dimanche 10 mai 2026

Pour empêcher le système immunitaire de s’attaquer à l’organisme qui l’abrite

Le prix Nobel a été décerné à des scientifiques ayant découvert un moyen d'empêcher le système immunitaire de s'attaquer à l'organisme.
Le système immunitaire est conçu pour détruire les menaces telles que les virus et les bactéries. Mais cette puissance comporte un risque : s'il n'est pas contrôlé, il peut attaquer par erreur des organes sains, entraînant des maladies auto-immunes.
Le système qui empêche cela est appelé tolérance immunitaire périphérique.
Le prix Nobel de physiologie ou médecine 2025 a été attribué à Shimon Sakaguchi, Mary E. Brunkow et Fred Ramsdell pour avoir découvert le fonctionnement de ce système de contrôle.
Dans les années 1990, Sakaguchi a découvert un groupe particulier de cellules immunitaires appelées lymphocytes T régulateurs. Contrairement aux autres cellules immunitaires qui attaquent les menaces, celles-ci agissent comme des « freins », empêchant le système immunitaire de s'emballer.
Quelques années plus tard, Brunkow et Ramsdell ont identifié le gène qui contrôle ces cellules – FOXP3 – après avoir étudié une maladie auto-immune rare et grave. Lorsque ce gène est endommagé, le système immunitaire perd le contrôle et s'attaque aux propres tissus de l'organisme.
Ensemble, ces découvertes ont révélé un mécanisme de régulation immunitaire insoupçonné : un système intégré qui empêche nos défenses de se retourner contre nous.
Aujourd'hui, les scientifiques utilisent ces connaissances pour développer de nouveaux traitements. En stimulant les lymphocytes T régulateurs, ils pourraient traiter les maladies auto-immunes et prévenir le rejet de greffe. En cancérologie, les chercheurs explorent l'approche inverse : réduire le nombre de ces cellules afin d'aider le système immunitaire à mieux attaquer les tumeurs.

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