mardi 5 mai 2009

Pour qu'une religion ne soit pas synonyme d'intolérance


Longtemps j'ai répondu par l'affirmative à cette question que pose, dans Le Monde, Nicolas Weill en rendant compte du livre « Violence et monothéisme* » de Jan Assmann:

[...] n'y aurait-il pas dans le code génétique du monothéisme une graine de violence, qui entraînerait la transformation inéluctable d'un message d'amour et de fraternité en discours de haine et d'intolérance?


Monothéisme, c'est-à-dire essentiellement judaïsme, christianisme et islam à l'exclusion du bouddhisme qui est soit, dans sa forme pure, un athéisme, soit, dans ses formes dérivées, un monothéisme ou un polythéisme.

Dans son livre Jan Assmann répond pour sa part que c'est quand une religion quelconque a des ambitions politiques, c'est-à-dire quand elle se mêle de pouvoir et qu'elle cherche à s'imposer exclusivement, c'est-à-dire quand elle ne « rend pas à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » selon les paroles prêtées à Jésus-Christ, qu'elle devient un discours de haine et d'intolérance.
Pour ma part je dirais que dès qu'une religion est structurée comme un état (christianisme catholique) ou structure un état (christianisme orthodoxe, souvent christianisme protestant, et surtout islam et judaïsme), elle est nécessairement discours de haine et d'intolérance même si elle se prétend fondée sur l'amour et la fraternité.
Et quand une religion est minoritaire ou soumise à la loi démocratique (je souligne démocratique) d'un état dont elle reconnaît la prééminence politique sur elle, alors son discours est nécessairement celui qu'il doit être.
Mais une fraternité sans Dieu arriverait peut-être plus sûrement au même résultat car il n'y aurait aucune structure où quelqu'un pourrait penser un jour imposer aux autres d'obéir « perinde ac cadaver » à une loi ou à des commandements ou à un droit canon ou à une charia.



*L'article n'est dorénavant accessible que pour les abonnés sur le site du Monde.

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