Bretagne, au Maroc, puis en France, travaillant à des emplois ordinaires plutôt que d’accepter une pension communiste, alors que nombre de ses hommes souffraient sous le régime.
Son dernier souhait était simple : être enterré dans une Pologne libre, aux côtés de ses marins.
Ce souhait fut exaucé en 2018, quarante-cinq ans après sa mort.
L’amiral Józef Unrug est enfin rentré dans le pays qu’il n’a jamais cessé de servir.
Et dans six années de silence, il a dit plus que les mots n’auraient jamais pu le faire.
 

L’électricité sans fil

La Finlande vient de découvrir comment transmettre de l'électricité à travers l'air. Sans câbles. Sans points de contact. Sans connexion physique entre la source d'énergie et l'appareil qui la reçoit. Ce qui n'était au départ qu'une expérience de laboratoire atteint désormais des performances de transmission et d'efficacité qui soulèvent immédiatement des questions d'infrastructure. Pendant un siècle, nous avons relié tout ce que nous construisions à un fil de cuivre ou à une lourde batterie. La Finlande vient de prouver que ce n'était jamais une nécessité. Les implications vont bouleverser tous les secteurs d'activité. Imaginez des bâtiments sans aucun câblage dans les murs, car l'électricité arrive comme le Wi-Fi. Imaginez des véhicules électriques se rechargeant à vitesse d'autoroute grâce aux lampadaires. Nous assistons à la naissance d'un réseau électrique sans fil.


 

lundi 25 mai 2026

Température du jour à Arvida (24 mai 2026)


 

