jeudi 12 juin 2008

Vernissage de l'Exposition des œuvres de Jean Laforge


Cet après-midi vernissage de l'exposition, annoncée ci-dessus à la Pulperie de Chicoutimi, du peintre Jean Laforge.
Jean Laforge était le père de Christiane Laforge, une amie et ex-collègue de ma femme Denise Pelletier au Progrès du Saguenay où elles œuvraient toutes deux comme journalistes aux pages des arts et de la culture pour Le Quotidien et le Progrès-Dimanche (Christiane y est toujours).
C'est Christiane -que vous avez déjà rencontrée dans ce blogue (ici)- qui est la mieux à même de parler de la démarche artistique si prégnante de son père. Elle l'a fait cet après-midi et elle le fait (cliquez sur pour vous y rendre).
Christiane Laforge a également un blogue auquel je vous renvoie maintenant (cliquez ici) et toujours puisqu'il est dans mes «blogues conseillés» à droite.
Voici un exemple (intitulé «Alexis le Trotteur») des œuvres de
Jean Laforge que j'emprunte au site qui lui est consacré où vous pourrez en voir un certain nombre d'autres.
On peut pressentir, si je puis dire, dans celle-ci (ce n'est qu'une photo, pas l'original) cette si intéressante technique de peinture en relief à laquelle, depuis le début des années soixante, le peintre a patiemment soumis son œuvre:


Jean Laforge - Alexis le trotteur - huile relief, 1967
© Christiane Laforge

La Belle Noémie 2

Vous vous souvenez de la belle Noémie que je vous avais présentée ici (cliquez ici pour y être) alors qu'elle n'était âgée que d'un ou deux mois?
Eh bien cette jolie jeune fille est venue nous rendre visite cet après-midi en compagnie de sa grand-mère Dolorès. La voici avec ce que dans ma famille on appelle les yeux double-bleus: un grand cercle bleu foncé qui fait le tour de l'iris et un bleu moins foncé (à peine) qui remplit le reste: une fleur, un fruit, que dis-je? un fruit! un astre d'une couleur inouïe (et il y en a deux...):


(Cliquez les images: vous allez mieux voir)

mercredi 11 juin 2008

Température du 11 juin 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Midi

Affiche de «Madama Butterfly» de l'Opéra de Montréal

Pour vous faire patienter, voici l'affiche de «Madama Butterfly» produite par l'Opéra de Montréal. Je la trouve très belle et, au point de vue sémiotique, d'un intérêt extrême.
Je vous parle bientôt de mes impressions et de mes réflexions sur cet opéra et sur la magnifique représentation donnée le samedi 7 juin dernier à la salle Wilfrid-Pelletier (sous l'affiche, photo de la salle vue de la scène puis photo de la scène) de la Place des Arts de Montréal.




L'Élément qui résume une ville -Montréal, Paris, Athènes, Québec, Rome, Londres, Édimbourg, Florence, Naples, etc.

Mon escapade à Montréal est terminée. Me voici de retour. La majorité des prochaines notes sera consacrée à cette escapade et aux réflexions qu'elle m'a permis de faire (avec possibilité de parler d'actualité, comme de cette reconnaissance aujourd'hui par le gouvernement canadien de la tentative concertée de génocide sur les nations amérindiennes perpétrée au 19 et 20e siècles par le gouvernement du Canada, tentative faite avec la complicité des églises chrétiennes au mépris du message de leur présumé fondateur).
Mais voici la première des notes découlant de l'escapade.
Nous arrivions près du mont Saint-Hilaire sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent et nous nous sommes aperçus que nous surveillions quelque chose à l'horizon dans la direction de Montréal: ce que nous nous attendions à voir en arrivant à destination et qui nous permettrait de dire: «Ah! voilà, nous sommes arrivés».
C'était la tour penchée du Stade olympique (photo en haut et à droite où elle montre un profil d'oiseau), œuvre encore contestée (mais de moins en moins) de Roger Taillibert: voilà ce qui pour nous résume Montréal.
Cela n'a pas toujours été le cas. La Tour penchée n'a été élevée qu'en 1976, pour les Jeux olympiques de Montréal.

