
Journée importante aujourd'hui pour ce blogue (et pour moi), après 16 mois d'existence, le nombre des visiteuses et des visiteurs a atteint et dépassé 20 000.
Quant au nombre d'entrées sur le site du blogue, il est de 46 136, ce qui implique que chaque visiteuse ou visiteur a consulté en moyenne 2,3 fois chaque jour le blogue.
Voyez:
Et voici, sur une mappemonde, l'origine des visiteuses et visiteurs (chaque étoile peut représenter plusieurs visites):
Merci à toutes et à tous et j'espère avoir contribué à vous divertir et parfois à davantage.
mardi 7 avril 2009
Plus de 20 000 visiteuses et visiteurs
Pauvre chat station Mont-Royal
Voici un pauvre chat noir (j'aime les chats noirs, ce sont les ennemis des curés) -nouvelle incarnation de notre chatte divine défunte- que j'ai photographié face à la station de métro Mont-Royal lors de notre récent séjour à Montréal (mi-mars).
Comment a-t-il pu grimper là-haut et comment en descendra-t-il?
Ma femme me dit qu'elle l'a revu le lendemain à la même fenêtre.
Y avait-il passé la nuit? Qu'est-il devenu maintenant?
Si jamais vous passez devant la station Mont-Royal, regardez bien ce bâtiment construit en 1896 et qui a l'air d'un ancien couvent et voyez si le pauvre chat noir y est encore (je sais vous êtes des Montréalais et vous ne regardez jamais rien, mais prenez sur vous).
Regardez aussi par terre pour voir si son cadavre n'y serait pas (Oh! Malheur!).


Je ne sais pas si ce poème de Pablo Neruda convient ici mais je l'affiche quand même:L'homme voudrait être poisson et oiseau,
Le serpent voudrait avoir des ailes,
Le chien est un lion désorienté,
L'ingénieur veut être poète,
La mouche étudie pour devenir hirondelle,
Le poète essaie d'imiter la mouche,
Mais le chat,
Ne veut être que le chat,
Et chaque chat est chat,
De la tête à la queue.
Pyramide du Louvre et Tour Eiffel
La Pyramide du Louvre, selon moi, est une «mise en abyme» de la Tour Eiffel dont elle reprend la transparence et surtout la forme pyramidale, très très allongée en ce qui concerne la Tour Eiffel, je le concède, mais voyez:
Remarquez aussi qu'elles créent toutes deux un effet de dentelles de métal.
Et je crois que les controverses qui ont accompagné leur édification respective indiquent peut-être quelque chose sur la «psyché» parisienne (ou, peut-être, française, mais selon mon expérience on a affaire à deux «psychés» différentes).
Je ne saurais en dire davantage pour le moment à ce sujet.
Par ailleurs c'est aussi leur forme commune qui nous dit quelque chose sur la la manière dont ceux qui ont le pouvoir de faire Paris (ou la France, sait-on), -d'en construire les monuments-, imaginent celui-ci (ou celle-là).
Cela mérite plus ample réflexion peut-être.
Voici plutôt le calligramme que Guillaume Apollinaire a consacré à la plus haute pyramide pendant la 1ère Guerre mondial: en comparant celle-ci à une langue que la France, à l'époque, tirait aux Allemands, illustrant ainsi encore que le sens n'est pas tellement dans l'objet que dans l'œil qui le regarde:
lundi 6 avril 2009
Lieux d'une photo
Cette petite photo de moi dans la colonne de droite de ce blogue,
elle a été prise là:
À droite une gelateria où les «crèmes glacées» («glaces» en Europe francophone), c'est-à-dire les «gelati» vous feront mourir (lors de votre retour chez vous, peut-être mourrez-vous effectivement d'en avoir trop mangé).
La gelateria est maintenant presque au centre de la photo mais c'est la même et si j'insiste tant sur elle c'est qu'elle me semble le symbole et le résumé de la douceur de vivre des rives du Lac Majeur.
dimanche 5 avril 2009
Misanthrope, misogyne et «philofélin»
Une photo, prise par Robert Doisneau en 1953, de Paul Léautaud avec quelques-uns des célèbres chats de celui-ci et une confidence vache comme seul cet écrivain misanthrope (et misogyne, comme vous le voyez) pouvait en faire.
Cette photo est tirée d'un diaporama du «Magazine Littéraire» qui fait ainsi sur Internet la publicité d'un de ses plus récents numéros intitulé «L'Esprit des bêtes. Quand les animaux font la littérature» (cliquez ici pour atteindre ce diaporama).
Je vous présenterai d'autres photos de celui-ci quand j'aurai retrouvé des textes qui me plaisent pour les accompagner.
Feuille d'art etc.
Ce ne sont que des nervures sur une feuille mais il y a comme un message d'art dans leurs circonvolutions.
Est-il seulement dans l'œil qui regarde, ce message?
Sans aucun doute.
Surtout si les doigts se mettent à en jouer.
Grâce au clavier et à d'habiles logiciels, s'entend.


Etc. ...
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.
J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers ;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.
samedi 4 avril 2009
Vin et poivron
Il y a longtemps que je ne vous ai pas parlé de vin.