Notre frère

Le vieux chimpanzé se figea dès qu'il entendit la voix de l'homme. 
Pendant quelques secondes, personne au sanctuaire ne comprit ce qui se passait. Le chimpanzé réagissait à peine aux visiteurs depuis des années. D'ordinaire, il restait assis seul, dans un coin de son enclos, sous les arbres, silencieux et renfermé, observant les gens passer sans grand intérêt. Mais cet après-midi-là… tout changea. Le sanctuaire se situait au cœur du sud du Kenya, entouré de vastes prairies et d'épais acacias où des primates rescapés passaient le reste de leur vie après avoir survécu au trafic d'animaux sauvages, à la captivité en laboratoire ou à des zoos abandonnés. La plupart des chimpanzés portaient des cicatrices invisibles, difficiles à percevoir pour les humains. La peur. Un traumatisme. La perte. Et parmi eux, le plus âgé était un chimpanzé nommé Joseph. Au moment où cette histoire se déroula, Joseph avait près de quarante ans – un âge avancé pour un chimpanzé en captivité. Un pelage gris recouvrait son visage et ses épaules, et l'arthrite rendait ses mouvements lents et prudents. Le personnel le décrivait comme doux mais distant. Il jouait rarement avec les jeunes chimpanzés. Il faisait rarement confiance aux nouveaux soigneurs. Et il n'approchait presque jamais les étrangers. C'est pourquoi tout le monde s'arrêta net lorsque Joseph se redressa soudainement près de la clôture de l'enclos, fixant l'entrée. Au début, le chimpanzé parut perplexe. Puis ému. Et là, un événement presque incroyable se produisit. Joseph se mit à haleter doucement et à se balancer d'avant en arrière – des comportements que les primatologues associent souvent à l'excitation ou à un bouleversement émotionnel chez les chimpanzés. Et à l'extérieur de l'enclos… se tenait un homme âgé nommé Samuel Greene. 
Voici ce qui rend ce moment extraordinaire : les chimpanzés possèdent certaines des capacités émotionnelles et cognitives les plus développées du règne animal. Ils reconnaissent les visages pendant des décennies, se souviennent des relations sociales, font le deuil des pertes, résolvent les problèmes en collaboration et se réconcilient même après des conflits par des marques d'affection physiques. Des études ont montré que les chimpanzés peuvent se souvenir d'individus précis après une séparation de plus de vingt ans. Mais personne au sanctuaire ne s'attendait à ce que Joseph se souvienne de Samuel. Car ils ne s'étaient pas vus depuis plus de trente ans. Dans les années 1980, Samuel travaillait dans un centre de réhabilitation pour primates en Afrique centrale. À l'époque, Joseph n'était qu'un bébé sauvé des braconniers après que sa troupe ait été massacrée pour sa viande. Samuel devint l'un de ses principaux soigneurs. Il le nourrissait au biberon. Il dormait près de son enclos pendant les orages. Il le portait, enveloppé dans des couvertures, lorsque le bébé chimpanzé tomba malade d'une pneumonie lors d'une saison des pluies particulièrement violente. D'après d'anciens rapports du personnel, Joseph suivait Samuel partout comme son ombre. Jusqu'à ce que des violences politiques contraignent le centre de réhabilitation à fermer ses portes quelques années plus tard. Les animaux furent transférés dans différents sanctuaires à travers l'Afrique. Le personnel se dispersa. Et Samuel ne revit jamais Joseph. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Un soir, des décennies plus tard, Samuel tomba par hasard sur un article en ligne concernant le plus vieux chimpanzé du sanctuaire. La photo le glaça d'effroi. Car malgré son pelage gris et son visage marqué par l'âge… il reconnut Joseph instantanément. Alors, à soixante-douze ans, Samuel prit l'avion pour le Kenya, sans savoir si le chimpanzé se souviendrait de lui. Il se tenait maintenant, tremblant, devant la clôture de l'enclos, sous le regard stupéfait des employés du sanctuaire. Joseph s'approcha lentement, d'abord. Presque avec précaution. Le vieux chimpanzé fixait Samuel du regard, émettant de faibles vocalises empreintes d'émotion. Soudain… Joseph poussa un cri. Pas un cri agressif. Un cri d'émotion. Le cri résonna dans tout le sanctuaire tandis que le chimpanzé se précipitait vers la clôture à une vitesse jamais vue depuis des années. Samuel s'effondra à genoux, en larmes. Et Joseph passa ses deux mains à travers le grillage, saisissant les bras du vieil homme de ses doigts tremblants. Des témoins ont admis plus tard que plusieurs membres du personnel avaient également fondu en larmes. Car ces retrouvailles n'avaient rien de artificiel ni de théâtral. Elles étaient profondément intimes. Les chimpanzés se fient énormément au toucher et à la reconnaissance faciale au sein de leurs groupes sociaux. Des chercheurs ont observé des chimpanzés se serrer dans les bras après une séparation, consoler des individus en détresse, et même reconnaître des photos d'anciens membres du groupe des décennies plus tard. Mais la réaction de Joseph allait bien au-delà de la simple reconnaissance. Le chimpanzé n'arrêtait pas de toucher le visage de Samuel, comme pour s'assurer de son existence. Puis Joseph posa doucement son front contre la clôture. Et ferma les yeux. Pendant près de quinze minutes, ils restèrent immobiles. Le directeur du sanctuaire a décrit plus tard ce moment comme « assister à la découverte d'une pièce manquante de sa vie ». Après ce jour, Samuel prolongea son séjour indéfiniment. Chaque matin, Joseph attendait près de la porte de l'enclos avant le lever du soleil, jusqu'à l'arrivée de Samuel, qui apportait des fruits ou des couvertures. Le personnel a constaté des changements spectaculaires chez le vieux chimpanzé presque immédiatement. Il est redevenu sociable. Joueur. Plus bavard. Il a même commencé à toiletter de jeunes chimpanzés vivant à proximité, un comportement associé à la confiance et à l'émotion.
C'était comme si quelque chose en lui s'était réveillé. Puis vint la découverte déchirante. Lors d'un examen vétérinaire de routine quelques semaines plus tard, les médecins diagnostiquèrent chez Joseph une maladie cardiaque avancée. Le sanctuaire estima qu'il ne lui restait probablement que quelques mois à vivre. Personne n'en informa Samuel immédiatement. Mais d'une manière ou d'une autre… Joseph semblait le savoir. Les chimpanzés possèdent une sensibilité émotionnelle remarquable, détectant souvent la maladie ou les changements d'humeur chez les membres de leur groupe bien avant l'apparition des symptômes évidents. Certaines études suggèrent même que les grands singes comprennent certains aspects de la mort et du deuil de manière similaire aux humains. Au cours des semaines suivantes, Joseph ne quittait presque jamais Samuel lorsque ce dernier venait le voir. Parfois, ils restaient simplement assis ensemble en silence pendant des heures sous les arbres. Un après-midi, Samuel fredonna doucement une vieille mélodie qu'il chantait lorsqu'il donnait le biberon à Joseph, bébé, pendant les orages. À la surprise générale… Joseph se mit à se balancer doucement en émettant de légers sons rythmés. Comme s’il se souvenait de la chanson. Trente ans plus tard. Le dernier matin arriva paisiblement. Le personnel trouva Joseph se reposant sous son arbre préféré avant le lever du soleil, respirant lentement mais faiblement. Samuel resta assis près de l’enclos pendant des heures, lui parlant doucement tandis que le vieux chimpanzé le regardait calmement. Des témoins racontèrent que Joseph tendit la main vers Samuel vers la fin. Et Samuel la retint à travers la clôture. Juste avant de mourir, le vieux chimpanzé regarda Samuel droit dans les yeux une dernière fois. Puis ferma lentement les siens. Honnêtement… Je pense que le plus émouvant dans cette histoire n’est pas que Joseph se soit souvenu de l’homme qui l’avait sauvé. C’est réaliser qu’après des décennies de séparation, à travers le temps, la distance et la perte… la toute dernière chose qu’il a cherchée avant de quitter ce monde… était le visage de celui qui l’avait aimé autrefois, lorsqu’il était petit et effrayé.