Très longtemps, l'élément qui résumait pour moi Montréal, qui me permettait de dire: «Je suis arrivé!», c'était le mont Royal (ci-dessus) qui dominait la ville jusqu'à ce qu'on permette la construction de gratte-ciel d'une taille supérieure à la sienne, de telle sorte qu'aujourd'hui il disparaît derrière un rideau de gratte-ciel.
Remarquez, je dis «élément» car il ne s'agit pas ici -vous le comprenez bien- d'un monument, car un monument serait de main humaine.
Nous nous sommes mis à discuter des éléments qui, pour nous, résumaient un certain nombre de villes que nous avons visitées ou en constituaient le point central -quasi obsessionnel- d'attraction.
Il s'agit de l'élément qu'on s'attend à voir et à la vue duquel on pense qu'on est effectivement arrivé dans la ville qu'on allait visiter. Ou de l'élément qu'on cherche constamment des yeux quand on séjourne dans la ville.
Ainsi à Athènes, on cherche constamment l'Acropole (à droite). Partout où on est on cherche à le voir, aussi bien quand on y arrive que quand on y séjourne. C'est comme si Athènes avait besoin de lui pour qu'on la sente exister.

Pour Paris, c'est la Tour Eiffel (à gauche en bas) évidemment. Pour Québec, c'est le Château Frontenac (à droite en bas).
Pour Londres, Big Ben (et il n'est pas question de préférence: je préférerais quant à moi que la
coupole de la cathédrale Saint-Paul résume Londres). Pour Naples, le Vésuve.
Pour Édimbourg, le rocher qui domine la ville et où est construit le château
d'Édimbourg. Pour Rome, la coupole de Saint-Pierre, pour Florence, celle de Santa Maria del Fiore. Etc.
(Je n'énumère pas toutes les villes que nous avons visitées, ce serait trop long, mais au fur et à mesure que je parlerai de l'une ou l'autre dans ce blogue, je tâcherai de nommer ce qui la représente pour moi et, sans doute, pour la plupart de ceux qui la visitent).
Quand par exemple nous visiterons Barcelone, bientôt, nous chercherons constamment des yeux la Sagrada Familia, j'en suis sûr.
Toute ville, pour marquer la mémoire, a besoin de quelque chose qui ainsi la représente en la résumant.
Mais aucun de ces éléments n'a eu, comme la Tour Eiffel, pour la chanter aussi bien, un poète français issu (illégitimement) d'une Polonaise et d'un Italien comme Guillaume Apollinaire, qui le fait dans «Zone», le premier poème d'Alcools, publié en 1913, (la plus grande année du 20e siècle -j'y reviendrai).
En voici les 41 premiers vers à la fois naïfs et ironiques:

Zone

A la fin tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine

Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 5 centimes pleines d'aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers

J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-datylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J'aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes

Voilà la jeune rue et tu n'es encore qu'un petit enfant
Ta mère ne t'habille que de bleu et de blanc
Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize
Vous n'aimez rien tant que les pompes de l’Eglise
Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette
Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège
Tandis qu'éternelle et adorable profondeur améthyste
Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ
C'est le beau lys que tous nous cultivons
C'est la torche aux cheveux roux que n'éteint pas le vent
C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère
C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prières
C'est la double potence de l'honneur et de l'éternité
C'est l'étoile à six branches
C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche
C'est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs
Il détient le record du monde pour la hauteur

[...]

samedi 7 juin 2008

Température du 7 juin 2008 à Saguenay et bref compte rendu

Sur Windows, je ne sais pas comment prendre des photos d'écran (le savez-vous?), par conséquent je ne puis placer les images habituelles de météo.
Voici donc ce que je puis inscrire cependant, du texte seulement:

Matin: 15 C
Prévisions pour l'après-midi: 24 C

Après-midi: 22 C
Prévisions pour le soir: 24 C

Depuis ce matin jusqu'à maintenant nous avons vu deux expositions au Musée des Beaux-arts de Montréal: l'exposition «Cuba Art», qui se termine demain, et l'exposition «Love» d'Yves Saint Laurent. Photos et commentaires lors de mon retour à Saguenay.
Ce soir, «Madama Butterfly».
La chaleur à Montréal est extrême pour des Saguenéens mais les Montréalais la trouvent très confortable.
Nous ne l'avions pas prévu mais c'est le week-end du Grand Prix de Formule 1.
La ville est envahie d'amateurs de «vroum-vroum» et de vapeurs d'essence.
Que de mondes parallèles dans les grandes villes et qu'il est bon de pouvoir ne pas vivre dans ceux de ces mondes qui ne vous intéressent pas.

vendredi 6 juin 2008

Petit Déplacement


Aujourd'hui, départ pour un bref séjour à Montréal afin de voir «Madama Butterfly» de Puccini à la Place des Arts (belle affiche d'une représentation de 2005 au Théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg ci-dessus).
Et visite de deux expositions prévue: celle sur Yves Saint Laurent au Musée des Beaux-Arts (à gauche, Pavillon Jean-Noël Desmarais) et la Triennale d'art contemporain au Musée d'art contemporain (à droite).
Mes notes seront peut-être moins quotidiennes pendant les prochains jours (saurai-je bien faire sur l'appareil que j'au
rai à ma disposition?).
Rapports au retour pour mes visiteurs, et de brèves salutations entretemps.

