mardi 24 janvier 2012

Contre la fin du rêve

Le Musée Guggenheim de New York a récemment consacré une rétrospective à l'artiste italien Maurizio Cattelan.
Ce John Kennedy dans sa tombe, par lequel le sculpteur veut représenter (avec raison, selon moi) la fin de l'«American Dream» a beaucoup frappé les visiteurs new-yorkais (à ce qu'on rapporte dans les comptes rendus de l'exposition).
Peut-être ceux-ci ont-ils pris conscience que, depuis l'époque de Kennedy, où chacun pensait aux autres avant ou pendant qu'il pensait à soi afin que chacun ait une chance de réaliser son rêve, le pouvoir est passé entre les mains de ceux (essentiellement les membres du Parti républicain ou les Démocrates contaminés par eux -je pense à Clinton notamment, mais pas seulement) qui préconisaient (et préconisent) plutôt la concentration de la richesse entre les mains de quelques-uns.
C'est le processus même qui s'est passé en France au 18e siècle, avant la Révolution, où les nantis refusaient de partager privilèges et titres avec les classes bourgeoises montantes, provoquant ainsi les violences et la terreur révolutionnaires.
Peut-être les visiteurs new-yorkais ont-ils vraiment pris conscience de ce processus en cours aux États-Unis et ont-ils commencé à réfléchir aux moyens de le contrer avant qu'il ne soit trop tard pour leur pays.
Auront-ils les moyens de le contrer devant l'opposition des intégristes chrétiens et autres profiteurs?
L'œuvre de Cattelan que j'aurais, quant à moi, désiré voir ce serait celle que vous voyez ci-dessous, intitulée la «Nona Ora» où l'on voit Jean-Paul II écrasé (avec raison selon moi) par une météorite.
Jean-Paul II, l'ami de Pinochet à qui il a donné la communion sans exiger de lui qu'il cesse ses meurtres et ses massacres (il l'aurait donné à Franco, Mussolini ou à n'importe quel dictateur qui se serait prétendu catholique, quels qu'aient été ses crimes).


Semblables comportements -condamnables et d'une extrême gravité- existent dans toutes les organisations, -gouvernements, sociétés financières, communautés religieuses, ordres militaires, universités, collèges: on pardonne leurs crimes aux membres de l'organisation, même si ces crimes vont à l'encontre de la mission déclarée de celle-ci, pourvu que les criminels et les délinquants fassent corps avec les autres membres de l'organisation et obéissent à ses règles perinde ac cadaver (comme des cadavres) en oubliant leur devoir d'honnêteté et leur esprit critique.
Ce ne sont pas ceux qui dissimulent les crimes ou les commettent qui sont coupables, pour ces organisations, mais ceux qui les dénoncent.
On a vu ce type d'agissements dans les partis totalitaires, nazis et communistes, qui imitaient le comportement bi-millénaire de l'Église catholique, on le voit dans la mafia (même modèle catholique), mais il existe aussi, de manière cachée, protégé par la loi du silence, dans une organisation près de chez vous, voire dans celle à laquelle vous appartenez (littéralement), dont les membres prétendent travailler pour le bien de la communauté sinon de l'humanité*.
Et tentent de vous bâillonner pour continuer à profiter tranquillement du crime.
Alors qu'aux auteurs de crimes ou à leurs complices, on distribue des médailles d'honneur, on attribue des titres honoraires et/ou honorifiques: on les transforme en saints et en héros, comme on l'a toujours fait dans l'Église romaine où on appelle cela (entre autres) «béatification» et «canonisation».

* J'ai été témoin, avant Noël, de la bouderie à laquelle est réduit, comme ses collègues, le chef d'une de ces organisations locales, ainsi que de celle, quelque temps auparavant, d'un ou deux de ses sbires ou complices (c'est ainsi que je dois les appeler et non «collaborateurs» ou «adjoints» comme ils pensent l'être).
Bouderie
car ces petits chefs ne peuvent plus, comme Louis XIV ou Staline ou Hitler, faire éclater leur colère en ordonnant l'exécution immédiate de ceux qui leur ont déplu, ou leur relégation au goulag ou leur gazage dans un camp de concentration.
J'ai aimé voir sur le visage d'un petit chef provincial les lèvres pincées qui auraient été meurtrières sur le visage de ses inconscients, grands et méprisables modèles dictatoriaux, royaux ou ecclésiastiques.
Pour tout dire, l'impression que je ressentais c'était de voir dans une cage, sous le masque de ce petit chef, l'un ou l'autre des cruels dictateurs de l'histoire.
Enfermé enfin dans la cage de la loi.


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