samedi 15 août 2026

Elle signait seulement « GUISE »

Elle naquit à l'Hôtel de Guise à Paris et y mourut soixante-douze ans plus tard. Entre-temps, elle fut exilée à Florence pendant neuf ans, épousa secrètement un comte sans autorisation royale, hérita de trois duchés et employa Marc-Antoine Charpentier comme compositeur à sa disposition pendant quinze ans, devenant ainsi la principale mécène de l'un des plus grands compositeurs du baroque français. Elle signait ses lettres personnelles simplement « Guise ».

Marie de Lorraine naquit le 16 janvier 1615, fille de Charles, duc de Guise, et dernière représentante de la maison de Guise, la puissante dynastie catholique qui avait dominé la vie politique française pendant un siècle. L'exil de sa famille à Florence, de 1634 à 1643, lui insuffla une passion pour la musique italienne qui la suivit toute sa vie. Elle entretint une correspondance avec la famille Médicis pendant plus de quarante ans, ne laissant que rarement une semaine s'écouler sans échanger des lettres avec ses amis florentins. À la mort de son neveu, le dernier Guise mâle, en 1675, elle hérita du titre, de l'Hôtel de Guise et des vastes revenus de trois duchés. Elle avait soixante ans. Elle consacra les treize années suivantes à commander de la musique, à entretenir sa maisonnée et à préserver ce qui subsistait de l'identité de sa dynastie dans un Paris en pleine mutation.
Pendant quinze ans, Charpentier composa des motets, des œuvres théâtrales et de la musique religieuse pour sa maisonnée. Une grande partie de cette œuvre nous est parvenue. Elle compte parmi les plus belles musiques sacrées de la France du XVIIe siècle, et elle existe grâce à son mécénat.
 

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