mardi 7 octobre 2008

Température du 7 octobre 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Valencia et le deuil (mal accepté) d'une certaine idée

Voici l'idée que je me faisais de Valence (en Espagne, Valencia donc, car il y a une ville française qui s'appelle Valence) avant d'y séjourner. C'est la chanson «Valencia» par Sara Montiel qui m'avait aidé à la former, chanson que voici (j'aurais aimé, je l'avoue, en trouver une interprétation plus «esthétique». Hélas! on n'a pas encore accès à tout ce qu'on désire sur Internet!):


Mais voici, dans la «Ciutat de les Arts i les Ciències», l'Opéra («
Palau de les Arts Reina Sofía»), en forme de poisson avec la bouche ouverte, entouré d'édifices, de constructions, d'objets d'arts et de structures d'une incroyable audace (et d'une grande beauté moderne) qui m'ont forcé à changer (en partie) d'idées à propos de Valence.

Le voici seul:

Le voici avec une sorte de Poséidon ou créature marine (toute cette cité est près de la mer -le cône à droite est le sommet de la cage d'un des nombreux ascenseurs du site):


Et le voici encore (au fond à droite) avec une créature plus «tellurique» qui semble enfoncer un pieu de métal devant le Musée des sciences.


Mais je reste néanmoins toujours amateur de chansons de la vieille Espagne -celle qui n'existe peut-être plus que dans mon esprit.
En voici trois, toujours avec la même interprète dont j'ai connu des interprétations plus originales.

Besame mucho
(celle-là, je ne manque jamais l'occasion de la présenter)



Quizas, Quizas, Quizas




A Media Luz

lundi 6 octobre 2008

Température du 6 octobre 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Le mihrab de la «Mezquita de Córdoba»


Ceci est le mihrab de la Mosquée-cathédrale de Cordoue en Espagne.
Je vous ai déjà présenté une photo de ce magnifique bâtiment -très représentatif de l'histoire de l'Espagne- ici.
Je n'étais pas allé à Cordoue à l'époque (mais c'était dans mes intentions). J'y suis maintenant allé et ai vu, des mes yeux vu, cette merveille.
Peut-être en montrerai-je d'autres aspects ultérieurement, quand mes pensées me permettront de l'évoquer, elle et/ou d'autres éléments de mon expérience espagnole.
J'évoque (et vous présente) aujourd'hui ce mihrab parce qu'il est très spécial.
Au lieu, en effet, d'indiquer la direction réelle de
La Mecque à partir de Cordoue (ce que, comme mihrab, il devrait faire, afin que les fidèles musulmans puissent diriger leurs prières vers le lieu que leur a indiqué Mahomet), il indique le sud. Alors qu'il devrait indiquer l'est.
Il indique le sud comme si la mosquée était édifié à Damas, le lieu de naissance de celui qui en a ordonné la construction et la capitale de la dynastie califale dont il était issu, la dynastie des Omeyyades, renversée par les Abbassides (illustrés, eux, par le calife Hârûn-ar-Rachîd qui devint un personnage des Mille et une Nuits).
La nostalgie d'Abd al-Rahman était si grande qu'il avait ordonné qu'on oriente le mihrab au sud, vers La Mecque à
Damas.
Ainsi ce beau
mihrab n'est pas seulement un mihrab: il est de la nostalgie.
Cela est bien plus important que la direction de La Mecque, de Jérusalem ou de Rome.

dimanche 5 octobre 2008

Température du 5 octobre 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Soir

Une Pierre dans mon jardin

Je ressens cette phrase comme une pierre dans mon jardin, et peut-être est-ce une pierre dans le jardin de tous ceux qui parlent et/ou écrivent (trop? mais peut-être est-ce toujours trop), les blogueurs par exemple.
Heureusement que l'action du dernier film de Woody Allen («Vicky Cristina Barcelona») se passe à Barcelone où je viens de séjourner: la critique sera ainsi plus facile à accepter, surtout qu'elle provient de quelqu'un qui ne donne pas sa place pour parler, ne fût-ce que par les lèvres des autres.

Voici le film-annonce de «Vicky Cristina Barcelona»:


Ce film-annonce était trop bruyant, j'ai décidé de l'enlever de ce blogue et de vous y mener, si vous le désirez, par un lien: cliquez sur l'image pour y accéder.

