lundi 4 février 2008

Tutoyer systématiquement est un anglicisme

La langue anglaise aujourd'hui n'a plus qu'une manière de permettre à une personne de s'adresser à une autre personne: le « you », qui se trouve être l'équivalent du « tu » malgré le fait qu'il corresponde au « vous » car il commande le verbe au pluriel (« you are », disent les anglophones en s'adressant à une seule personne). Le pronom jadis utilisé pour tutoyer -« thou »-, qu'on voit chez Shakespeare et dans la King James Bible, a été abandonné et ne s'emploie, quand il s'emploie, que pour Dieu. 
Dieu est la seule personne qu'on peut encore tutoyer en anglais, ce qui est paradoxal pour une entité qui, selon les Chrétiens, est composée d'une Trinité de personnes (excusez l'ironie !).
Pour le tout-venant, la langue anglaise a abandonné le tutoiement.
En français (surtout au Québec il faut le dire), depuis les années soixante, les hippies et les baby boomers, on veut aussi abandonner une des manières de s'adresser à une seule personne, le « vous » de politesse, et à ne conserver que le « tu », le « tu » copain-copain, le « tu » tout-le-monde-est-mon-ami
, ce qui équivaut à faire comme l'anglais et à renoncer à d'infinies nuances : c'est ce que j'appelle un anglicisme, un anglicisme de simplification, même si on n'abandonne pas le singulier, comme en anglais, mais le pluriel.

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