lundi 23 février 2026

Température du jour à Arvida (23 février 2026)


 

Le coût de la mauvaise réputation


Le coût de la mauvaise réputation
La scène se passe dans un café de Milan. Deux hommes abordent un client à la table d’à côté.
— Êtes-vous américain ?
— Non, je suis canadien, répond l’homme. Pourquoi ?
— On n’aime pas beaucoup les Américains de ce temps-ci.
Ce n’était pas dit sur un ton agressif. Mais je me demande quelle aurait été la suite de la conversation s’il s’était agi d’un Américain. Peut-être y avait-il une sous-question, comme : avez-vous voté pour Trump ?
Je ne me souviens pas de Jeux olympiques où autant d’athlètes se sont presque excusés de porter le drapeau de leur pays. Ou de donner l’impression d’appuyer leur président.
Le skieur acrobatique Hunter Hess, en conférence de presse officielle de l’équipe des États-Unis, a dit qu’il éprouvait des « sentiments mêlés » à porter la bannière étoilée. « Je trouve ça un peu difficile », a-t-il dit. « Ce n’est pas parce que je porte le drapeau que je soutiens tout ce qui se passe dans mon pays. »
Sans surprise, Donald Trump a dénoncé l’athlète, et ceux qui ont émis des critiques à l’encontre de son administration – à cause de l’ICE, des politiques anti-LGBTQ, ou pour l’ensemble de l’œuvre. Et bien sûr, une avalanche de haine s’est abattue sur ces athlètes.
Le vice-président J.D. Vance était présent à la cérémonie d’ouverture à Milan.
PHOTO ANDREAS RENTZ, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Le fait est que le monde entier a pu voir les athlètes américains se faire applaudir à la cérémonie d’ouverture… et le vice-président J.D. Vance se faire huer immédiatement après.
Ce que les athlètes ont ressenti, c’est ce que ressentent les Américains partout dans le monde depuis le retour de Donald Trump : une chute vertigineuse de la réputation de leur pays.
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La réputation est une chose immatérielle, difficilement objectivable, me direz-vous.
Pas tant que ça.
Depuis quelques années, une société de conseil a fondé ce qu’elle appelle le « Reputation Lab ». Elle mesure chaque année la réputation des 60 pays les plus riches, au moyen, dit-elle, de 62 000 entrevues.
La dernière édition vient d’être publiée. La consultation a eu lieu en mars et en avril 2025. Des points sont attribués à chaque pays selon une série de critères.
Un seul pays a connu une variation marquée : les États-Unis. Alors que les autres pays ne bougent que d’une fraction de points, les États-Unis ont perdu plus de six points. Résultat : ils sont passés du 30e au 48e rang.
La réputation globale des États-Unis s’est dégradée dans tous les pays… sauf en Russie, où elle s’est améliorée sous Donald Trump.
Pendant ce temps, les pays « habituels » arrivent en tête : la Suisse et le Canada occupent la première place, suivis, dans l’ordre, de la Norvège, de la Suède, de la Finlande, du Danemark, de la Nouvelle-Zélande et du Japon.
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On pourra sûrement contester la méthodologie et le classement. Une chose est certaine cependant : le monde entier aime beaucoup moins les États-Unis depuis un an, et la seule variable de l’équation s’appelle Donald Trump. Rien ne permet de penser que ce soit mieux depuis avril 2025.
Pour Donald Trump et son administration, ça n’a aucune importance. Vu la position dominante des États-Unis dans le commerce mondial, dans l’équilibre géopolitique et militaire de la planète, qu’ils soient aimés ou détestés ne change rien. Pour Donald Trump, la crainte que ses politiques inspire est aussi efficace, plus en fait, que la séduction et le soft power.
À long terme, c’est à voir. À court terme, la perception négative entraîne déjà des coûts. Les pays qui ont une mauvaise réputation sont moins visités. Déjà, la baisse du tourisme international aux États-Unis se chiffre en milliards.
Historiquement aussi, les variations de réputation mesurées par l’organisme se traduisent par des mouvements, non seulement dans le tourisme, mais aussi dans l’investissement étranger.
La stratégie de la Maison-Blanche consiste à contraindre l’investissement étranger avec des droits de douane. Mais c’est faire fi de l’effet adverse à long terme sur les relations commerciales. Les pays où la réputation des États-Unis a le plus pâti sont ses principaux alliés du G7, en premier lieu le Canada et le Royaume-Uni.
Le risque réputationnel américain a un coût réel, encore largement invisible, mais qu’on commence à mesurer sur les obligations.
J’ajouterais que d’être associé à cette administration a maintenant un coût pour les partis politiques dans le monde, ici comme ailleurs. Être perçu comme un Trump léger a plombé Pierre Poilievre. Il n’est pas le seul.
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Le pari de Donald Trump est que « le reste du monde » n’a pas le choix que de plier face à l’intimidation. On ne peut pas ignorer les États-Unis.
Mais ce n’est pas totalement le cas. Il a beau être la première puissance mondiale, à partir du moment où il est considéré comme non fiable, le pays force le reste du monde à s’organiser, à le contourner, et à développer d’autres alliances.
Exactement ce qu’a dit Mark Carney à Davos, et qui résonne encore partout dans le monde. Il ne se passe pas une journée sans que ses propos ne soient cités.
Le « reste du monde » n’est pas impuissant. Et il y a un coût réel, durable, à l’hostilité déclenchée délibérément.

