dimanche 8 février 2026

Cornelius Krieghoff, le peintre d’origine néerlandaise des habitants de la Nouvelle-France conquise

Texte emprunté à Facebook

 Le peintre des habitants et des Autochtones 
Cornelius Krieghoff a produit plus de 1500 œuvres, dont une bonne partie sur les «habitants», ces paysans et coureurs de bois québécois, et les Premières Nations
En plus de dépeindre le quotidien des habitants et Autochtones d’ici, Cornelius Krieghoff a été le premier peintre de Québec à faire du paysage un de ses thèmes de prédilection.
Le premier grand peintre canadien n’était pas d’origine canadienne, mais néerlandaise! Cornelius Krieghoff (1815-1872) étudie la peinture en Allemagne dans les années 1830, avant de s’embarquer pour New York, en 1837, où il épouse une Canadienne française, Émilie Gauthier, en 1840. Ils auront ensemble deux enfants: Henri-Ernest et Émily. 
Jointe par le Journal, l’historienne d’art Michèle Grandbois souligne que Krieghoff est «l’un des premiers à mettre en image le milieu canadien-français et ses coutumes». Il succède aux militaires britanniques qui documentent le Nouveau Monde par leurs compositions topographiques et est contemporain des Antoine Plamondon et Théophile Hamel, spécialisés dans les portraits. 
L’habitant en peinture
Les 12 années qu’il passe à Québec sont, selon Mme Grandbois, «les plus prospères de sa carrière». Ses clients, pour la plupart des anglophones, lui réclament des œuvres typiques de la vie traditionnelle. Il produit pour ce marché lucratif des gravures et des «centaines de petites toiles» ayant pour thème des chasseurs en raquettes ou des vendeuses de paniers et de mocassins. Il met souvent en scène les campements autochtones. 
«Ses scènes d'“habitant” couvrent une panoplie de situations», peut-on lire dans l’Encyclopédie canadienne qui évalue sa production totale de 1500 à 1800 œuvres. «Des gens se saluent en route, jouent aux cartes, font des courses de traîneaux, fraternisent à l’auberge du coin [...] dans l’arrière-pays québécois.»
Son tableau intitulé Sillery Cove illustrant un dépôt à bois près de Québec contribue à sa célébrité lorsqu’il est présenté à l’Exposition de Paris en 1867. 
465 000$ pour une toile
Une de ses œuvres a été vendue en 2021 près d’un demi-million de dollars (465 000$ US) à une vente aux enchères à Vancouver. Elle représente une famille de paysans se préparant à partir en calèche hivernale. Ce qui se dégage de cette huile est la joie de vivre des personnages, mais surtout la pauvreté extrême... 
C’est qu’il aime représenter les habitants dans leur vie de tous les jours. Il montre les trappeurs en forêt, des ouvriers coupant la glace sur le fleuve... Il illustre le temps des sucres et le commerce des fourrures. «C’est lui qui a le mieux représenté le cheval canadien», commente l’éditrice et écrivaine Marie-Hélène Poitras.
Il meurt à 56 ans dans la ville de Chicago où il est enterré. La plupart des grands musées canadiens possèdent des Krieghoff dans leurs collections. 

Mathieu-Robert Sauvé

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