Le Temps de lire


Voilà un de mes lieux favoris à Montréal, avec sa sculpture de Robert Lorrain à sa droite. C'est Le Temps de lire.
Il est situé rue St-Denis, presque en face du bistro L'Express (j'en ai déjà parlé ici) et tout près du Café Cherrier.
J'y passe des heures et des heures à choisir les albums que je vais acheter car je suis maintenant sélectif, ma maison croulant sous les livres et les albums.
À cause de mon âge je vois venir le moment où je devrai en faire don pour ne pas
charger mes héritiers de l'horrible soin de le faire à ma place.
Je ne vois pas le moment où cette librairie est fermée (à l'intention de mes visiteurs européens: je ne sais pas si les magasins fonctionnent dans toute l'Europe sous le régime de l'Espagne mais sachez qu'au Québec les magasins -grands ou petits, librairies, épiceries, supermarchés etc.- sont ouverts 7 jours sur 7: il n'y a pas de jours sacrés, Dieu merci, malgré une grande résistance des clergés) et parfois, ayant réservé pour une certaine heure à
L'Express, nous arrivons plus tôt pour bouquiner au Temps de lire.
Le voici sur la carte devant le «A» dans le phylactère orangé:

samedi 4 octobre 2008

Température du 4 octobre 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Fermeture du restaurant «Le Paris»


(Témoignages visuels du restaurant que je désire sauvegarder)

Commotion, consternation et tristesse hier: Le Devoir nous apprend la brusque fermeture du restaurant «Le Paris» de Montréal.

Beaucoup de souvenirs de délices et de bonheur lui étaient attachés. Je regrette de ne pas vous en avoir parlé plus tôt car sa fermeture en aurait été différée, peut-être indéfiniment.
On y servait une cuisine française traditionnelle (voir un extrait de la carte en bas) savoureuse et durant les années soixante-dix et quatre-vingt, à chacun de nos séjours à Montréal, nous allions au moins une fois déguster la cuisine et nos souvenirs culinaires de la France.
Nous avons goûté plusieurs fois à toutes les spécialités de la maison, saumon poché beurre blanc (le plat favori de ma femme), brandade de morue, boudin noir, rognons sautés (mon plat favori), filet de doré, filet mignon bordelaise, etc.
Sa carte (avec sa reproduction d'une Tour Eiffel de Robert Delaunay) et ses petites tables rapprochées nous manqueront pour toujours.
Encore un autre pan de notre passé qui s'effondre.
Puis-je citer les vers de Baudelaire (tirés du poème
«Le Cygne») qui s'applique tellement bien, même au prix d'un jeu de mot?

Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas! que le cœur d'un mortel)


Voici la carte que vous ne pourrez pas parcourir des yeux et les plats que vous ne pourrez pas goûter:




D'ailleurs, pourquoi ne pas le faire? voici aussi la carte des entrées et celle des fromages et des desserts:


P.S. Début décembre 2008: Le Paris est rouvert sous une nouvelle direction, même carte, même tradition. Bonheur!

vendredi 3 octobre 2008

Température du 3 octobre 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Lula aux yeux bleus

Je veux vous présenter un chien dont j'ai fait la connaissance peu avant notre départ pour l'Espagne, chez mon fils, où elle (elle est de sexe féminin) séjournait pendant un voyage de son maître: il s'agit de Lula, la chienne aux yeux bleus (prononcez son nom «Loula» car il est d'origine portugaise).
Sa mère était une Husky (elle a hérité des yeux bleus de celle-ci) et son père un Golden Retriever (elle a hérité du pelage de celui-ci).

Son caractère est d'une amabilité et d'une douceur extraordinaires. Les manifestations de son affection sont spectaculaires (mais surtout vocales, rassurez-vous).
La voici:



Voyez ses yeux bleus de plus près:


(cliquez les images pour mieux admirer Lula)

jeudi 2 octobre 2008

Température du 2 octobre 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Barcelone sous la pluie

(Cliquez l'image pour l'admirer vraiment)

Voici une splendide photo (n'est-ce pas?) prise du Parc de Montjuic le 22 septembre lors de notre arrivée à Barcelone. Il pleuvait.
Tout est accompli grâce au contraste entre les magiques gris de l'arrière-plan (avec la Sagrada Familia à gauche et la Torre Agbar à droite) et les couleurs éclatantes de la personne du premier-plan (vous l'aurez reconnue pour l'avoir beaucoup vue dans ce blogue).

Federico Garcia Lorca et l'Espagne -ce que je crois

La statue de Federico Garcia Lorca Plaza Santa Ana à Madrid. Je n'ai pas vu de statue de lui à Grenade, sa patrie pourtant.
Pendant le voyage en Espagne dont je rentre les journaux parlaient du fait qu'on allait tenter de retrouver son corps dans la fosse commune où on l'avait jeté avec d'autres après l'avoir fusillé.
Naturellement, ce sont les nationalistes franquistes qui l'ont fusillé et ses oeuvres ont été somme toute interdites (ou publiées censurées) pendant tout le règne de Franco, l'infâme et honteux Franco dont il existe encore des statues, m'a-t-on dit, dans des villes que je n'ai pas visitées (et que je ne visiterai pas).
Les journaux disaient que sa famille n'avait jamais demandé à ce qu'on recherche son corps et qu'elle ne le demandait pas encore.
Il s'agit d'une famille riche d'Andalousie qui, m'a-t-on encore dit, avait des sympathies franquistes et avait sans doute honte que soit sorti d'elle:
1. un poète
2. un homosexuel
3. qui avait des sympathies pour les déshérités.
Je connais peu Garcia Lorca. J'ai vu de ses pièces à la télévision, sans vraiment les aimer. J'ai lu certains de ses poèmes mais la poésie traduite n'est jamais vraiment extraordinaire et je ne connais pas assez le castillan, hélas, pour lire ses textes dans leur langue originelle.
Mais je sais que sans doute (et c'est ce que sa statue à Madrid signifie, je crois) il a d'ores et déjà apporté beaucoup à l'Espagne -à cause de ce qu'il était et de ce qu'il écrivait- dans le respect des droits humains.
Il contribue aussi par son œuvre et sa mort à purger l'Espagne de ce qui lui reste encore de l'horrible maladie franquiste et catholique qui l'a terrassée non seulement sous Franco, mais sous tous les rois catholiques (les Castille, les Aragon et, surtout, les Habsbourg ainsi que ces trois-quarts Habsbourg que sont les Bourbons après Louis XIV) qui l'ont unifiée et l'ont écrasée de leurs niaiseries pieuses (et meurtrières, rappelez-vous l'Inquisition) et de leur maladive sexualité pendant tant de siècles.