Voici donc une brève note aujourd'hui pour vous présenter ce vin chilien (dont j'ai un verre en main maintenant) d'une étonnante qualité: le PKNT (pour «picante») carménère du vignoble PKNT du Chili.
Sans le connaître, je l'ai choisi à cause de son cépage, le carménère (on peut dire aussi dire la carménère et écrire carmenère ), un rescapé de la crise du phylloxéra, ressemblant au merlot sans en être et qui ne pousse nativement, depuis la dite crise, qu'au Chili.
L'image du piment
qui apparaît sur la bouteille n'est pas vaine car le vin a véritablement un nez de poivron (de la même famille que le piment, je crois).
Sa saveur est également légèrement «pimentée» et il a une robe noire de missionnaire (mais on ne le boit pas dans cette position).
J'aime beaucoup ces survivants de catastrophe (comme, par exemple, chaque élément de Pompéi, Herculanum et Stabies qu'on a pu ramener au jour, ressusciter) dont fait partie aussi le carménère car en le buvant j'ai l'impression de faire un pied de nez au destin et à la fatalité et cela multiplie infiniment mon plaisir.
À votre santé, chères visiteuses et chers visiteurs de ce blogue!
Voici des grappes de ce cépage triomphant.
Et j'ajoute un poème de Baudelaire, vous devinez lequel:
Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles:
«Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité!
Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,
Car j'éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.
Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content;
J'allumerai les yeux de ta femme ravie;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.
En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur!»
vendredi 3 avril 2009
Salut ou apocalypse
Des équipes universitaires britanniques ont mis au point un robot de laboratoire capable de mener des expériences et d'en tirer lui-même des conclusions scientifiques, selon un article paru dans la revue Science.Le robot «Adam» a été mis au point par des chercheurs des universités d'Aberystwyth, au Pays de Galles, et de Cambridge pour traiter automatiquement plusieurs étapes de recherches sans intervention humaine.
Grâce à son intelligence artificielle, le robot a fait des découvertes scientifiques en menant ses expériences, rassemblant les résultats, les classant, en tirant des principes et en recommençant les expériences. Adam a travaillé et fait des découvertes sur le génome de la levure qui ont ensuite été vérifiées manuellement, affirme le professeur Ross King, un de ses créateurs.
«Parce que les organismes biologiques sont très complexes, il est important que les détails des expériences biologiques soient enregistrés avec la plus grande minutie. C'est un travail difficile et pénible pour les scientifiques humains mais facile pour un robot», a-t-il expliqué.
Adam est un prototype et devrait bientôt être rejoint par une laborantine robot, «Eve», programmée pour travailler notamment sur les maladies infectieuses comme la malaria.
Tous droits réservés.
Personnellement je crois que les robots devraient être supérieurs aux humains, même (et surtout) dans le domaine des sentiments.
Comediante! Tragediante!*
D
an
s ce livre (à droite) écrit par cet auteur (à gauche), cette description:
... un Etat dont le chef distribuait le bien public à ses amis millionnaires, rétribuait les escrocs, confiait la laisse des organes de presse à ses amis magnats, mentait toutes les deux phrases, hurlait au téléphone, usait sans vergogne des lois d’exception les plus scélérates, s’exhibait dans la presse du cœur.
Cela vous rappelle-t-il un pays? un chef d'état particulier?
Non ce n'est pas l'Allemagne et Hitler, ni l'URSS et Staline, ni une quelconque république bananière d'Afrique, d'Asie, d'Eurasie ou d'Amérique latine et son petit tonitruant dictateur postillonnant prétendument élu?
Réfléchissez encore un peu.
* Titre tiré de «Servitude et grandeur militaires» d'Alfred de Vigny.
jeudi 2 avril 2009
Deux poètes, une seule poésie
Voyez ci-dessus Bukowski, dans une pose habituelle et, je dirais, préférée par lui.
Et voici, trois fois, Mallarmé, photographié par Nadar, peint par Manet, peint par Renoir (quel est le photographe de Bukowski ?) :


Évidemment, quand Renoir et Manet ont peint Mallarmé, leurs tableaux valaient moins qu'ils ne valent aujourd'hui et leur réputation de peintre était moins grande.Nadar, quant à lui, savait flairer les gloires futures.
Mais vous voyez la distance entre Bukowski et Mallarmé, n'est-ce pas ? Je vais m'abstenir de la décrire davantage, les images valent mille mots.
Bukowski écrit cependant ceci, que Mallarmé a manifestement réalisé dans ses poèmes :
La poésie en dit long et c’est vite fait. La prose ne va pas très loin et prend du temps.
Certes, pour Mallarmé, la poésie ce n'était pas tellement quelque chose de « vite fait », tant il avait de scrupules devant la page blanche.
Mais certains de ses poèmes, - peut-être pas vite faits -, en disent long.
Celui-ci par exemple :
Rien, cette écume, vierge vers
À ne désigner que la coupe ;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l'envers.
Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l'avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d'hivers ;
Une ivresse belle m'engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut,
Solitude, récif, étoile
À n'importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.
