Après la conquête de l'Angleterre par les Normands à la bataille d'Hastings en 1066, le pays connut une transformation profonde. Des châteaux furent érigés. La noblesse fut remplacée. Et soudain, le pays se retrouva avec deux langues : l'une pour les puissants, l'autre pour le peuple.
Les nouveaux dirigeants parlaient français. Non pas le français que l'on entend aujourd'hui dans le métro parisien, mais une variante du français normand qui imposa la vie de cour, le droit et les archives officielles. Si l'on voulait s'adresser au roi ou lire une charte royale, ce n'était pas en anglais, mais dans la langue des conquérants.
Le reste du pays continua de parler le vieil anglais, la langue des Anglo-Saxons. Pour des oreilles modernes, il sonnerait davantage comme de l'allemand que comme n'importe quel dialecte londonien actuel. Imaginez des consonnes dures et peu de voyelles.
Pendant près de 300 ans, l'Angleterre fut divisée en deux par la langue. Le français était la voix de l'autorité, l'anglais celle du peuple. Et les deux se mélangeaient peu au début.
Mais la langue est en perpétuelle évolution.
Petit à petit, les deux langues ont commencé à se mélanger. Des mots français se sont infiltrés dans le parler anglais. Et pas seulement des mots recherchés. Des mots pour la nourriture, le droit, la guerre, l'art et les bonnes manières.
Le vieil anglais n'a pas disparu. Il a évolué. Il s'est adapté. De cette transformation est né le moyen anglais. Ce n'était ni du français, ni du vieil anglais. C'était quelque chose de nouveau. Le genre de langue dans laquelle Chaucer écrivait. Encore un peu rude, mais reconnaissable. Un mélange de puissance et de réalisme quotidien.
Alors, si vous vous êtes déjà demandé pourquoi l'anglais a des mots comme « cow » pour l'animal et « beef » pour la viande, c'est parce que le fermier parlait anglais, tandis que celui qui mangeait parlait français.
Ce choc linguistique n'a pas détruit l'anglais. Il l'a rendu plus robuste. Plus complexe. Et prêt à devenir la langue mondiale qu'il est aujourd'hui.


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