Date du jour dans le calendrier romain:
(Lundi [jour de la Lune], veille des nones d'avril
[mois de la déesse Vénus]
année 2764 de la fondation de Rome)
Vénusdéesse de l'amour et du mois d'avril
(Toile du Titien : «La Vénus d'Urbino»)
Vénus
Ce qui m'a d'abord attiré dans ce livre c'est son titre, «The Emperor of All Maladies» (excellent résumé en anglais au bout de ce lien, et une vidéo de l'auteur).
En me mettant au lit, je lis toujours au moins quelques lignes.
Pas des lignes d'un roman.
Même «À la recherche du temps perdu», je ne sais pourquoi, m'empêche de glisser doucement vers le sommeil.
Je lis des vers.
Il n'y a pas de suspense dans les vers, du moins dans ceux que je lis.
Ces temps-ci, je lis des vers ou des poèmes en prose de Borges dans les nouvelles «Pléiade» que j'ai reçues à Noël et à mon anniversaire.
La semaine dernière j'ai feuilleté le recueil de «Poésies» d'André Chénier dans la collection Poésie/Gallimard.
Et je suis tombé sur des vers qui m'ont profondément troublé.
C'était «Sur la mort d'un enfant».
Nous avons tous peur de la mort d'un enfant, le comble de l'injustice.
Mais ces vers m'ont rappelé la mort de ma petite sœur Ginette, morte à un an quand j'en avais deux.
Je me souviens d'elle, de quelques-uns de nos jeux pendant sa courte vie, et du jour de sa mort, aussi brusque qu'inattendue.
C'était en 1947, il y a plus de soixante ans.
Sans doute cette mort m'a-t-elle profondément frappé.
Pour des raisons freudiennes que vous savez.
J'ai eu aussi un frère qui est mort le jour de sa naissance, mais il éveille moins d'émotions chez moi car je l'ai à peine aperçu le jour de sa naissance qui a été le jour de sa mort.
C'est de la mort de ma sœur et de ma sœur que le poème de Chénier a ressuscité le souvenir et le chagrin.
Vous voyez là-haut la seule photo qui subsiste d'elle: elle est au bord de l'escalier du 150 rue Saint-Charles à Jonquière. Une sœur de ma mère, tante Gertrude, se tient derrière elle pour éviter une éventuelle chute, pendant que ma mère la photographie, avec moi à son côté.
Ce billet sera son véritable tombeau.
Plus durable que mon cœur peut-être.
Voici le poème:
Dans le calendrier révolutionnaire français, c'est aujourd'hui le jour du hêtre (voyez le billet précédent).
Vénus
Il est si près de chez moi ce « Théâtre Palace d'Arvida » que je viens à l'instant d'aller en prendre quelques photos, dont celle que vous voyez ci-dessus avec l'enseigne et un joli réverbère vert.


C'est la pochette du mini-microsillon (appelé aujourd'hui « vinyle ») de Claude Nougaro que j'ai acquis au début des années soixante-dix.
Un tableau de l'évolution que j'hésite depuis quelques temps à vous présenter.
On pourrait dire que c'est un tableau de l'évolution humaine féminine, laquelle ne prendrait pas son origine dans un ancêtre commun avec le singe comme dans un tableau de l'évolution masculine mais directement de la vache.
Il me semble insultant ce tableau mais moins que celui qui faisait aboutir l'évolution humaine masculine à un cochon.
L'aboutissement de ce tableau est plutôt flatteur pour ... la vache.
Celui qui l'a conçu doit sans doute avoir connu une expérience très éprouvante.
Vénus
Magnifique photo dans le cahier «I» (ce n'est pas le chiffre «1» c'est la lettre «i» majuscule) du journal «La Presse» d'aujourd'hui.
Elle est si immense que je l'ai numérisée à grand-peine.
Je ne vous en présente que la portion centrale, où l'on voit la partie avant multicolore d'un certain nombre d'embarcations que nous appelons «canots« au Québec.