Une résistance universelle contre l’infection

Des scientifiques américains ont créé un médicament capable d'éliminer les superbactéries résistantes aux antibiotiques, y compris des bactéries qui avaient résisté à tous les antibiotiques connus pendant 30 ans.
On estime que la résistance aux antimicrobiens causera 10 millions de décès par an d'ici 2050, soit plus que le cancer. Les pathogènes ESKAPE, six espèces bactériennes ayant développé une résistance à la quasi-totalité des antibiotiques utilisés en clinique, tuent chaque année des centaines de milliers de patients dans les hôpitaux, la plupart admis pour d'autres pathologies et ayant contracté l'infection lors de leur séjour.
Des chercheurs du Scripps Research Institute de San Diego ont mis au point la crésomycine, un antibiotique de synthèse conçu grâce à une approche informatique qui a permis de prédire avec précision les modifications structurales nécessaires à la liaison du médicament aux ribosomes bactériens, même en présence de mutations de résistance. La molécule a été conçue par ordinateur, synthétisée en laboratoire et testée immédiatement contre les bactéries les plus résistantes connues.
La crésomycine a éliminé le SARM, l'entérocoque résistant à la vancomycine, la Klebsiella résistante aux carbapénèmes et Acinetobacter baumannii – les quatre pathogènes nosocomiaux résistants les plus dangereux – dans des modèles de laboratoire. Dans des modèles murins d'infection bactérienne mortelle, elle a permis un taux de survie de 100 % chez des animaux qui succombaient à des infections résistantes à tous les antibiotiques disponibles.
Aucun mécanisme de résistance connu n'a résisté à son action lors des tests.

