jeudi 29 avril 2010

Un humain de substitution

C'est moins l'article que coiffe ce titre qui est intéressant (l'article est ici) que le titre lui-même, qui souligne le rôle indispensable que jouent les animaux à l'égard des humains (je parle des animaux domestiques, pas de ceux qu'on consomme) et quel rôle nous ne jouons pas nous, humains, à l'égard des autres humains.
Les animaux ont une capacité d'amour (c'est le mot qu'il convient, je crois, d'utiliser), une capacité d'intérêt à l'égard de ceux qu'ils aiment, que nous sommes en général incapables d'égaler, excepté peut-être, un bref espace de temps, au début d'un amour.
Les animaux nous servent d'humains de substitution.
Parce que les humains en manque de relations humaines sont très souvent obligés de faire jouer par d'autres êtres un rôle que nous ne pouvons pas jouer ou jouer longtemps,
À moins d'être payés, comme les psychothérapeutes, les assistants sociaux, parfois les curés, quand ils ne pensent pas à autre chose en nous regardant, ou les médecins quand ils ont le temps, et encore...
Cette notion d'«écoute flottante *» inventée par Sigmund Freud permet en effet à tout «écoutant» de nous laisser parler sans vraiment nous écouter (en prétendant écouter autre chose derrière nos paroles).
Et dans cette perspective, tout «écoutant» n'est efficace qu'en autant qu'il donne l'impression d'agir comme un animal domestique.
La plupart des humains, même payés pour le faire, n'y arrivent même pas.
À quoi servent les humains -quand ils ne sont qu'humains- pour les humains?


Écoute flottante: mode d'écoute du psychanalyste adapté à l'association libre et qui consiste à ne rien privilégier par avance de ce que dit l'analysant, de façon à laisser ce qui est important se dégager de l'enchaînement des mots et des idées, sans l'intervention intempestive du clinicien» (Je prends cette définition ici mais la mise en page est telle que je préfère vous la présenter en note plutôt que de vous y renvoyer).

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