lundi 7 décembre 2009

La notoriété sur le piédestal des œuvres

Deux livres dont Pierre Assouline fait le compte rendu dans son blogue « La République des livres » (ici).
De quoi parlent ces livres ?
Des « auteurs » qui se substituent à leurs « œuvres », comme on le voit dans les « salons du livre » qui s'organisent et se répètent et se répètent (la répétition est volontaire) au quatre coins du monde (et du Québec).
Des « auteurs » qui écrivent des « œuvres » seulement pour être reconnus comme auteurs, pour que l'on parle d'eux.
Pas nécessairement de leurs « œuvres ».
D'eux!
Pour ces « auteurs » les « œuvres » ne sont que des moyens jetables (et effectivement jetés) pour accéder à la notoriété.
Voici une citation de l'un des ces livres: « Le Secret de la renommée » de Gabriel Zaïd (ou en anglais ici):

Dans un monde où n’importe qui parvient à être célèbre au-delà du quart d’heure warholien considéré désormais comme un minimum syndical, les écrivains devraient être tentés de rechercher l’oubli, voire l’effacement ; or on ne les a jamais autant mis en avant. Ce qui pousse Gabriel Zaïd à trancher d’emblée : « Parler des écrivains intéresse plus que les lire » et à insister une page plus loin : « De nos jours, l’auteur vu comme une œuvre est chose commune : c’est un personnage romanesque créé pour le mythe et le marché ».

Vous l'avez constaté comme moi si vous avez mis le pied dans un salon du livre, ce que ceux qui fréquentent ces lieux recherchent ce ne sont pas les livres (lisent-ils ces gens ?), ce sont les auteurs qui dédicacent leurs livres.
Une fois la dédicace obtenue, le livre devient un objet, un bibelot qu'il n'est pas du tout nécessaire de manipuler plus avant : il suffit d'en montrer parfois la dédicace à ses visiteurs et on passe pour un lecteur.
Reste ensuite pour parfaire sa réputation à lire (ou à se faire lire ou à se faire résumer) le second livre dont parle Assouline
dans ce billet, celui de Pierre Bayard qui s'intitule « Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? »
Selon le mot de Wilde, il ne faut pas lire les livres dont on a à parler car on pourrait se laisser influencer (c'est l'une des mes citations favorites).
D'ailleurs c'est peut-être ce que les auteurs désirent : la lecture de leur(s) livre(s) pourrait porter un dur coup à leur réputation d'auteurs.

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