Température du 6 juin 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Midi

jeudi 5 juin 2008

Température du 5 juin 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Midi

Le Louvre à Québec

(Québec vue du Port, avec le Séminaire de Mgr de Laval à gauche et le « donjon » du célèbre Château Frontenac au centre : cliquez la photo pour zoomer)

J'ai déjà parlé de la collaboration du Louvre de Paris (vous verrez tantôt pourquoi j'ajoute Paris) avec Abou Dhabi afin d'établir un autre Louvre dans cette capitale des Émirats-Arabes-Unis (ici).
À cette occasion j'avais suggéré que les musées des métropoles et des capitales de chaque pays auraient intérêt à présenter par roulement mais de manière permanente des éléments de leurs collections -toujours invisibles à 85%- dans les villes les plus importantes du pays.

Ou même dans d'autres pays sur une base d'échange avec les musées de ces pays.
Dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire de la fondation de Québec, il y aura cet été un Louvre au Musée national des Beaux-arts du Québec.
Plus de 270 œuvres ont été prêtées par le Louvre pour créer cet autre Louvre dans le Nouveau Monde.
Et déjà l'organisation de cet autre Louvre, avant même d'être ouvert, a eu des retombées importante sur les œuvres mêmes. Présentées d'une manière différente, elles acquièrent une autre dimension, nouvelle parfois.
Sans doute des significations imprévues ou dignes d'intérêt.
Parce qu'elles sont présentées selon des perspectives différentes, qui sont celles de Québécois travaillant dans un autre contexte que les conservateurs et directeurs français du Louvre.
Et ceux-ci se déclarent vivement intéressés par ces perspectives différentes.

Un dialogue s'établit qui aboutira à quelque chose qu'on ne peut prévoir mais qui sera inévitablement positif comme le résultat de tout dialogue.
Ainsi, en plus de présenter des éléments précieux des collections du grand musée de Paris à un public nouveau, le Louvre de Québec permet un autre regard et une autre vision des œuvres.
Les œuvres des grands musées bénéficieraient des mêmes effets si elles voyageait comme les œuvres du Musée du Louvre au Musée national des Beaux-arts du Québec.
Et d'autant plus si ces œuvres n'étaient jamais présentées, ou rarement, dans leur musée d'origine.
Elles contribueraient en outre à l'indispensable dialogue entre les humains et, sans doute, non au progrès de l'art (« Il n'y a pas de progrès en art » -Marcel Proust) mais à l'approfondissement de l'art, par conséquent, à un progrès (oui !), au progrès de la civilisation.
Je vais visiter le Louvre de Québec au cours de l'été : je vous présenterai ce que j'en aurai retiré (commentaires et photos). Ci-dessous, l'entrée du Musée national des Beaux-arts du Québec.

mercredi 4 juin 2008

Température du 4 juin 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Midi

Le Manoir du Saguenay et Arvida

(Cliquez la photo pour zoomer)

Voilà un autre arbre qui joue à l'ange (allusion à un passage d' « À la recherche du temps perdu »), un merveilleux bouleau blanc à droite sur cette photo (prise hier, 3 juin 2008).
Il s'agit de celle d'un bâtiment dont je vous ai promis, il y a longtemps il me semble, la photographie (ici -il s'agit, au bout de ce lien, d'une photo de noces, les miennes, prise à l'intérieur de ce bâtiment) : celle du Manoir du Saguenay.

Ce Manoir a été construit par Alcan (il appartient toujours à cette compagnie devenue Rio Tinto-Alcan) après la fondation et l'édification de la ville d'Arvida, construite comme « ville de compagnie » (Company Town en anglais) autour de l'usine de fabrication d'aluminium (une aluminerie n'est-ce pas ?) dans les années vingt et trente du 20e siècle.
Alcan (qui n'a pas encore été séparée d'Alcoa à l'époque) gère virtuellement tous les aspects de la vie municipale, y compris l'urbanisme, les services de santé et d'éducation, la vie sportive et les loisirs, etc.
La ville ressemble au point de vue de la disposition des rues à certaines villes d'Angleterre ou des îles britanniques : on a tenté de faire en sorte que les rues ne se croisent pas mais convergent en leur donnant une forme courbe.
J'ai retrouvé cet esprit à Londres dans South Kensington et un peu partout.
On me dit qu'il existe aussi à Washington mais je n'ai pas encore visité cette ville.

