samedi 24 mai 2008

Échanges muséaux universels

Il y a du pour et du contre dans la collaboration lucrative -dont vous avez peut-être entendu parler- que le Musée du Louvre (ci-haut) a établie avec les Émirats-Arabes-Unis pour instituer une sorte de petit Louvre dans la capitale de cet état, Abou Dhabi (projet à droite).
Du contre parce que, vu d'ici, le Golfe Persique -où se situe cet état- ne semble guère jouir à l'heure actuelle d'un climat propice à la culture et à l'art.
À cause de la religion (interdiction des images), de la politique et de l'organisation sociale des états de la région («apartheid» hommes-femmes, commandé par l'Islam, et fanatiquement respecté dans la péninsule arabique et, en face, en Iran).
Mais en réalité le Louvre sert ici, en quelque sorte, de pépinière à ce qu'on pourrait appeler une acculturation à la modernité de cette région. C'est le pour de cette collaboration.
Il faut noter qu'il y aura aussi un Musée Guggenheim à Abou Dhabi -ce qui me semble intéressant, le Guggenheim ayant une origine juive new-yorkaise.
Mais là où cette collaboration présente davantage d'intérêt pour nous c'est qu'elle fait réfléchir à la situation réelle des musées, -qui ne peuvent jamais présenter plus de 12 ou 15% de leurs collections, tout le reste dormant, loin des regards, dans des entrepôts.
Le Louvre présentera quelques éléments de ses collections -par roulement mais de manière permanente si j'ai bien compris- à Abou Dhabi en ayant recours à ses réserves, invisibles à présent à Paris.
Pourquoi les musées des capitales et des métropoles ne décentreraient-ils pas la présentation de leurs collections dans divers lieux de la même manière?
Pas nécessairement dans des lieux étrangers comme dans le cas présent mais à l'intérieur de leur pays même.
Ainsi je verrais très bien le Musée des Beaux-Arts de Montréal (à gauche) bénéficier de lieux de présentation de ses collections dans 4 ou 5 capitales régionales du Québec, voire à Québec même.
Et le Musée des Beaux-Arts du Québec (en bas, il est situé à
Québec comme on le sait) bénéficier d'un tel lieu à Montréal et, aussi, dans 4 ou 5 capitales régionales québécoises.
Je crois que cela bénéficierait à tous: le pourcentage de présentation des collections s'accroîtrait, les populations régionales bénéficieraient d'un contact constant avec la culture et l'art dont seules bénéficient maintenant les populations des métropoles et des capitales.
Et les mouvements touristiques pourraient avoir des destinations variées.
Et cela ne nuirait aucunement aux musées «centraux» qui ne peuvent pas, de toute façon, présenter toutes leurs collections.
Et des collaborations internationales -peut-être moins lucratives que celle du Louvre et d'Abou Dhabi, mais quand même intéressantes, et présentant peut-être moins de risques- pourraient en outre s'établir.

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