En jouant sur les trois sens du mot «Salut» (1. À votre santé: 2. Action de saluer; 3. Action de sauver) et en choisissant quelques mots à double ou triple entente (coupe: 1. verre; 2: coupure, interruption), etc., Mallarmé réussit à évoquer :
1. la Dernière Cène (où Jésus fait ses adieux à ses disciples en leur disant de refaire ce qu'il a fait «en mémoire de moi»);
2. l'Odyssée (la navigation d'Ulysse avec ses sirènes, ses dangers de naufrage, ses tangages, ses tempêtes);
3. les récits de voyages de découvertes (ceux des découvreurs plutôt que ceux des conquistadors puisqu'il s'agit d'aller au loin porter le « salut » que constitue la poésie, nouvelle religion, sur des continents inexplorés);
(Peut-être encore le «Livre de Jonas» dans la Bible.)
Bref, dans ce petit poème, Mallarmé -nouveau prophète, nouveau sauveur, nouveau découvreur, nouveau messager du nouvel évangile- me semble réussir à inclure au moins trois ou quatre livres différents dont son poème est, en quelque sorte, le pendant et le résumé.
Ce poème en dit long et donne, d'avance (il a été écrit avant la réflexion de Bukowski), raison au poivrot.
Qui ne l'aurait sans doute pas aimé (il détestait la poésie française, trop gourmée, comme Mallarmé, photographié et peint par des célébrités, engoncé en ses habits bourgeois).
Bukowski, pour sa part, ne se considérait nullement comme un sauveur, un découvreur ou un messie et ne considérait pas sa propre poésie comme un nouvel évangile.
Il avait raison.
En voici un échantillon :
LA FILLE DEHORS AU N°I DE STRAWBERRY PATCH
II est une heure et demie
lundi
30 degrés en novembre
sur Western Avenue.
Une fille apparaît sous un porche
et reste là à regarder.
Une femme plus âgée sort et s'appuie
au montant de la porte.
La fille a tout juste vingt ans.
Une minirobe rouge
boutonnée par devant. Des collants
et des chaussons orange.
On a l'impression qu'elle
vient à peine de se réveiller.
Un grand sourire éclaire son visage.
Elle esquisse un pas de danse en souriant.
Elle est pâle. Elle est blonde.
Tout à coup elle fait signe à quelqu'un qui passe
en voiture.
La vie est intéressante.
Elle est jeune.
C'est une fille.
Elle danse encore une fois. Elle fait signe. Elle
sourit.
Tout ça est bien agréable à une heure et demie
l'après-midi quand il fait 30 degrés.
Elle veut de l'argent.
Elle fait signe. Elle danse.
Elle sourit.
La vieille femme s'ennuie et retourne
à l'intérieur.
Je démarre ma voiture dans le parking de l'autre côté de la
rue.
Je pars vers l'ouest, vers Oakwood et je perds la fille
de vue.
Je pense, c'est tellement bizarre,
on a tous besoin d'argent.
Puis j’allume la radio et j'essaie
d'oublier ça.
Et un petit, en anglais, pour que vous puissiez mieux voir :
As The Poems Go
as the poems go into the thousands you
realize that you've created very
little.
Évidemment le poème de Bukowski laisse tout le travail à faire au lecteur (il y a la « mise en abyme » : « little » qui renvoie en même temps à deux choses « petites », mais surtout au texte lui-même où il apparaît).
Mais j'aime tous les poèmes, gourmés ou « relaxes », car ils sont la justification d'une langue et sa matrice.
mercredi 1 avril 2009
Le mariage, semence du bonheur OU de la sagesse (mais pour les hommes seulement)
Une maxime de Socrate (sa mort par David ci-dessus, qui montre comment on imaginait la mort d'un sage à la fin du 18e siècle: prononçant un discours, comme ces verbeux -et dangereux- avocats que seront bientôt les révolutionnaires français, plutôt qu'une brève dernière parole).Une maxime qui donne à penser
1. que la sagesse n'a peut-être rien à voir avec la métaphysique;
2. que le bonheur et la sagesse sont peut-être incompatibles.
Voici la maxime:
Dans tous les cas, mariez-vous: si vous tombez sur une bonne épouse, vous serez heureux; si vous tombez sur une mauvaise, vous deviendrez philosophe, ce qui est excellent pour l'homme.
P.S. Je ne sais pas quel conseil Socrate donnerait aux femmes (il n'y aurait pas songé à son époque ou même à la nôtre dans cet Orient dont fait encore partie la Grèce moderne à cause de la longue domination ottomane qu'elle a subie) mais, dans la perspective qui est la sienne, peut-être leur aurait-il conseillé de ne pas se marier et de mener la vie d'Aspasie, hétaïre surtout et, à ce titre, capable de dialoguer avec les hommes (une femme occidentale moderne donc), et maîtresse de Périclès qu'elle n'épousa pas en effet, même si elle eut un fils de lui.
Voici Aspasie imaginée par une peintre, Marie-Geneviève Bouliard, à la fin du 18e siècle également:




















