mercredi 27 mai 2026

La princesse Palatine, la mère du Régent

Éduquée par Leibniz, cousine germaine de Guillaume d'Orange, elle grandit avec la future mère de George Ier d'Angleterre pour tante, et fut envoyée à dix-neuf ans à Versailles pour épouser un homme totalement indifférent aux femmes. Louis XIV avait besoin d'une princesse protestante pour assurer une descendance à son frère et masquer sa position diplomatique. Liselotte von der Pfalz n'avait besoin de l'autorisation de personne et passa les cinquante années suivantes à le faire savoir sans ambages.
Elle détestait la vie de cour, l'écrivit, et continua pourtant à s'y rendre. Les forêts d'Allemagne lui manquaient, elle abhorrait Madame de Maintenon, méprisait les affectations de Versailles, et consigna tout cela dans des milliers de lettres adressées à des proches à travers l'Europe, en allemand, d'une voix si franche et si vivante que les historiens les exploitent depuis lors. Elle décrivait les maîtresses du roi, les intrigues de la cour, la nourriture, les odeurs, la mode et les funérailles avec la même précision implacable. Louis XIV utilisa ses droits héréditaires sur le Palatinat comme prétexte à la guerre de Neuf Ans, qui ravagea sa patrie et fit des milliers de victimes. Elle ne lui pardonna jamais. Elle continua d'écrire.
À sa mort en 1722, un chroniqueur parisien écrivit que toute l'Europe était en deuil. Son fils était régent de France. Sa petite-fille, par sa fille, était Marie-Antoinette. Ses lettres constituent l'un des témoignages les plus précieux de la cour de Louis XIV.
Née un jour comme aujourd'hui en 1652, Élisabeth Charlotte, Madame Palatine, passa cinquante ans à la cour la plus prestigieuse d'Europe, sans jamais feindre de l'apprécier.

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