mardi 20 janvier 2026

La stupidité des électeurs est ce qui fait élire Hitler et Trump

Au milieu des années 1940, dans sa cellule de prison nazie, le théologien Dietrich Bonhoeffer était confronté à une question terrifiante : comment l’une des nations les plus instruites et « civilisées » du monde – l’Allemagne – avait-elle pu succomber à la folie collective du national-socialisme ?
Sa conclusion n’était pas que le peuple était « mauvais », mais quelque chose de bien plus dangereux : il était stupide.
Par Religion : Le Bon, la Brute et le Truand
1. La thèse centrale : La stupidité comme défaillance morale
Bonhoeffer soutenait que la stupidité n’est pas un défaut intellectuel, mais un défaut sociologique et moral. Il observait que des personnes peuvent être intellectuellement brillantes (scientifiques, philosophes, ingénieurs) et pourtant « stupides » dans leur incapacité à percevoir la réalité ou la vérité morale.
* Le piège du pouvoir : Bonhoeffer constatait que la stupidité naît du pouvoir. Lorsqu’un mouvement politique ou religieux acquiert un pouvoir immense, il « contamine » la population. Pour appartenir au mouvement, les individus renoncent à leur indépendance intérieure.
* L'effet mannequin : La personne stupide n'est pas un individu ; elle est un réceptacle de slogans. Quand on lui parle, on ne parle pas à une personne, mais à un discours préparé.
* Immunité à la logique : Puisque la stupidité est un « sortilège » social, les faits et la logique sont inutiles. Si un fait contredit le dogme, il est ignoré ou rejeté comme une « exception mineure ».
2. Pourquoi la stupidité est plus dangereuse que le mal
Voici l'intuition la plus mordante de Bonhoeffer. On peut combattre le mal. Le mal est reconnaissable, il crée un malaise intérieur même chez celui qui le commet, et on peut lui résister par la force.
* Autosatisfaction : La personne stupide est totalement satisfaite d'elle-même. Elle se croit vertueuse. Elle ne ressent pas de « mauvaise » conscience et n'a donc aucun contrôle interne sur son comportement.
* L'Attaque : Lorsque les personnes considérées comme stupides sont irritées par des faits contradictoires, elles deviennent instables et dangereuses. Elles sont les « instruments inconscients » que les personnes mal intentionnées utilisent pour accomplir leurs basses besognes.
3. Pertinence en 2026 : La Chambre d'écho numérique
4. La théorie de Bonhoeffer explique le monde moderne avec une précision glaçante, notamment à l'ère des réseaux sociaux et de la polarisation extrême.
4. Le seul remède : la libération, et non l'instruction
Bonhoeffer était sceptique quant à l'efficacité de l'éducation comme solution. On ne peut pas « raisonner » quelqu'un pour le faire sortir d'une position dans laquelle il ne s'est pas enfermé par la raison.
* Libération externe : Il pensait que la libération « interne » (la pensée autonome) ne survient généralement qu'après une libération « externe » (l'effondrement de la structure de pouvoir qui les a rendus stupides).
Responsabilité personnelle : La seule défense réside dans une affirmation farouche et obstinée de sa propre autonomie intellectuelle – le refus de laisser un groupe, un parti ou un « dieu » penser à votre place.
Bonhoeffer fut finalement exécuté par les nazis quelques semaines avant la fin de la guerre. Sa théorie demeure un avertissement : dès l’instant où l’on cesse de remettre en question les slogans de son propre camp, on entre dans le domaine de la « bêtise » – et dans cet état, on est capable de tout.
 « La bêtise est un ennemi plus dangereux du bien que la malice… Face à la bêtise, nous sommes sans défense. Ni les protestations ni le recours à la force n’y changent rien ; la raison reste vaine. »

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