lundi 10 août 2026

Kamikaze

Des milliers de navires couvrent l'horizon. La flotte que Kubilai Khan lance sur le Japon en 1274 est la plus grande jamais rassemblée, portée par l'empire mongol au sommet de sa puissance, celui qui a écrasé la Chine et menacé l'Europe. Les samouraïs, divisés et surpassés en nombre, se préparent à mourir.
Puis le ciel s'obscurcit. Un typhon s'abat sur la baie de Hakata. En quelques heures, la mer disloque les vaisseaux mongols, les fracasse les uns contre les autres, engloutit des milliers d'hommes. Les survivants rembarquent pour le continent, vaincus non par les épées mais par le vent.
Kubilai ne renonce pas. En 1281, il revient, plus fort encore : deux flottes combinées, près de quatre mille cinq cents navires, cent quarante mille hommes. La plus vaste opération amphibie avant le Débarquement de Normandie. Les Mongols débarquent, s'accrochent des semaines durant sur les côtes japonaises.
Et le ciel s'obscurcit à nouveau. Un second typhon pulvérise l'armada. Des dizaines de milliers de soldats se noient. L'invasion est anéantie une deuxième fois. Pour les Japonais, aucun doute : ces tempêtes venues sauver l'archipel sont d'origine divine. Ils les nomment kamikaze, le vent divin. Sept siècles plus tard, le mot désignera d'autres sacrifices.

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