En 1897, Arthur Conan Doyle a trente-huit ans, une gloire mondiale et une certitude qui va tout compliquer : il vient de rencontrer la femme de sa vie, et ce n'est pas la sienne. Elle s'appelle Jean Leckie. Jeune, cultivée, cavalière et cantatrice, elle le foudroie.
Le problème, c'est que Doyle est marié. Son épouse, Louise, qu'il surnomme Touie, est atteinte de tuberculose, une maladie alors jugée sans issue. La quitter serait un déshonneur ; la trahir, une lâcheté. L'écrivain, façonné par un strict sens victorien de l'honneur, invente une troisième voie, presque romanesque. Il aimera Jean, mais chastement.
Pendant dix ans, ils se voient sans relâche, s'écrivent, se fréquentent au grand jour dans la bonne société, mais ne franchissent jamais la moindre limite. Pas un baiser, pas un geste intime. La propre mère de Doyle est dans la confidence et approuve cette retenue. Leurs lettres, retrouvées bien plus tard, disent la ferveur d'un homme qui s'interdit tout ce que son cœur réclame. Louise, elle, ignorera sans doute toujours la vérité, entourée jusqu'au bout par un mari attentif et rongé de culpabilité.
Elle s'éteint en 1906, après treize années de maladie. Doyle sombre alors dans une dépression, terrassé par le chagrin et le remords autant que par le soulagement. Un an plus tard, en 1907, il épouse enfin Jean Leckie. Ils resteront mariés jusqu'à sa mort, en 1930. L'homme qui inventa le raisonnement le plus froid de la littérature avait passé dix ans à s'interdire le plus simple des gestes.
Le problème, c'est que Doyle est marié. Son épouse, Louise, qu'il surnomme Touie, est atteinte de tuberculose, une maladie alors jugée sans issue. La quitter serait un déshonneur ; la trahir, une lâcheté. L'écrivain, façonné par un strict sens victorien de l'honneur, invente une troisième voie, presque romanesque. Il aimera Jean, mais chastement.
Pendant dix ans, ils se voient sans relâche, s'écrivent, se fréquentent au grand jour dans la bonne société, mais ne franchissent jamais la moindre limite. Pas un baiser, pas un geste intime. La propre mère de Doyle est dans la confidence et approuve cette retenue. Leurs lettres, retrouvées bien plus tard, disent la ferveur d'un homme qui s'interdit tout ce que son cœur réclame. Louise, elle, ignorera sans doute toujours la vérité, entourée jusqu'au bout par un mari attentif et rongé de culpabilité.
Elle s'éteint en 1906, après treize années de maladie. Doyle sombre alors dans une dépression, terrassé par le chagrin et le remords autant que par le soulagement. Un an plus tard, en 1907, il épouse enfin Jean Leckie. Ils resteront mariés jusqu'à sa mort, en 1930. L'homme qui inventa le raisonnement le plus froid de la littérature avait passé dix ans à s'interdire le plus simple des gestes.


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