mardi 24 mars 2009

«L'Araignée» de Louise Bourgeois

Sur le site de «L'Actualité» (), parmi les 15 coups de cœur dans la collection du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa de son nouveau directeur, Marc Mayer, cette magnifique (et géante) araignée, photographiée ci-dessous. C'est une œuvre de Louise Bourgeois et elle s'intitule «Maman».
À l'arrière de celle-ci (je veux dire l'araignée, n'est-ce pas?), le
Musée.

Cliquez l'image pour mieux voir et pour mieux lire.

Et pour ceux et celles que cette œuvre d'art effaroucherait, je rappellerais ces premiers vers du 3e chant de l'Art poétique de Nicolas Boileau (j'adore les vers de ce texte et de Boileau en général):
Il n'est point de serpent, ni de monstre odieux,
Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux ;
D'un pinceau délicat l'artifice agréable
Du plus affreux objet fait un objet aimable.
Ainsi, pour nous charmer, la Tragédie en pleurs
D'Œdipe tout sanglant fit parler les douleurs,
D'Oreste parricide exprima les alarmes,
Et, pour nous divertir, nous arracha des larmes.

lundi 23 mars 2009

Température du 23 mars 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Inférieur(e) et étrangère/étranger dans son pays lui-même

C'était hier le 100e anniversaire de la naissance de Gabrielle Roy, ce grand écrivain (nous sommes en 2009).
Je voudrais simplement lui rendre hommage par des images et par une citation de celui de ses livres que je préfère, son autobiographie posthume, La Détresse et l'Enchantement, publiée en 1984 (cette autobiographie est suivie de très près dans mes préférences par Ces Enfants de ma vie, également autobiographiques).

Ce sont les premières phrases de ce livre que je cite parce que Gabrielle Roy, en exprimant ce qu'elle ressent, y dit bien aussi le sentiment des francophones au Canada, particulièrement de ceux qui ne sont pas Québécois.
Mais aussi de beaucoup de Québécois tant que le Québec ne sera pas indépendant du Canada et de sa majorité anglophone qui ne sait même pas qu'à cause seulement du fait qu'elle est majoritaire elle est nécessairement (comme toute majorité dans un pays donné) génocidaire à l'égard de tout ce qui n'est pas elle.
Voici la citation:

Quand donc ai-je pris conscience pour la première fois que j'étais dans mon pays, d'une espèce destinée à être traitée en inférieure ? Ce ne fut peut-être pas, malgré tout, au cours du trajet que nous avons tant de fois accompli, maman et moi, alors que nous nous engagions sur le pont Provencher au-dessus de la Rouge, laissant derrière nous notre petite ville française pour entrer dans Winnipeg, la capitale, qui jamais ne nous reçut tout à fait autrement qu'en étrangères.

Et voici la page couverture de La Détresse et l'Enchantement suivie par un magnifique portrait photographique de son auteur:

Crédit Photo: Dimédia

Chat contre tabac

Un pauvre chat dont on a bien raison d'utiliser les grands yeux dans une campagne anti-tabac.
Si on ne le fait pas pour soi ou pour ses enfants ou ses petits-enfants, voire pour l'amour de sa vie (mais quand on fume, l'amour de sa vie c'est plutôt la cigarette),
on abandonnera bien la mauvaise habitude pour son chat, n'est-ce pas?
Le voici encore plus suppliant.
«Cesserez-vous de fumer, dit-il, pour l'amour de moi?»


dimanche 22 mars 2009

Température du 22 mars 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Destruction d'un monument à un ridicule psychopathe

Une photo qui fait plaisir: celle de la destruction à Barcelone d'un monument à Primo de Rivera , précurseur de Francisco Franco dans la dictature fasciste en Espagne.
Dans cette ville qui, comme toute la Catalogne, a tant souffert des usurpations du pouvoir par ces dictateurs infâmes, c'est la moindre des choses.
On s'étonne que cette destruction survienne tant de temps après la mort de
Franco.
Mais il reste encore des monuments à Staline, Lénine et Mao qui appartiennent à la même famille de «sauveurs» psychopathes que les dictateurs espagnols.
Dire qu'il y a encore des villes espagnoles qui tiennent à rendre encore hommage à l'un et/ou l'autre de ces alliés de Mussolini, de Hitler et des papes et archevêques catholiques, de tous ces autres ridicules psychopathes.

Obscénités universelles

Les annuaires auxquels avaient accès George Bernard Shaw et ses contemporains ne comportaient sûrement pas des «pages jaunes» (ou peut-être ce socialiste qu'était Shaw laissait-il les «pages jaunes» à ses domestiques ou même à ses épouses puisque c'était à elles et à eux qu'étaient dévolues les tâches domestiques).
(C'est là que réside l'obscénité de la réflexion de notre penseur, dans ce «machisme» qu'elle révèle en creux).
Ou peut-être ces Britanniques du 20e siècle n'avaient-ils pas suffisamment d'imagination pour saisir l'obscénité de certains noms et/ou de certains prénoms.

samedi 21 mars 2009

Température du 21 mars 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi










Premier jour du printemps frisquet, mais quand ne l'est-il pas dans les pays privés de la chaleur du Gulf Stream?