L’identité est une forme de pouvoir (Henry Louis Gates Jr.)

Henry Louis Gates Jr. avait neuf ans à Piedmont, en Virginie-Occidentale, lorsqu’un médecin remit mal sa jambe cassée et dit à sa mère de ne pas s’inquiéter, parce que « les garçons noirs n’avaient pas besoin d’os parfaits ». Elle le fit sortir de l’hôpital avec la colère dans les yeux, et ce jour-là, Gates décida qu’il consacrerait sa vie à prouver à quel point cet homme avait tort.
Gates grandit dans une ville minière où les histoires avaient le poids d’un héritage.
Les voisins connaissaient chaque lignée familiale.
Les anciens de l’église portaient des souvenirs remontant sur plusieurs générations.
Gates écoutait tout cela, car il comprenait instinctivement que l’identité était une forme de pouvoir — et que l’histoire avait été utilisée pour refuser ce pouvoir à ceux qui lui ressemblaient.
À Yale, il étudia la littérature avec une intensité qui surprit ses professeurs.
Il contestait les programmes qui effaçaient les écrivains noirs.
Il demandait pourquoi des traditions intellectuelles entières étaient absentes du canon.
Il refusait d’accepter que la culture noire soit une simple note de bas de page académique.
Lorsqu’il obtint une bourse de la Ford Foundation pour étudier en Afrique, il parcourut les archives de Sierra Leone et du Ghana, collectant des fragments d’histoire que d’autres avaient ignorés.
Ses recherches devinrent une force.
À Harvard, il transforma le département d’études africaines et afro-américaines en une référence nationale.
Il recruta des chercheurs marginalisés par le monde universitaire dominant.
Il redonna vie à des textes oubliés.
Il écrivait avec une clarté qui rendait accessibles des idées complexes sans en diluer la sophistication.
Puis il se tourna vers la télévision.
Il croyait que les Américains repenseraient la question raciale s’ils voyaient l’ascendance non comme une politique, mais comme une révélation personnelle.
Il créa Finding Your Roots, retraçant les lignées familiales de célébrités, d’athlètes, de journalistes, d’activistes et de figures politiques.
Les téléspectateurs virent des personnalités publiques bouleversées face à des vérités inattendues :
un soldat confédéré dans une famille,
un ancêtre réduit en esclavage dans une autre.
Gates utilisa la généalogie pour déconstruire les idées reçues et construire une empathie que les conférences seules n’auraient jamais pu susciter.
L’émission devint un pont culturel.
Elle devint aussi un point de controverse.
Chaque fois que les tensions politiques montaient dans le pays, Gates se retrouvait au cœur des critiques venant de tous côtés.
Il continua, convaincu que les archives contenaient des réponses plus fortes que les arguments.
En 2009, il fut au centre de l’attention nationale après un incident devant sa maison de Cambridge, lorsqu’un policier l’arrêta en le prenant pour un cambrioleur.
Gates déclara que cela rappelait que le prestige ne protégeait personne des réalités raciales en Amérique.
Le président Obama invita ensuite Gates et l’officier à la Maison-Blanche pour le célèbre « Beer Summit ».
Gates dira plus tard que ce moment montrait à quel point l’identité pouvait être facilement mal comprise, déformée ou instrumentalisée.
Derrière la figure publique se cache un homme qui aime les notes de bas de page, les premières éditions et le frisson de découvrir un document que personne n’a touché depuis un siècle.
Il mentor ses étudiants avec patience.
Il travaille malgré la douleur laissée par la blessure de son enfance, jamais totalement guérie.
Il croit que la curiosité est un chemin vers la dignité.
Henry Louis Gates Jr. a construit sa vie autour de la récupération de ce que l’histoire avait tenté d’enterrer.
Il a transformé la poussière des archives en révélations — et chaque histoire qu’il met au jour rappelle au monde que l’identité n’est ni une supposition ni un stéréotype.
C’est une vérité qui attend dans les archives, prête à être découverte.