La véritable charité

En 2019, MacKenzie Scott sort de son mariage avec Jeff Bezos avec une fortune que peu de personnes peuvent imaginer : environ 36 milliards de dollars en actions Amazon.
Le monde entier commence alors à spéculer.
Des palais. Un empire médiatique. Une immense fondation portant son nom sur des bâtiments prestigieux.
Mais elle choisit une autre voie.
Une voie discrète.
Très vite, elle commence à donner sa fortune à une vitesse qui surprend même le monde de la philanthropie.
Pas de grands galas. Pas de campagnes médiatiques. Pas de cérémonies spectaculaires avec des chèques géants devant les caméras.
Souvent, les organisations qu’elle aidait n’avaient même jamais demandé d’argent.
Son équipe recherchait discrètement des associations déjà engagées dans un travail remarquable malgré des moyens très limités : un petit hôpital rural manquant d’équipements, une banque alimentaire au bord de la fermeture, un programme communautaire aidant d’anciens détenus à reconstruire leur vie.
Puis venait un appel inattendu.
« Nous suivons votre travail. Nous croyons en ce que vous faites. Nous voulons vous aider. »
Et soudain, des millions de dollars arrivaient.
Sans conditions. Sans contrôle excessif. Sans exigences cachées.
Pour beaucoup de responsables associatifs, cela semblait irréel. Certains pleuraient avant même d’avoir terminé d’annoncer la nouvelle à leurs équipes.
Des universités amérindiennes reçurent un soutien historique. Des hôpitaux pour enfants développèrent rapidement des services de santé mentale. Des banques alimentaires cessèrent de refuser des familles faute de ressources.
Puis arriva l’année 2020.
Alors que le monde traversait la pandémie et une période de grande instabilité, MacKenzie Scott accéléra encore davantage ses dons. En une seule année, elle distribua plus de 4 milliards de dollars à des organisations qui maintenaient leurs communautés debout pendant la crise.
Des refuges pour victimes de violences domestiques purent s’agrandir. Des organisations d’aide aux réfugiés gagnèrent enfin une stabilité financière. Des universités historiquement noires reçurent des soutiens transformateurs.
Et malgré tout cela, elle resta presque absente de la lumière médiatique.
Pas de tournée de presse. Pas de mise en scène personnelle.
Seulement quelques textes publiés en ligne pour expliquer pourquoi ces organisations comptaient.
Ce qui a le plus surpris beaucoup de monde, c’est sa manière de donner.
La philanthropie traditionnelle impose souvent des conditions, des rapports interminables et une surveillance constante. MacKenzie Scott a choisi quelque chose de radicalement différent :
Faire confiance aux personnes déjà engagées sur le terrain.
Parce qu’elle estimait qu’elles connaissaient mieux leurs communautés que n’importe quel milliardaire.
Et chose encore plus étonnante, malgré les milliards qu’elle donnait, sa fortune continuait souvent d’augmenter grâce à la croissance d’Amazon.
Mais elle continuait malgré tout.
Année après année, des organisations qui n’espéraient plus jamais recevoir de grands financements commencèrent à rêver plus grand.
Des refuges devinrent des centres communautaires. Des banques alimentaires créèrent des programmes d’emploi. Des étudiants purent accéder à l’université pour la première fois de leur famille.
Et beaucoup de personnes aidées ne reconnaîtraient probablement même pas son visage dans la rue.
Cela semble volontaire.
Dans une époque où la richesse sert souvent à construire des monuments, des marques personnelles ou des symboles de pouvoir, MacKenzie Scott a montré une autre possibilité :
Changer des vies sans chercher l’attention.
Pas de statue. Pas de nom géant sur les murs. Pas besoin d’applaudissements.
Juste une question répétée silencieusement :
« Qui a plus besoin de cet argent que moi ? »
Puis offrir la réponse.
 

dimanche 24 mai 2026

Température du jour à Arvida (24 mai 2026)


 

