jeudi 27 août 2009

La Lèvre à deux


Apollinaire Gingras (1847-1935) était un curé horriblement ultramontain, partisan de l'Inquisition, sujet soumis et admiratif de la gracieuse Victoria, reine d'Angleterre, et prédisait la chute irrémédiable des États qui ne se soumettaient pas à l'Église (petit illogisme en ce qui concerne l'Angleterre, n'est-ce pas ?, laquelle, étant hérétique, ne pouvait se soumettre à l'Église romaine et dominait cependant le monde).
Mais certains vers de lui, que l'on peut interpréter comme libidineux (il nous en aurait voulu et aurait énergiquement protesté), le sauvent peut-être.
Comme ceux-ci sur la nouvelle plaque de la « Capitale de la poésie » que je vous présente.
Comme je l'ai déjà écrit quelque part dans ce blogue, le bien peut sortir du mal (comme le mal peut sortir du bien) et les bons vers peuvent parfois être écrits par des gens peu intelligents.
Comme les grands romans peuvent être écrits par des gibiers de potence (pensons à Louis-Ferdinand Céline) et les mauvais par des saints.
Nous en avons ici un exemple chez ce curé typique de l'Église québécoise que sa mère n'avait certainement pas nommé « Apollinaire » par admiration pour Guillaume Apollinaire, celui-ci n'étant pas encore né (il le fit, on le sait, à la suite d'un péché de sa mère et de son père puisqu'il fut un enfant illégitime voire abandonné, ô scandale !) à la naissance du poète-curé.
Je vous présente sa photo car elle est celle d'un type de curé-vedette dont il restait encore quelques exemplaires dans ma jeunesse, vedette c'est-à-dire assez hystérique pour emprunter parfois et avec dilection l'apparence d'une vieille dame, comme certains monsignors et dignitaires ecclésiastiques romains, et comme ici  :

  Il devait avoir les mêmes désirs qu'Aragon après la mort d'Elsa, celui de se faire sodomiser !

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