dimanche 5 juin 2011

Un tombeau qui donne sa forme à l'histoire de Chine

C'est la façade du Pavillon Jean-Noël Desmarais du Musée des beaux-arts de Montréal avec l'affiche de l'exposition qui constituait la principale raison de notre récent séjour à Montréal.
Voici de plus près l'une des affiches de cette exposition:

Je ne vous parlerai pas de l'exposition qui est bien faite et instructive (avec des artéfacts admirables) mais de ce que j'y ai saisi.
Voici ce que j'y ai saisi:
Ce tombeau du premier empereur a enfermé pour toujours la Chine en lui-même, dans ce tombeau qu'elle est toujours, et encore davantage depuis que les communistes y ont pris le pouvoir.
Ces soldats, domestiques, acrobates, chevaux de terre cuite, tous rangés autour d'un maître dictatorial momifié* -appelé autrefois « Empereur » et aujourd'hui « Parti »- qui veille jalousement et férocement sur leur immobilité totale et sur leur asservissement constant, sont une hallucinante représentation de la Chine actuelle et de la Chine historique.
En inaugurant l'histoire de la Chine par la construction de son tombeau, Qin Shi Huangdi (秦始皇帝), ce premier empereur, a enfermé la Chine -et les Chinois- dans un destin qui a la forme de ce tombeau et dont elle ne s'évadera sans doute jamais tant qu'elle restera unifiée selon les desseins du premier empereur et de ses successeurs jusqu'à nos jours.
Et c'est dans ce tombeau qu'elle cherche à enfermer de proche en proche toute la Terre selon la logique même de Qin Shi Huangdi (秦始皇帝).

* Comme Mao sur la Place Tian'anmen.

P.S. Denise Pelletier parle de cette exposition ici dans son blogue.

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