jeudi 24 novembre 2011

È morta la Musica?

Cette dame, Montserrat Figueras,qui chante le rôle de la « Musica », dans l'opéra « L'Orfeo » de Monteverdi, l'un des premiers opéras (1607) et l'un de mes préférés depuis longtemps, est morte hier.
Évènement malheureux mais qui me donne l'occasion d'entendre et de vous faire entendre une aria de cet opéra interprétée par elle, avec un orchestre sous la direction de son mari Jordi Saval, à l'Opéra du Liceu sur La Rambla à Barcelone dont la saison n'était pas commencée lors de notre séjour dans cette ville merveilleuse.
Voici donc «‪ Dal mi Permesso‬ », la première aria de l'opéra suivie des paroles italiennes et de leur traduction française (vous m'excuserez de vous les présenter sous format « image », moins lisible, mais je suis pressé maintenant, dès ce soir vous les aurez sous format «texte»).
« Ne te demande jamais pour qui sonne le glas, dis-toi toujours que c'est pour toi ! » (John Donne)


Format «texte»

Ritornello

LA MUSICA

Dal mio Permesso amato a voi ne vegno,
Incliti eroi, sangue gentil de’ regi,
Di cui narra la fama eccelsi pregi,
Né giunge al ver, perch’è tropp’alto il segno.

Io la Musica son, ch’ai dolci accenti
So far tranquillo agni turbato core,
Et or di nobil ira et or d’amore
Poss’infiammar le più gelate menti.

Io su cetera d’or cantando soglio
Mortal orecchio lusingar talora;
E in questa guisa all’armonia sonora
Della lira del ciel più l’alme invoglio.

Quinci a dirvi d’Orfeo desio mi sprona,
D’Orfeo che trasse Al suo cantar le fere,
E servo fé l’Inferno a sue preghiere,
Gloria immortal di Pindo e d’Elicona.

Or mentre i canti alterno, or lieti or mesti,
Non si mova augellin fra queste piante,
Né s’oda in queste rive onda sonante,
Et ogni auretta in suo cammin s’arresti.


Traduction:


Format «texte:

Ritournelle

LA MUSIQUE

Des rives de mon bien aimé Permesse, je viens à vous
Illustres héros, noble lignée de rois,
Dont la renommée conte les sublimes vertus
Sans atteindre à la vérité tant elles sont élevées.

Je suis la Musique, et par mes doux accents
Je sais apaiser les cœurs tourmentés,
Et enflammer d’amour ou de noble courroux
Même les esprits les plus froids.

M’accompagnant d’une cithare d’or, j’ai coutume
D’enchanter l’oreille des mortels;
Et, à m’entendre, leur âme aspire
Aux sons harmonieux de la lyre du ciel.

C’est le désir de vous parler d’Orphée qui m’a

[conduite ici,
Orphée qui de son chant apprivoisait les bêtes féroces
Et fit céder l’Enfer à ses prières,
Orphée, gloire immortelle du Pinde et de l’Hélicon.

Et tandis que je fais alterner chants tristes et gais,
Que nul oiseau ne bouge dans ces arbres,
Que tous les flots sur ces rives se taisent,
Et que la moindre brise en sa course s’arrête.

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