mardi 4 août 2026

Découverte de certains gènes qui ne sont pas fixes sur le chromosome par Barbara McClintock

Cold Spring Harbor, État de New York, années 1940. 
La généticienne Barbara McClintock étudie le maïs et observe des schémas de coloration des grains qui ne suivent aucune des lois de l'hérédité alors admises. Sa conclusion, présentée en 1951, est radicale : certains gènes ne sont pas fixes sur le chromosome, ils peuvent se déplacer et s'insérer ailleurs, activant ou désactivant d'autres gènes au passage. L'idée d'un génome mobile heurte de plein fouet le dogme dominant de la génétique de l'époque, où l'ADN est perçu comme une structure stable et linéaire. Sa présentation est accueillie par un silence gêné, puis par des moqueries. Certains collègues la disent tout simplement folle. Blessée, McClintock cesse de publier ses résultats sur le sujet pendant une vingtaine d'années, tout en continuant ses recherches en toute discrétion. La biologie moléculaire des décennies suivantes, notamment la découverte d'éléments mobiles chez les bactéries puis chez l'humain, finit par lui donner entièrement raison. En 1983, à 81 ans, elle reçoit seule le prix Nobel de physiologie ou médecine pour la découverte des « éléments génétiques mobiles », plus de trente ans après ses travaux initiaux.

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