Le Manoir du Saguenay avait été construit pour loger les cadres étasuniens et métropolitains d'Alcoa puis d'Alcan en visite au Saguenay.
Ce qu'il est redevenu après avoir été un hôtel et un restaurant renommé pendant, je crois, une vingtaine d'années.
Mais voici plus de précisions puisées dans un dépliant (de format pdf) que vous pouvez importer à partir d'Internet (cliquez sur ce lien):

Manoir du Saguenay
1655 rue Powell
Construit en 1939 d’après les plans de l’architecte Fetherstonhaugh, le Saguenay Inn remplaçait cinq résidences qui hébergeaient, depuis 1926, le personnel célibataire. L’édifice est l’un des exemples les plus achevés de l’architecture régionaliste. Avec ses murs de maçonnerie, son toit à deux versants, ses cheminées enveloppées dans des murs massifs, il rappelle un ancien manoir breton ou normand. Dans les années cinquante, l’édifice est transformé en hôtel luxueux et devient, en 1962, le Manoir du Saguenay. Fermé en 1985, il ouvre de nouveau en 1990 pour des activités administratives de l’Alcan.

Ci-dessous deux photos satellitaires de la ville d'Arvida (le Manoir du Saguenay est en haut de la première photo, à droite du mot « Manoir »). Remarquez le dessin particulier des rues. Ma rue, la rue de Régina, est tout à fait au bas de cette photo, légèrement à gauche du centre, entre les rues -parallèles à elle- de Calais et Burma (n'est-ce pas que les noms de rue ont un parfum suranné d'« empire britannique » ?).


Dans cette deuxième photo satellitaire, le Manoir est au-dessus du « A » de la bulle.

(Cliquez les cartes pour zoomer)

mardi 3 juin 2008

Température du 3 juin 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Midi

Arbres

(Note de 2013 : la rue de Régina en 2008 ! 
Tous les ormes ont maintenant été abattus !)

C'est le temps où, au Saguenay, les arbres portent enfin des feuilles apparentes, encore vert tendre mais visibles enfin, et qu'ils peuvent lancer leurs branches au-dessus des rues pour former des arches protectrices.
Je vous présente (ci-haut) une photo des érables et des ormes de ma rue, que je vous ai déjà présentés couverts de neige d'abord, puis d'un petit duvet vert : les voici avec des feuilles.
Puis une autre vue (ci-dessous) de ceux-ci avec, à l'avant-plan, un pommetier fleuri rose, tout jeune, que j'ai planté l'année dernière.



Je vous présente aussi quelques fleurs épanouies d'un de mes lilas.


On est loin d'Aix-en-Provence où, dans le Parc Jourdan par lequel nous passions pour aller suivre nos séminaires à la Faculté, les arbres de Judée, blancs ceux-là, fleurissaient dès février (un bel arbre de Judée trouvé sur Internet, en bas).
Ils ressemblaient aux poiriers que le narrateur d'À la Recherche du temps perdu, après les avoir pris pour des dieux étrangers, reconnaît comme des anges dans «Le Côté de Guermantes».
Voici ce qu'il y raconte en parlant des poiriers en fleurs:

Ces arbustes que j'avais vus dans le jardin, en les prenant pour des dieux étrangers, ne m'étais-je pas trompé comme Madeleine quand, dans un autre jardin, un jour dont l'anniversaire allait bientôt venir*, elle vit une forme humaine et «crut que c'était le jardinier»? Gardiens des souvenirs de l'âge d'or, garants de la promesse que la réalité n'est pas ce qu'on croit, que la splendeur de la poésie, que l'éclat merveilleux de l'innocence peuvent y resplendir et pourront être la récompense que nous nous efforcerons de mériter, les grandes créatures blanches merveilleusement penchées au-dessus de l'ombre propice à la sieste, à la pêche, à la lecture, n'était-ce pas plutôt des anges. [...] à côté des plus misérables [maisons], de celles qui avaient l'air d'avoir été brûlées par une pluie de salpêtre, un mystérieux voyageur, arrêté pour un jour dans la cité maudite, un ange resplendissant se tenait debout étendant largement sur elle[s] l'éblouissante protection de ses ailes: c'était un poirier...
Je crois que ce ne sont pas seulement les poiriers de France, mais ce sont tous les arbres qui sont des anges (du moins ils sont ce qui a permis aux humains d'imaginer des anges).
Et chaque fois qu'ils se couvrent de feuilles ou de fleurs (ou de neige) au printemps -qui arrive plus tôt ou plus tard -de février à juin dans l'hémisphère nord- dans l'infinie variété des climats de la Terre- ils sont les annonciateurs de longs jours, de nuits odorantes, de temps doux, de temps de bonheur.