Les Mémoires d’Hadrien

Le 8 juin 1903, à Bruxelles, une enfant naquit dans le privilège et la perte immédiate. Dix jours plus tard, sa mère, Fernande de Crayencour, décédait des suites de son accouchement. La petite Marguerite grandit sans aucun souvenir de celle qui lui avait donné la vie. Cette absence marqua sa vie discrètement mais à jamais.
Élevée par son père, Michel de Crayencour, dans le nord de la France, elle reçut une éducation à domicile rigoureuse et peu conventionnelle. Dès l'âge de douze ans, elle lisait le latin et le grec ancien. La littérature classique n'était pas pour elle une simple matière d'étude ; elle devint une présence vivante. Le monde antique lui semblait plus proche que le monde moderne.
En 1924, à vingt et un ans, elle visita les ruines de la villa d'Hadrien à Tivoli, près de Rome. En parcourant les vestiges de ce vaste domaine impérial, elle commença à imaginer la vie intérieure de l'empereur romain Hadrien. Non pas la statue ni le souverain, mais l'homme à l'approche de la mort. Elle entreprit alors de rédiger une lettre, de sa propre voix, adressée à son successeur adoptif, Marc Aurèle.
« Cher Marcus… »
Le projet n’aboutit pas. Elle écrivit des fragments, puis les mit de côté. Les pages furent rangées dans une valise et oubliées, au fil du temps.
Puis l’histoire s’en mêla.
Lorsque les forces nazies déferlèrent sur l’Europe en 1939, Yourcenar, déjà écrivaine reconnue, s’enfuit aux États-Unis avec sa compagne, Grace Frick. Elle laissa derrière elle sa maison, ses manuscrits et la plupart de ses biens. En Amérique, elle reconstruisit sa vie discrètement, enseignant la littérature et l’histoire de l’art pour subvenir à ses besoins. L’Europe était en guerre. Des amis disparurent. Le monde qu’elle avait connu s’était effondré.
Près de dix ans plus tard, en décembre 1948, une valise arriva de Suisse. Des amis l’avaient mise en lieu sûr avant la guerre et avaient enfin réussi à l’envoyer. À l’intérieur se trouvaient d’anciens brouillons, des photographies et, parmi eux, un manuscrit.
C’était la lettre à Marcus.
En la relisant après plus de vingt ans, quelque chose changea. Elle comprit alors la voix qu’elle avait jadis tenté de saisir. Les années d'exil, de guerre et de deuil lui avaient inculqué une conscience plus profonde de sa mortalité et une plus grande force d'endurance. Les fragments n'étaient plus des ébauches, mais des fondations.
Pendant trois ans, elle travailla avec une rigueur et une intensité exemplaires. Elle étudia les sources historiques, les inscriptions, la philosophie romaine et les pratiques médicales du IIe siècle. Mais la force du livre ne résiderait pas uniquement dans les détails historiques. Elle résiderait dans la voix d'Hadrien méditant sur le pouvoir, l'amour, le deuil et les limites de l'empire.
En 1951, elle publia les Mémoires d'Hadrien. Le roman fut immédiatement reconnu comme exceptionnel. Écrit sous forme d'une longue lettre d'Hadrien à Marc Aurèle, il présentait l'empereur comme un homme mûr et réfléchi, confronté à la maladie et au sens de sa vie. Il n'était ni romancé ni distant, mais intime et sans pathos.
Le livre connut un succès international et demeure l'un des romans historiques les plus respectés du XXe siècle.
Des décennies plus tard, en 1980, Yourcenar franchit une nouvelle étape historique en devenant la première femme élue à l'Académie française, institution fondée en 1635 qui avait exclu les femmes pendant plus de trois siècles. Son élection ne fut pas le fruit de l'activisme ou d'une revendication, mais du poids indéniable de son œuvre.
Elle mourut en 1987 dans le Maine, loin de Bruxelles, sa ville natale, et de la France qu'elle avait jadis fuie.
La survie de cette valise changea le cours de l'histoire littéraire. Si elle avait été perdue, les Mémoires d'Hadrien n'auraient peut-être jamais été achevés. La jeune femme qui commença la lettre en 1924 ne possédait pas encore la maturité nécessaire pour la terminer. L'écrivaine, plus âgée, marquée par la guerre et l'exil, la possédait.
Le roman perdure car il aborde avec sérénité la mortalité, la responsabilité et la fragile beauté des liens humains. Il témoigne que certaines œuvres d'art nécessitent du temps, non seulement pour être écrites, mais aussi pour être vécues.
La lettre attendit. À son retour, elle était enfin prête à y répondre.

