samedi 17 octobre 2026

La mauvaise blague du Nobel de la Paix à Henry Kissinger

Aujourd’hui dans l’histoire du mouvement ouvrier, le 16 octobre 1973 : Henry Kissinger, criminel de guerre et responsable de massacres, s’est vu décerner le prix Nobel de la paix, conjointement avec Lê Đức Thọ, pour leur rôle dans l’organisation d’un cessez-le-feu durant la guerre du Vietnam. Deux membres du comité Nobel ont démissionné en signe de protestation. Au cours de sa carrière diplomatique, Kissinger a participé à l’organisation et/ou au soutien du coup d’État au Chili et de la dictature de Pinochet (plus de 3 000 morts) ; de la « guerre sale » en Argentine (jusqu’à 30 000 morts) ; du génocide perpétré par le Pakistan au Bangladesh (3 millions de morts) ; du génocide au Timor oriental (jusqu’à 300 000 morts) ; ainsi que des bombardements secrets du Cambodge.
Le journal norvégien *Arbeiderbladet* a qualifié cette distinction de « mauvaise blague », ajoutant que « le comité Nobel norvégien s’est déshonoré ». L’avocat et auteur américain Ernest Cuneo a vivement critiqué cette décision, écrivant avec sarcasme que ce prix « implique nécessairement que le Premier ministre Neville Chamberlain et le chancelier Adolf Hitler ont été bien injustement oubliés lors de l’attribution de cette même récompense en 1938 ». Quant au musicien, mathématicien et professeur d’université Tom Lehrer, il a cessé ce jour-là d’interpréter ses chansons satiriques, déclarant : « La satire politique est devenue obsolète le jour où Henry Kissinger a reçu le prix Nobel de la paix. »
 

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