Cette photo me rappelle les photos de gondoles sur le bord du Grand Canal à Venise et on pourrait dire que ces canots sont effectivement, pour le Québec, l'équivalent des gondoles vénitiennes.
On dit qu'«American Apparel», qui publie cette publicité (vous remarquez la parenté étroite entre les mots «publier» et «publicité», comme si on ne pouvait faire ce que désigne le premier sans utiliser ce que désigne le second), on dit, donc, qu'«American Apparel» devra peut-être invoquer la loi de la protection contre les créanciers.
Voyez l'article de «La Presse», ici, et la photo d'écran ci-dessous.
C'est sans doute la raison pour laquelle cette jolie modèle est si court-vêtue, cette possibilité de faillite.
(Oui, oui, je suis un macho qui profite de cette malheureuse nouvelle pour vous présenter cette photo d'une jolie jeune fille à peine vêtue).
Parmi ces dix phrases que je vous encourage à aller lire sur le site de Topito (elles sont ici), il y en a trois que je veux vous présenter pour leur drôlerie ou leur subtilité:
la numéro 2 (c'est une fille qui parle):
On ne dit pas «J’ai douze godemichés dans mon tiroir.» mais «Je ne m’ennuie jamais toute seule.»
La numéro 7:
On ne dit pas «T’as des poils sous les bras» mais «Tu dois être plus moquette que carrelage, non?»
Et surtout la numéro 8, spirituelle en plus d'être subtile (c'est un homme qui parle):
On ne dit pas «Je reviens, je vais aller pisser un coup.» mais «Ma chère, je vous demande pardon de m’absenter un moment, je m’en vais de ce pas tendre la main à un ami intime que j’espère pouvoir vous présenter après le dîner.»
Vénus
Ce sont les portes d'inspiration « Art déco » de l'ancien Couvent des religieuses du Bon-Conseil de Chicoutimi, là où se trouvaient dans les années cinquante et au début des années soixante ce qu'on appelait « L'Institut familial » et (je crois bien) l'« École normale des filles ».
À l'Institut familial on formait les jeunes filles au métier d'épouse et de mère de famille.
Et voici, à l'intérieur, les tuiles de linoléum vert, rouge, orange, jaune, qui recouvrent le plancher du hall de l'auditorium :
De l'auditorium, je vous ai déjà présenté le rouge rideau de scène.
Et voici un zoom sur le motif que vous voyez sur le mur et qui scande les murs de la salle (je me demande s'il n'y a pas une jeu sur les lettres initiales de « Bon-Conseil ») :
Voici le mur de la salle qui est situé du côté de ce qu'on appelle le côté cour de la scène :
Et voici le mur situé « côté jardin » où l'on voit bien l'alternance des motifs et des supports bleus d'une avancée qui surplombe les bords de la salle et où se trouvent les lumières d'un rouge iridescent :
Une vue générale de la salle mais vers l'arrière, vers les escaliers disposés symétriquement qui mènent au balcon et vers le balcon lui-même. On peut mieux voir ainsi la face avant des fauteuils :
Un zoom vers les escaliers symétriques :
Tout ce décor est rarement accessible à ce que je sais, et on ne cherche pas à le présenter et à le faire valoir, hélas, ni à le rendre vraiment utilisable !
Chacun a le droit de choisir son pauvre et le don qu'il lui fait.
C'est une œuvre de Lucio Fontana, le fondateur du «Spatialisme».
Je ne connais pas bien les théories ou les prétentions de ce mouvement dans le domaine de l'art mais qu'importe, l'espace d'interprétation ouvert par cette œuvre me semble vertigineux.
Sexe féminin, blessure, ouverture de la toile (ou du tissu) vers un ailleurs, indice trouvé sur le lieu d'un crime?
Qui sait?
Une œuvre totalement tournée vers le spectateur, vers moi, vers vous.
La modernité même.