Ida Tarbell : le démantelement du plus grand empire industriel de l’histoire, celui des Rockefeller


Elle a anéanti la plus puissante multinationale d'Amérique avec pour seuls outils un stylo, un carnet et cinq années d'enquête minutieuse.
Seule face à l'homme le plus riche de son époque, qui contrôlait les chemins de fer, les politiciens et même les terres, elle a choisi d'écrire au lieu de fuir. Le souvenir du combat de son père est devenu l'arme qui a permis de démanteler le plus grand empire industriel de l'histoire.
Ida Tarbell est née en 1857 au cœur des champs pétrolifères florissants de Pennsylvanie. Son père, Franklin, était un homme travailleur qui dirigeait une petite raffinerie honnête. La vie était paisible jusqu'à ce qu'une ombre plane sur la vallée : la Standard Oil. Dirigée par John D. Rockefeller, cette multinationale tentaculaire ne se contentait pas de rivaliser ; elle voulait tout posséder.
Rockefeller concluait des accords secrets avec les compagnies ferroviaires pour obtenir des tarifs d'expédition avantageux, tout en facturant le double aux petites entreprises comme celle de Franklin. Il recourait à l'espionnage, à la corruption et à l'intimidation pour écraser quiconque se dressait sur son chemin. Ida a vu son père se briser face à un système truqué.
Elle n'était qu'une enfant, mais l'image de son père vaincu la marqua à jamais.
En grandissant, Ida affirma sa différence. En 1880, elle sortit diplômée d'Allegheny College, seule femme de sa promotion. Alors que beaucoup s'attendaient à ce qu'elle se range, Ida aspirait à la vérité.
Elle s'installa à Paris, devint une chercheuse talentueuse et attira l'attention du rédacteur en chef du magazine McClure's. En 1902, on lui demanda d'enquêter sur la Standard Oil. À cette époque, Rockefeller contrôlait 90 % du pétrole américain et disposait de plus de moyens financiers que l'État, ainsi que de nombreux avocats pour défendre ses intérêts.
Ida n'hésita pas. Pendant cinq ans, elle suivit les preuves où qu'elles la mènent. Elle visita des champs pétrolifères et des archives, s'entretint avec d'anciens employés et concurrents, et éplucha des registres d'expédition et des documents judiciaires censés rester secrets.
La Standard Oil tenta de la corrompre, et ses avocats essayèrent de l'intimider, mais Ida déclara que leur manque de fair-play ternissait leur réputation à ses yeux. De 1902 à 1904, elle publia dix-neuf chapitres de son enquête.
Son travail ne se résumait pas à une simple rumeur ; il s'agissait d'un récit détaillé et documenté de la corruption.
L'opinion publique fut électrisée.
L'« Histoire de la Standard Oil Company » devint un phénomène national, passant des magazines au best-seller. Ceux qui se sentaient impuissants face à la « pieuvre » qu'était la Standard Oil disposaient désormais des preuves nécessaires pour riposter.
L'indignation parvint jusqu'au Congrès et au bureau du Président. En 1906, le gouvernement s'appuya finalement sur les recherches d'Ida pour lancer une vaste action antitrust. En 1911, la Cour suprême statua que la Standard Oil constituait un monopole illégal et ordonna son démantèlement en 34 sociétés distinctes.
L'empire bâti en quarante ans s'est effondré parce qu'une femme a refusé de détourner le regard de la vérité. Ida Tarbell a prouvé que les faits sont le dernier rempart contre la corruption et qu'aucun géant n'est à l'abri des injustices face à une personne incorruptible.
Nul besoin de fortune ni de titre pour changer le monde ; il suffit d'avoir le courage de défendre la vérité et la persévérance d'aller jusqu'au bout.
Un succès bâti sur la corruption et la tricherie est un château de cartes.
 

