Katalin Karikó a grandi en Hongrie avant de s'installer aux États-Unis avec son mari et sa jeune fille en 1985.
À l'Université de Pennsylvanie, elle s'est consacrée à une question scientifique complexe : l'ARN messager pouvait-il être utilisé pour amener les cellules à produire des protéines utiles ?
Le parcours fut loin d'être facile.
En 1995, Karikó a perdu son poste universitaire, mais elle est restée au laboratoire pour poursuivre ses recherches. Des années plus tard, elle a rencontré l'immunologiste Drew Weissman ; ensemble, ils ont entamé une collaboration qui allait révolutionner le domaine.
Leur percée a eu lieu en 2005.
Ils ont découvert que la modification de certains composants de l'ARNm permettait de réduire considérablement la réaction inflammatoire indésirable déclenchée par l'ARNm synthétique. Des travaux ultérieurs ont montré que ces modifications pouvaient également accroître la production de protéines.
À l'époque, cette découverte a suscité peu d'intérêt immédiat.
Puis est arrivée l'année 2020.
La technologie qu'ils avaient mis des décennies à développer est devenue un pilier essentiel de la mise au point rapide de vaccins efficaces à ARNm contre la COVID-19. BioNTech/Pfizer et Moderna se sont appuyés sur ces recherches, ainsi que sur de nombreuses autres avancées et contributions scientifiques.
En 2023, Karikó et Weissman ont reçu le prix Nobel de physiologie ou de médecine pour leurs découvertes sur les modifications des bases nucléosidiques, qui ont rendu possibles des vaccins efficaces à ARNm contre la COVID-19.

