« L'Homme » et ceux qui rêvassent, à Montréal

J'étais à Montréal cette semaine (2009) car ma femme et moi avions quelques expositions à voir (« Van Dongen » au Musée des Beaux-arts, « Tousignant » au Musée d'art contemporain, « Titanic » au Centre Eaton). J'en reparlerai éventuellement dans d'autres notes.
Cette absence de chez moi a causé quelques absences dans ce blogue, dont vous voudrez bien m'excuser.
En revoyant (mais de loin) sur l'Île Sainte-Hélène (ou l'Île Notre-Dame, je ne distingue pas bien l'une et l'autre) l'énorme et beau stabile d'Alexandre Calder -commandé par la compagnie « Inco » en 1967, à l'occasion de l'Exposition universelle de Montréal (Terre des Hommes)-, un stabile intitulé « L'Homme » (photo ci-haut avec la biosphère de Fuller (à gauche sur la photo) qui servait de pavillon national aux États-Unis), j'ai regretté que ce stabile soit si peu mis en valeur là où il est.
Il est en effet près du centre de Montréal mais dans un lieu qui se trouve loin de toute activité régulière de la ville, isolé dans un parc.
Je compte pour rien l'activité du Casino qui se trouve dans l'ancien Pavillon de la France (photo ci-dessous) et, je crois, dans l'ancien Pavillon du Québec (photo ci-dessous) : les gens qui fréquentent les casinos s'intéressent peu à ce qui voisine ceux-ci.
On voyait si bien le stabile au milieu de l'agitation d'Expo 67.
Cette exposition, c'est à EPCOT à Orlando en Floride que les entreprises de Disney l'ont reprise et améliorée, avec ses pavillons nationaux et ses pavillons thématiques, et intégrée dans l'immense parc d'attraction de DisneyWorld.
Tout était fait à Montréal et on a (presque) tout détruit de ce qu'on avait construit et laissé filer l'idée à Orlando.
Je crois que cela résume bien l'idéologie qui a habituellement cours à Montréal : avoir de bonnes idées et, sous les plus futiles prétextes, laisser les autres les réaliser ailleurs, chez eux, loin de Montréal.
Rêvasser! C'est l'activité favorite des « grands hommes » de Montréal *.
Heureusement le stabile est là -stable comme le dit son nom-, attendant qu'on l'entoure d'activités urbaines permanentes.
Voici le Pavillon de la France transformé en Casino.
Et voici le Pavillon du Québec, photographié en 1967. Remarquez en bas les petits wagons du monorail dont Disney a génialement repris l'idée à Orlando.



* On voit maintenant (2013) avec les commissions d'enquête (Charbonneau) et les enquêtes policières que ces rêvasseries n'étaient pas vaines, elles cherchaient les moyens d'enrichir illégalement, mafieusement, les fonctionnaires et les partis politiques, et les décideurs eux-mêmes.

vendredi 20 mars 2009

Température du 20 mars 2009 à Saguenay

Après-midi---------------------------------------Soir

Changements de perception

En 1963 l'Assemblée nationale du Québec (Assemblée législative à cette époque) choisissait le lys royal blanc (ci-dessus, sous forme de dessin) comme emblème floral du Québec.
Avec une sorte d'esprit de l'escalier (il y a des lys sur le drapeau du Québec, l'emblème floral du Québec ne pouvait donc être que le lys royal blanc) et en ne s'avisant aucunement du fait que le lys royal n'était pas une plante indigène du Québec.
Il s'agissait pour l'Assemblée nationale d'affirmer notre filiation française, sans rancune à l'égard de l'attitude que je qualifierais de honteuse que la France a adoptée tout au long de notre histoire à l'égard de la Nouvelle-France d'abord, puis à l'égard du Québec ensuite.
Cette absence de rancune, je l'ai d'ailleurs éprouvée moi-même en allant poursuivre en France, au début des années soixante-dix, des études que j'aurais très bien pu poursuivre au Québec.
Je voulais connaître la
«mère-patrie» (les guillemets et l'italique sont ironiques aujourd'hui).
En réalité ce que j'ai pu constater lors de mon séjour d'études, c'est que si la France et le Québec partagent (à peu près) la même langue, ils ne partagent pas la même culture.
Mon séjour m'a permis d'entrer en contact avec une culture étrangère, ce dont j'ai été très heureux.
Cela m'a permis en retour de mieux connaître ma propre culture.
Pour parodier Goethe je dirais que «
celui qui ne connaît que sa culture ne connaît pas sa culture».
En 1999, l'Assemblée nationale du Québec a décidé que l'iris versicolore (ci-dessous) serait l'emblème floral du Québec. Cette fleur est une fleur indigène du Québec.
Cela montre le chemin parcouru dans la perception que le Québec a acquise de lui-même -et, en creux, la perception qu'il a acquise de la France- en 35 ans.

jeudi 19 mars 2009

L'Apparence du bonheur

Évidemment que les personnes que l'on voit seulement passer on les perçoit comme heureuses même si elles ne le sont pas.
Mais c'est que chacun a tendance à cacher son malheur s'il est malheureux car le malheur est ressenti comme une sorte de disgrâce.