L’humanité. ‘est pas l’espèce élue

« Je pense que l'humanité n'est pas nécessairement la favorite de la nature, que l'humanité peut très bien disparaître, que nous ne sommes pas une espèce sacrée, qu'il y a eu 10 millions d'espèces animales jusqu'ici, que neuf millions ont été éliminées... On n'est pas l'espèce élue, comme on l'a cru pendant longtemps ; la nature peut très bien se passer de nous. Et elle ne nous éliminera pas ; c'est
nous qui pourrions nous éliminer. Et si nous nous éliminons, la nature ne fera pas particulicrement un deuil, mais elle continuera à développer d'autres espèces, en espérant que ces espèces seront plus en mesure de se préserver et de ne pas se détruire. »
 Hubert Reeves 
Conteur d'étoiles (2002)

 

Walt Whitman

Walt Whitman fut renvoyé de son poste au gouvernement en 1865 parce que son supérieur avait ouvert un tiroir, y avait trouvé un exemplaire de « Feuilles d'herbe » et avait qualifié l'ouvrage d'immoral.

Le renvoi fut immédiat.
À l'époque, Whitman travaillait comme employé au ministère de l'Intérieur des États-Unis, gagnant environ 1 200 dollars par an, un revenu stable dont il dépendait après des années de difficultés financières. Mais le secrétaire à l'Intérieur, James Harlan, découvrit la poésie de Whitman, lut des passages évoquant le corps humain et le désir, et ordonna son licenciement.
L'ouvrage qui allait devenir l'un des plus grands chefs-d'œuvre de la littérature américaine venait de coûter à son auteur ses moyens de subsistance.
À ce moment-là, Whitman vivait déjà dans la précarité.
Lorsqu'il publia à compte d'auteur <i>Feuilles d'herbe</i> en 1855, il en finança lui-même l'impression et n'en diffusa que 795 exemplaires. Les critiques le raillèrent. Certains journaux le qualifièrent d'obscène. D'autres le jugeèrent chaotique et informe. Les ventes furent quasi nulles. Pendant des années, Whitman survécut en acceptant divers emplois dans l'édition et de petits postes au sein du gouvernement, sans perspective de reconversion.
Puis la guerre de Sécession bouleversa sa vie.
En 1862, apprenant que son frère avait été blessé, Whitman se rendit à Washington et commença à visiter les hôpitaux militaires. Ce qui avait commencé comme une simple recherche se transforma en une véritable mission. Pendant près de trois ans, il passa ses journées d'un service à l'autre, apportant aux soldats des fruits, du tabac, du papier et de petites sommes d'argent.
Il écrivait des lettres aux familles des blessés. Il veillait les mourants. Il notait les noms afin que les familles sachent ce qui s'était passé.
Selon ses propres estimations, il rendit visite à 80 000 à 100 000 soldats pendant la guerre.
Ce travail l'épuisa. La malnutrition, l'exposition constante aux maladies et le stress émotionnel affaiblirent durablement sa santé. En 1873, Whitman fut victime d'un AVC qui le laissa partiellement paralysé.
La reconnaissance ne vint toujours pas.
Il s'installa à Camden, dans le New Jersey, dans une petite maison achetée grâce à l'aide d'amis. Ses revenus provenaient de modestes ventes de livres et du soutien occasionnel d'admirateurs, parmi lesquels l'écrivain Oscar Wilde, qui lui rendit visite lors d'une tournée américaine.
