Un destin lié au numérique et à la géopolitique
La langue de Voltaire occupe la deuxième place au niveau de l'apprentissage, avec plus de 170 millions de francophiles répartis sur les cinq continents.
Le monde compte 396 millions francophones, dont "près de 65%" sur le continent africain, souligne le dernier rapport sur la langue française
Au nombre des atouts de cette langue mondiale, "une forte légitimité dans la diplomatie, le droit international, les relations culturelles et dans certains espaces scientifiques et académiques". Elle puise également sa force "dans la littérature, la philosophie, les arts, la gastronomie, la mode et le cinéma d’auteur".
Le français peut également se targuer d'être "la deuxième langue la plus apprise sur les cinq continents". En 2024, plus de 170 millions d’élèves dans 36 pays "ont reçu un enseignement en français ou ont appris le français en milieu institutionnel".
Elle est également "la troisième langue de l’économie et des affaires".
Cependant, "sa position se fragilise dans les sciences exactes, les nouvelles technologies et l’enseignement supérieur à cause de l’hégémonie de l’anglais".
Cette dernière reste la langue dominante sur la toile, avec "environ 20%" des contenus contre quelque 3,5% pour le français.
C'est autant pour l'arabe, le hindi, le portugais et le russe avec lesquels la langue de Molière partage la quatrième place dans le classement des contenus sur Internet.
Ainsi, "si l’on établit un palmarès complet des langues dans Wikimédia [à l'origine de l'encyclopédie Wikipédia]", l’anglais est "en première position, avec en moyenne 23% des entrées, l’allemand en deuxième position avec 10%, et le français en troisième place avec 8%, devant l’italien (5 %), l’hébreu (4%), le polonais et le russe (3 %)".
Plus globalement, pointe le rapport de la Francophonie, si la langue de Shakespeare continue de damer le pion au français, cela tient d'abord au fait que "les débats sur l’usage des connaissances fiables dans l’élaboration des politiques publiques se déroulent principalement en anglais", notamment dans des revues comme Evidence & Policy ou Science Communication.
En 2050, le français devrait être utilisé "par 590 millions de personnes, dont 9 sur 10 vivront en Afrique", rappelle la secrétaire générale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo. À cet horizon, prédit la dernière édition de La Langue française dans le monde (2023-2026), le destin de la langue de Voltaire"ne se lira plus depuis Paris, mais se concevra plutôt à Abidjan, Beyrouth, Bruxelles, Dakar, Kinshasa, Montréal, Port-au-Prince, Tunis ou Yaoundé".
Le français sera alors "une langue plurielle dont l’avenir se jouera dans sa capacité d’adaptation aux nouvelles réalités numériques et géopolitiques".


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