* Il s'agit de Pâques: pour les Chrétiens (c'est de l'Évangile qu'il est question ici) le jour de la résurrection de Jésus-Christ.

lundi 2 juin 2008

Température du 2 juin 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Midi

L'Art de la haute couture

C'est la mort d'Yves Saint Laurent (ci-haut) qui m'amène aujourd'hui à cette réflexion.
Pendant tout le 20e siècle les grands couturiers français (particulièrement) ont cherché et réussi (évidemment, je crois) à libérer les corps des
vêtements-armures, des vêtements-contraintes, bref des vêtements asservissants.
Et cela au profit des vêtements-confort, des vêtements qui respectent le corps tel qu'il est plutôt que de tenter de le faire ressembler à ce qu'il n'est pas ou à un modèle qui n'existe pas dans la réalité.
Qui existe seulement dans les fantasmes névrotiques de l'un ou de l'autre.
Ont contribué à la révolution, Paul Poiret (à gauche) en abolissant le corset, Gabrielle Chanel (à droite) en instaurant la ligne «garçonne», Christian Dior (à gauche en bas) avec la ligne H et Yves Saint Laurent avec, entre autres, le smoking féminin.
Ce ne sont que des exemples pris parmi ceux qui ont contribué à la libération, les exemples les plus évidents.
Ils n'ont pas libéré seulement le corps des femmes mais aussi celui des hommes.
Car si, épisodiquement, certains des grands couturiers se sont inspirés du vêtement masculin ( Chanel, Saint Laurent notamment) pour libérer celui des femmes, par un effet retour, le vêtement féminin ainsi libéré a libéré celui des hommes, qui s'est lui aussi
déformalisé (le «jean» universel qu'Yves Saint Laurent regrettait de ne pas avoir inventé tant ce vêtement allait dans le sens du projet vestimentaire qu'avec ses prédécesseurs il poursuivait).
Par cette libération des corps, ces grand couturiers ont transformé la haute couture en art car en libérant le corps ils ont du même mouvement libéré l'âme qui est une partie du corps, qui ne peut pas être sans lui et ne peut vivre sans lui, mais qui transforme ce qui vient de lui en émotions et en pensées, en amour et en beauté, en éternité mais dans le temps, si l'on peut dire.
Par eux, l'âme qui se découvre «
corps par la musique» selon le mot sublime de Claude Lévi-Strauss (ci-dessous), se découvre vêtements par la haute couture, comme, par la poésie, elle se découvre langue.

dimanche 1 juin 2008

Température du 1er juin 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Midi

Récital (Spectacle, Concert rock) Leonard Cohen


J'y ai bien assisté et avec bonheur à ce récital, qui était bien plus qu'un récital comme je l'indique dans le titre de cette note: un spectacle, un concert rock et plus encore.
La preuve que j'y ai assisté: mon billet numérisé ci-haut.
Ma femme en a fait une si bonne critique sur son blogue (ici) que je ne peux presque rien y ajouter.
Simplement souligner la variété des traditions musicales et poétiques de la diaspora juive (Europe de l'est, Europe centrale, Espagne, Afrique du Nord, etc.) et des traditions musicales et poétiques de l'Amérique du Nord (Gospel, blues, country, rock, etc.) que Leonard Cohen réunit dans ses chansons. Seul un Juif de la diaspora nord-américaine (et j'oserais dire avec raison montréalaise) pouvait réunir tant de traditions et les transformer en une grande poésie.
Et en un grand spectacle qui attirait un public formé de tous les publics, -amateurs de rock, amateur de poésie, amateur de chansons: «
rockers» et intellectuels si je puis résumer.
Et avec une voix profonde qui emporte tous les suffrages et avec des musiciens qui amènent cette voix à une sorte d'apothéose.
J'ai réuni une photo, la plus ressemblante possible de Cohen actuellement (à gauche) et quelques vidéos pour vous le faire imparfaitement connaître si vous ne le connaissez pas ou pour vous donner envie d'aller le voir quand il passera près de chez vous pour participer à ce qu'on ne peut appeler que «SOIRÉE MAGIQUE».
Voici «
Tower Of Song», puis «Take This Waltz» (sur un poème de Fédérico Garcia Lorca) et enfin deux enregistrements différents de «Dance Me To The End Of Love» que j'aime tant: