En 1963 l'Assemblée nationale du Québec (Assemblée législative à cette époque) choisissait le lys royal blanc (ci-dessus, sous forme de dessin) comme emblème floral du Québec.
Avec une sorte d'esprit de l'escalier (il y a des lys sur le drapeau du Québec, l'emblème floral du Québec ne pouvait donc être que le lys royal blanc) et en ne s'avisant aucunement du fait que le lys royal n'était pas une plante indigène du Québec.
Il s'agissait pour l'Assemblée nationale d'affirmer notre filiation française, sans rancune à l'égard de l'attitude que je qualifierais de honteuse que la France a adoptée tout au long de notre histoire à l'égard de la Nouvelle-France d'abord, puis à l'égard du Québec ensuite.
Cette absence de rancune, je l'ai d'ailleurs éprouvée moi-même en allant poursuivre en France, au début des années soixante-dix, des études que j'aurais très bien pu poursuivre au Québec.
Je voulais connaître la «mère-patrie» (les guillemets et l'italique sont ironiques aujourd'hui).
En réalité ce que j'ai pu constater lors de mon séjour d'études, c'est que si la France et le Québec partagent (à peu près) la même langue, ils ne partagent pas la même culture.
Mon séjour m'a permis d'entrer en contact avec une culture étrangère, ce dont j'ai été très heureux.
Cela m'a permis en retour de mieux connaître ma propre culture.
Pour parodier Goethe je dirais que «celui qui ne connaît que sa culture ne connaît pas sa culture».
En 1999, l'Assemblée nationale du Québec a décidé que l'iris versicolore (ci-dessous) serait l'emblème floral du Québec. Cette fleur est une fleur indigène du Québec.
Cela montre le chemin parcouru dans la perception que le Québec a acquise de lui-même -et, en creux, la perception qu'il a acquise de la France- en 35 ans.