Sonnet de la guirlande de roses


Cette guirlande ! presse-toi ! je meurs !
 

Tresse-la vite ! chante ! gémis ! chante !
Je sens l’ombre qui vient troubler ma gorge
et c’est Janvier qui luit pour la millième fois.

De moi à toi, de je t’aime à tu m’aimes,
un souffle d’astre et un frisson de plante,
une épaisseur d’anémones me font
gémir obscurément une année toute entière.

Jouis du frais paysage de ma blessure,
brise des joncs et de fins ruisselets,
et bois le miel de mon sang répandu.

Mais hâte-toi, pour que, dans une étreinte,
bouches brisées d’amour, âmes mordues,
le temps nous trouve ensemble déchirés.


Traduction d’André Belamich

mercredi 1 octobre 2008

Température du 1er octobre 2008 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Quelques tercets du Poémier

Voici quelques tercets générés par le module «Poémier» à droite, pour vous rappeler que ce module a quelques vertus.

la nuit qui rugit
la parole est cruelle
comme un coup de poing



soudain qui arrive
poème fruit du hasard
que disent tes yeux



les nuages pleurent
un après-midi perdu
un secret honteux



le soir tombe enfin
mais mon cœur te voit encore
amour infamie



le ciel éclatant
sur le bord de la rivière
maison dévastée



le ciel s'obscurcit
non je ne veux rien de toi
que les chiens aboient



la nuit la nuit hurle
mais tu n'es plus que silence
ah baiser d'été

Peau de platane

J'ai photographié ce platane (cliquez la photo pour mieux voir) à Barcelone. J'aurais pu le photographier partout en Espagne, je crois, et en France.
Dès notre arrivée en France à l'automne de 1970 l'écorce de cet arbre -inconnu au Québec- nous avait intrigués, ma femme et moi.
Tout l'arbre nous avait intrigués, avec ses grandes feuilles qui ressemblaient un peu à des feuilles d'érable géantes, et à cause de ses fruits qui tombaient partout sur les trottoirs du Cours Mirabeau.
Mais l'écorce nous avait particulièrement intéressés.
Pour une raison ou pour une autre -ou plutôt par cette négligence particulière à la jeunesse qui lui fait croire qu'elle est éternelle et qu'on pourra toujours faire plus tard ce qu'on ne fait pas aujourd'hui- nous n'avions pas pris de photos de ce qui faisait pourtant l'objet de notre grand intérêt.
Car cette écorce on dirait la peau d'un animal, la peau d'un lézard ou d'un serpent.
Ou un tissu: celui qui sert à confectionner les vêtements de camouflage que portent les militaires.
Il y a comme de l'animal dans les platanes, à cause de cette belle écorce.
On pourrait penser qu'il s'agit de l'«Arbre de la Science du Bien et du Mal» dont Ève cueillit le fruit pour nous rendre égaux à Dieu (opération heureusement non réussie, la perfection ne pouvant qu'être ennuyeuse).

L'Automne déjà, et déjà des signes de l'hiver

Je vous présente quelques photos que j'ai prises hier, à la fin de l'après-midi, autour de chez moi.
Vous verrez que l'automne a déjà posé ses doigts d'artiste sur les arbres et que certains voisins (des adolescents) ont déjà commencé à pratiquer le hockey dans la rue (deuxième photo).
Quand nous nous sommes envolés pour l'Espagne c'était encore l'été. Maintenant c'est l'été qui s'est envolé.
Je trouverais le talent de l'automne admirable si son exercice n'annonçait pas l'anéantissement de tout dans le blanc de la neige et du froid (cliquez les images pour zoomer).







Chant d'automne
de Charles Baudelaire

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts!
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l'hiver va rentrer dans mon être: colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

II me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui? - C'était hier l'été; voici l'automne!
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant.

Courte tâche! La tombe attend - elle est avide!
Ah! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,
De l'arrière-saison le rayon jaune et doux!