Ce n'est que tard dans sa vie que sa réputation commença à évoluer. De nouvelles éditions de Feuilles d'herbe trouvèrent peu à peu leur public. De jeunes écrivains commencèrent à le considérer comme le père de la poésie américaine moderne.
Whitman pressentait ce changement, mais il survint après des décennies de rejet, de censure, de maladie et de pauvreté.
Avec le recul, il écrivit simplement :
« Je lance mon cri barbare par-dessus les toits du monde. »
Walt Whitman ne devint pas influent parce que son œuvre fut immédiatement acclamée.
Il le devint parce qu'il continua d'enrichir un livre que peu de gens achetaient, qu'il prit soin d'inconnus blessés sans qu'on le lui demande, et qu'il continua d'écrire suffisamment longtemps pour que le monde se transforme en ce qu'il avait déjà vu.
 

dimanche 22 février 2026

Température du jour à Arvida (22 fèvrier 2026)


 

Les singes peuvent imaginer des choses qui n'existent pas, tout comme les humains.

Confirmé : les singes peuvent imaginer des choses qui n'existent pas, tout comme les humains.
Dans des expériences rigoureusement contrôlées, inspirées des goûters d'enfants, des chercheurs ont découvert que Kanzi, un bonobo entraîné au langage, pouvait suivre du regard des objets qui n'étaient pas physiquement présents. Ni des objets cachés, ni des objets déplacés, mais des objets imaginaires.
Pendant des décennies, l'imagination – la capacité à se représenter des choses qui n'existent pas dans l'environnement immédiat – a été considérée comme une caractéristique humaine fondamentale.
Pour le vérifier, les chercheurs ont placé deux tasses vides et un pichet vide sur une table. L'expérimentateur a fait semblant de verser du jus imaginaire dans les deux tasses, puis a fait comme si l'une d'elles avait été vidée. À la question « Où est le jus ? », Kanzi a systématiquement désigné la tasse censée contenir encore le liquide imaginaire.
Lors d'un autre test, une tasse contenait du vrai jus et l'autre du jus imaginaire. Lorsqu'on lui a demandé lequel il préférait, Kanzi a choisi le vrai, démontrant ainsi qu'il comprenait la différence entre le réel et l'imaginaire.
Une troisième expérience a répété le même dispositif avec des raisins imaginaires placés dans des bocaux. Une fois de plus, Kanzi a identifié l'emplacement exact du raisin imaginaire avec une précision bien supérieure au hasard.
L'étude, publiée dans la revue Science, constitue la première preuve contrôlée qu'un singe est capable de se représenter et de suivre des objets imaginaires. Les chercheurs suggèrent que cette capacité pourrait remonter à 6 à 9 millions d'années, à un ancêtre commun aux humains et aux autres grands singes.
Les enfants humains commencent à jouer à faire semblant vers l'âge de deux ans. Si les singes partagent ne serait-ce que les prémices de cette capacité, cela bouleverse notre compréhension de l'évolution de l'imagination.
Pour en savoir plus :
« Preuves de la représentation d'objets imaginaires par Kanzi, un bonobo ayant appris le langage », Science, 2026

