lundi 10 août 2009

L'auteur de la dénaturation actuelle du vin

Voici le coupable sens dessus dessous comme il convient.
Voyez le gras sous sa peau et la bouche ouverte
qui «avalerait le monde» si on le laissait faire.

J'ai enfin appris qui avait apporté la peste au vin depuis les années soixante-dix et quatre-vingt, c'est-à-dire ce goût de sciure de bois (manifestement ajoutée dans les barriques de vieux bois) et ces excès d'alcool (le vin, merveilleux à 12,5 degrés d'alcool, et obligé de plus en plus -même les vins français qui se dénaturent ainsi- à atteindre 13, 5 voire 14,5).
Qui?
Qui d'autres qu'un citoyen du pays des muscles, des seins et autres attributs sexuels gonflés mammouth, des gros hamburgers, des gros hot-dogs, des gros gratte-ciels et, cerise sur le gâteau (vous allez voir, l'expression convient parfaitement), des obèses de tous les sexes et de tous les âges: un citoyen étatsunien, Robert Parker, pour ne pas le nommer, l'équivalent dans le domaine du vin de Madoff dans le domaine des placements immobiliers.
Voyez où, sous prétexte de parler de mots, on parle plutôt d'altération du goût: et pour parler de ce dont je parle on utilise le terme «parkerisé»:

(Ce terme) qualifie «des vins très aromatiques, excessivement concentrés et boisés; caractères dus à une extraction et à un élevage sous bois exagérés». Des vins de bois plus que de vigne en somme; des vins qui nous imposent des boursouflures, une luxuriance exotique ou, pour mieux dire, californienne. Des vins asséchants, aux antipodes de ceux dits «de soif» qui repose (sic) le pèlerin du grand soleil.

Jonathan Nossiter, réalisateur du film Mondovino (pourtant étasunien lui-même mais sans doute à un moindre titre et sûrement moins cupide que la majorité de ses compatriotes) disait ceci:

(...) les jugements définitifs sur les vins, sans parler des notes de Robert Parker, sont parmi les plus grosses conneries de la planète.

Ce cupide -que Mitterand et Chirac ont décoré de l'Ordre national du mérite français (c'est
François Mitterand qui l'a fait, sans doute pour se moquer du Général de Gaulle, le fondateur de cet ordre) et de la Légion d'honneur (chevalier et officier par Jacques Chirac)- a fait pour le vin ce que ses compatriotes ont fait pour la plupart des sciences et des arts qu'on leur a laissé toucher: lui donner ce que Freud et Lacan appelaient «la peste» (mais chacun dans un sens différent et c'est Lacan qui a raison en ce qui concerne la direction de la maladie: toujours des Étatsuniens vers ce qu'ils touchent et non l'inverse, comme le croyait Freud)

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