mercredi 25 août 2010

Le triomphe de la cupidité

Le titre de ce livre, « Le Triomphe de la cupidité », me plaît beaucoup.
Il peut s'appliquer à la majorité des activités humaines, même les plus saintes (les religions, par exemple, prétendent vouloir apporter le salut -éternel ou temporel- aux humains mais ce qu'elles désirent en réalité c'est cupidement d'embrigader -de convertir, disent-elles- le plus de fidèles possibles afin d'en tirer le plus de pouvoir possible : cupidité !).
Dans ce livre, l'économiste Joseph E. Stiglitz expose le fonctionnement actuel du marché et, par conséquent, pourquoi l'économie ne saurait reposer sur le marché seul.
Il a recours pour illustrer ce fonctionnement à la parabole du concours de beauté (déjà utilisée dans le passé par Keynes, je crois) « où les juges, écrit-il, cherchent à juger non pas le plus beau visage mais celui que les autres [juges] vont juger comme tel ».
C'est ce que cherchent les investisseurs: non pas ce qu'ils jugent digne d'investissements mais ce que les autres vont juger digne d'investissements.
C'est le fonctionnement des moutons de Panurge, c'est le fonctionnement « moutonnier » (c'est le terme de Stiglitz) du marché.
Seule l'intervention de l'État peut éviter le suicide économique (la crise) et relancer le marché.


Joseph Stiglitz démontre qu’un bon État providence permet, comme en Suède, une plus grande innovation car la prise de risque est finalement encouragée par le filet de protection étatique. Il souligne également que l’État devra continuer à agir, pour l’assurance maladie (le privé tentera toujours de s’exonérer de certains malades *) ou pour s’assurer que le niveau des salaires reste juste (après tout, le marché peut s’équilibrer avec un salaire minimum trop bas), bref, pour que les marchés restent humains.  

* En ne prenant pas en charge le coût de certains médicaments n'est-ce pas ce que fait l'assurance-maladie d'État?

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