dimanche 20 novembre 2011

La ville où les Grecs se prenaient pour des Romains

C'est l'arrivée à Istanbul en paquebot par la mer de Marmara, l'antique Propontide.
Ce n'est pas du tout comme l'arrivée à Constantinople au 10e siècle.
Il y a encore Sainte-Sophie, maintenant flanquée de quatre minarets, mais plus de Grand palais, plus d'Hippodrome.
Il y a le palais de Topkapi au centre, devant Sainte-Sophie, et, à gauche, la Mosquée bleue avec ses six minarets (ce qui a forcé l'ajout d'un septième minaret à la Grande Mosquée de la Mecque).
Mais de la mer, alors que le paquebot avance doucement vers la ville, parmi l'essaim vrombissant des petites barques, on croit voir Constantinople restaurée dans sa gloire millénaire, la ville où les Grecs se prenaient pour des Romains.
La ville à la chute fracassante et « invengée ».

P.S. J'ai hésité longuement (jusqu'à présent, il est 23h45) avant de vous le confier mais, à ma grande honte, j'avais peine à retenir mes larmes en voyant s'avancer vers moi le rivage de Constantinople, jadis Byzance.
Et plus encore quand nous avons aperçu le Bosphore.
Peut-être quelques-unes se sont-elles malgré moi échappées.
Je pensais aux héros des légendes (les Argonautes, Jason et ses compagnons à la recherche de la Toison d'or, et à Médée) et aux yeux des personnages réels qui ont vu ce rivage avant moi (Hadrien, le doge Dandolo qui est inhumé à Sainte-Sophie sous une pauvre pierre, à Théodora, à Justinien, à Julien l'Apostat, à d'autres encore).
Je pensais à toutes les œuvres grecques et latines perdues lors de l'irréparable chute de 1453.
Je pensais que tout était vanité.

Vanitas vanitatum et omnia vanitas.

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