Les Pays-bas interdisent les feux d’artifice pour protéger les animaux

Les Pays-Bas franchissent une étape importante pour protéger les animaux et réduire les perturbations lors du Nouvel An.
Le pays a décidé d'interdire les feux d'artifice sur l'ensemble de son territoire, marquant un tournant majeur dans la perception des célébrations au sein de la société moderne.
Pour beaucoup, les feux d'artifice ne durent que quelques minutes. Mais pour les animaux, la peur peut durer des heures, voire des jours.
Chaque année, des chiens terrorisés tremblent de façon incontrôlable, des chats se cachent sous les lits ou s'enfuient paniqués, et la faune sauvage se disperse, désorientée par le vacarme des explosions et les lumières clignotantes. Les refuges pour animaux signalent souvent une augmentation du nombre d'animaux perdus après les grands feux d'artifice.
Les partisans de l'interdiction affirment que ce changement va bien au-delà de la simple réduction du bruit. Il s'agit de créer des communautés plus sûres et plus bienveillantes, tant pour les animaux que pour les humains. Moins de feux d'artifice pourraient également signifier moins de blessures, une pollution atmosphérique moindre et une charge de travail allégée pour les services d'urgence.
Nombreux sont ceux qui pensent que les traditions doivent évoluer lorsqu'elles causent des souffrances inutiles. Célébrer le Nouvel An devrait apporter joie et espoir, et non peur aux animaux qui partagent notre planète.

Celle qui détruisit le maléfique empire Rockefeller

L’homme le plus riche de l’histoire du monde avait bâti un empire qu’il croyait intouchable — jusqu’au jour où une femme discrète, armée d’un carnet, entra dans la New York Public Library.
Elle s’appelait Ida Minerva Tarbell.
Bien avant de devenir la journaliste qui terrorisa la plus puissante entreprise d’Amérique, elle n’était qu’une adolescente assise à la table familiale, regardant son père se briser lentement sous le poids d’un système conçu pour écraser des hommes comme lui.
Nous sommes en 1872, dans les champs pétrolifères de l’ouest de la Pennsylvania.
Son père, Franklin Tarbell, possédait une petite raffinerie et croyait que le travail acharné devait compter davantage que les relations. Puis John D. Rockefeller entra dans l’équation.
À seulement trente-deux ans, Rockefeller avait déjà commencé à transformer Standard Oil en une machine impitoyable. Des accords secrets avec les compagnies ferroviaires donnaient à son entreprise des avantages auxquels aucun entrepreneur indépendant ne pouvait survivre.
Le message adressé aux petits producteurs de pétrole était d’une brutalité simple :
Vendez à Standard Oil.
Ou disparaissez.
La plupart capitulèrent immédiatement.
Le père d’Ida refusa.
Pour avoir résisté, il vit ses voisins perdre les entreprises qu’ils avaient mis toute une vie à construire. Des familles furent ruinées. Un ami de la famille sombra dans un tel désespoir qu’il se suicida.
Dans la maison des Tarbell, le silence remplaça l’espoir.
Et Ida n’oublia jamais rien.
Des décennies plus tard, tandis que Rockefeller était devenu l’homme le plus riche de la planète, Ida s’était discrètement imposée comme l’une des journalistes les plus respectées des États-Unis. À une époque où les femmes étaient rarement prises au sérieux dans le journalisme d’investigation, elle commença à étudier l’empire que tout le monde semblait trop intimidé pour affronter.
Elle n’annonça jamais de croisade.
Elle se contenta de lire.
Des transcriptions judiciaires. Des registres d’expédition. Des audiences du Congrès. Des accords ferroviaires. Elle voyageait discrètement de ville pétrolière en ville pétrolière, écoutant d’anciens hommes d’affaires raconter comment Standard Oil les avait détruits morceau par morceau.
Plus elle creusait, plus l’histoire devenait sordide.
Puis vint une découverte presque inimaginable.
Alors qu’elle recherchait un rapport gouvernemental essentiel sur Standard Oil, Ida apprit que quelqu’un avait secrètement acheté presque tous les exemplaires existants.
Presque.
Caché dans les profondeurs de la New York Public Library se trouvait le seul exemplaire survivant qu’ils n’avaient pas réussi à faire disparaître.
Ce moment changea tout.
En novembre 1902, McClure's Magazine publia le premier chapitre de son enquête : The History of the Standard Oil Company.
Puis un autre épisode parut.
Puis un autre.
Pendant dix-neuf mois consécutifs, Ida Tarbell exposa méthodiquement les rouages de l’empire Rockefeller — les ristournes secrètes, la corruption politique, les manipulations ferroviaires, les concurrents détruits, les familles ruinées.
L’Amérique devint obsédée.
Les lecteurs dévoraient chaque mot. Le tirage de McClure’s explosa. Les politiciens réclamèrent des enquêtes. Les journaux débattirent de ses révélations dans tout le pays.
Et quelque part dans les bureaux de Standard Oil, la panique commença à se répandre.
Même Rockefeller lui-même — un homme célèbre pour son sang-froid — fut profondément irrité par ses articles. En privé, il la surnommait « Miss Tarbarrel » et ordonnait à ses dirigeants de ne jamais répondre publiquement à ses accusations.
Mais le silence ne le protégeait plus.
Parce qu’Ida possédait quelque chose de bien plus dangereux que la richesse ou l’influence politique :
Des preuves.
En 1911, la pression devint impossible à ignorer. La Supreme Court of the United States jugea que Standard Oil avait violé les lois antitrust et ordonna le démantèlement du gigantesque conglomérat en trente-quatre entreprises distinctes.
L’empire que l’homme le plus riche de l’histoire croyait intouchable avait été brisé par une journaliste déterminée munie d’un stylo-plume et de piles de documents.
Ida Tarbell ne se laissa jamais consumer par la célébrité. Elle continua d’écrire jusqu’à la fin de sa vie, davantage intéressée par la vérité que par la gloire.
Mais la leçon qu’elle a laissée résonne encore aujourd’hui dans chaque salle de conseil et chaque bureau gouvernemental :
Le pouvoir survit grâce au secret.
Et parfois, les personnes les plus capables de le détruire ne sont pas celles qui parlent le plus fort.
Ce sont celles qui, dans le silence, refusent d’arrêter de chercher.