Et quand quelqu'un meurt comme mon ami et compagnon d'entraînement la semaine dernière (ici) -mort que l'on ressent d'autant plus profondément que l'on rencontrait souvent la victime -un mort est toujours une victime-, qu'elle était de votre âge, qu'elle avait les mêmes activités que vous (entraînement, lectures, voyages, famille, etc.), qu'on s'entretenait souvent avec elle de ce dont on s'entretient quand on est amis (température, maux, maladie, inquiétudes à propos des enfant ou des conjoints, économie, politique, courbatures, médicaments, vitamines, suppléments alimentaires, médecins, etc.)- on est sûr que, en plus de nous-mêmes qui sommes malheureux, il y a sa famille dont le deuil sera encore plus immense -interminable- que le nôtre.
Deuil qu'il faut cacher, qu'il faut faire semblant de ne pas faire car, n'est-ce pas?, la vie continue, et il ne faut pas laisser savoir aux autres que l'on est malheureux.

mercredi 18 mars 2009

Que faire? (en russe : Что делать ?)

sCrédits Photo REUTERS/Reinhard Krause

Que faire dans une assemblée où l'on ne vous demande pas votre opinion et où l'on doit subir les discours (littéralement) soporifiques farcis d'éventuelles échardes et des tours les plus éculés de la langue de bois -parfois même de la dangereuse langue de fer?
Dans une assemblée où l'on vous demande de lever votre main exactement en même temps que lèveront la leur les milliers d'autres qui devront être assis autour de vous à ce moment-là, pour approuver ce qu'on vous dira d'approuver et refuser ce que l'on vous dira de refuser?
Que faire*?
Ce que fait ce délégué chinois du Congrès national du Peuple à Pékin
. Il est si fatigant de ne rien faire.
La démocratie est sans doute ailleurs ou dans l'avenir.

* Titre d'un ouvrage attribué à Lénine (en russe : Что делать ?) dont ce délégué est l'un des bienheureux héritiers.

mardi 17 mars 2009

Vélo allongé

Voyez ce magnifique modèle de vélo allongé sur ce site (Design Art Book), dessiné par le designer Matthew Zurlinden.
J'espère le voir bientôt dans les boutiques de vélos car je vieillis et mon postérieur est de plus en plus sensible aux «aléas» (pas du tout aléatoires) des pistes cyclables ou des rues québécoises.
Voyez:

lundi 16 mars 2009

Festival du printemps en Inde

Il semble qu'au moment même où j'écris ceci (enfin, c'était un peu avant, le 5 mars) les Hindous, dans le cadre du Festival Holi, se couvrent de poudres multicolores pour fêter l'arrivée du printemps, comme dans cette photo de France-Presse.
Si nous fêtions cette fête au Québec, ne devrions-nous pas attendre au moins à la fin juin pour marquer ainsi de manière colorée notre joie?


dimanche 15 mars 2009

Température du 15 mars 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Désirs architecturaux

À la mi-février, du haut du Mont Jacob à Jonquière, j'ai pris une photo de l'ancienne église Notre-Dame de Fatima.
Voici (plus bas) une vue éloignée, suivie d'un zoom, puis d'une photo empruntée à une présentation des églises du Québec (ici).
Cette église appartient à une époque (1960-1970 et suiv.) où les responsables architecturaux et les architectes québécois ont ressenti le besoin de marquer l'appartenance des bâtiments érigés au Québec au continent «Abya Yala*», nom choisi en 1992 pour nommer leur continent par les peuples indigènes de ce qui est appelé « Amérique » par les Européens et leurs descendants habitant en «Abya Yala*».
Cela s'est fait, comme vous le voyez, en empruntant la forme du « tipi » aux Amérindiens de l'Ouest de la partie nord du continent.
Ce qui, pour ma part, ne me semble pas approprié pour le Québec où ne vivent pas ces tribus amérindiennes. Le modèle de la « maison longue » ou du « wigwam » aurait peut-être mieux convenu.
Mais peut-être certaines tribus québécoises utilisaient-elles le modèle du « tipi », je ne sais pas.
Ce désir ne semble plus avoir cours aujourd'hui et cette église que je vous présente n'est même plus vouée au culte: elle aurait été vendue à une association amérindienne.
Celle-ci avait le projet de la transformer en centre culturel amérindien, mais les choses ne semblent pas évoluer très rapidement et l'ancienne église semble plutôt un bâtiment abandonné à l'heure actuelle.
Voici les photos:


En arrière-plan des photos, des montagnes arrondies
appartenant à la chaîne des Laurentides.
Ces montagnes sont parmi les plus vieilles du monde.

* Ce nom signifie dans la langue des Kunas de Panama « Terre dans sa pleine maturité ».

P.S. Décembre 2018 : cette église a, hélas, été détruite maintenant.

Une fatalité qui s'acharne sur « Abya Yala »