Un « gazon »

Voilà le genre de « gazon » qu’il me plairait d’avoir !
Pet-être aussi celle qui fait semblant de jardiner, pour s’en occuper à ma place !


samedi 23 mai 2026

Température du jour à Arvida (23 mai 2026)


 

Les personnes qui améliorent le monde

Certaines personnes améliorent le monde du seul fait qu’elles le quittent.

Oscar Wilde

Fraude bancaire téléphonique


 L'expert en cybersécurité André Charbonneau a lui-même failli mordre à l'hameçon lors d'un appel frauduleux imitant à la perfection le service de prévention de la fraude de Desjardins.

Contrairement aux stratagèmes habituels, les fraudeurs n'ont créé aucun sentiment d'urgence, s'exprimant dans un français impeccable avec un accent québécois, tout en affichant le véritable numéro de l'institution financière grâce à la modification de l'afficheur.

L'appelant s'est montré tellement détaché qu'il a même suggéré à M. Charbonneau de se rendre en succursale s'il avait des doutes, une ruse psychologique hautement efficace pour gagner sa confiance.


M. Charbonneau a finalement raccroché lorsque le fraudeur lui a demandé son numéro de carte de débit pour «corroborer» son identité afin de procéder à une authentification par la voix.

Après vérification en succursale et auprès du véritable service de la fraude, l'institution lui a confirmé qu'il s'agissait d'une tactique très évoluée et bien rodée.

Desjardins rappelle qu'il ne faut jamais se fier à l'afficheur et qu'au moindre doute, il est préférable de raccrocher et de rappeler soi-même le numéro officiel.