 

Un navire de santé fiction en provenance d’un pays qui n’a pas de système de santé

Le Groenland refuse catégoriquement l'initiative opportuniste de Trump d'envoyer un navire-hôpital, alors que les États-Unis prouvent publiquement leur incapacité à résoudre leur propre crise du système de santé.
Trump a annoncé sur les réseaux sociaux l'envoi d'un « grand navire-hôpital » au Groenland pour soigner « les nombreuses personnes malades qui ne sont pas prises en charge sur place ».
Le Premier ministre groenlandais n'a même pas daigné employer un langage diplomatique : « Nous déclinons catégoriquement cette offre », a-t-il écrit, soulignant que le Groenland dispose déjà d'un système de santé publique où les soins sont gratuits et efficaces.
Les dirigeants danois ont partagé ce point de vue, rejetant catégoriquement l'affirmation infondée de Trump selon laquelle les Groenlandais manqueraient de soins adéquats et insistant sur le fait que les cas graves sont traités localement ou au Danemark.
Un pays doté d'un système de santé universel, qui, soit dit en passant, ne vous ruine pas, ne veut pas de votre navire, Monsieur « L'Amérique inabordable pour tous ». Pendant ce temps, aux États-Unis, des millions de personnes n'ont toujours pas accès aux services de santé de base, car l'assurance et la richesse déterminent l'accès aux soins.
Voilà la véritable crise.
Le geste de Trump était non seulement insensé, mais il sentait aussi la manœuvre géopolitique à plein nez, liée à son obsession de longue date pour l'acquisition du Groenland ou l'exercice d'une influence sur ce territoire, un territoire qu'il convoite publiquement pour des raisons stratégiques.
Les autorités ont indiqué qu'il n'y avait aucune preuve qu'un tel navire-hôpital soit en route, et que ni le Danemark ni le Groenland ne l'avaient demandé.
L'ironie a atteint son comble lorsque les forces danoises ont évacué un sous-marinier américain malade des eaux groenlandaises et l'ont transporté dans un hôpital local, soit exactement le contraire du récit présenté par Trump.
Les pays dotés d'un système de santé universel refusent avec humour cette « aide » non sollicitée d'une nation incapable de garantir l'extension de Medicaid, dont les citoyens rationnent l'insuline et dont le système enregistre plus de faillites médicales que tout autre.
Si vous voulez parler de leadership en matière de santé mondiale, commencez par régler le désastre chez vous avant d'envoyer des navires de spectacle à des pays qui gèrent déjà correctement leur système.

On va tous mourir et c’est très bien comme ça

Imaginez l’horreur si un Trump, un Poutine, un Xi ou quelq’un comme cela pouvait choisir de ne pas mourir !

DONC … 



samedi 21 février 2026

Température du jour à Arvida (21 février 2026)


 

C’EST ÇA LE PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS

Le « milliardaire » qui dissimule ses déclarations d'impôts. Le « génie » qui cache ses notes universitaires. L'« homme d'affaires » qui a fait faillite avec trois casinos et perdu plus d'un milliard de dollars en dix ans. Le « playboy » qui paie pour des relations sexuelles. Le « virologue » qui en sait plus que le Dr Fauci. Le « leader du monde libre » qui a déclaré être « tombé amoureux » de Kim Jong-un, le dirigeant nord-coréen. Le « chrétien » qui ne va pas à l'église. Le « président » qui s'est rendu coupable de trahison en fermant les yeux sur les primes offertes par la Russie pour la mort de nos soldats. Le « rassembleur » qui qualifie les suprémacistes blancs de gens bien. Le « philanthrope » qui détourne des fonds caritatifs. Le « patriote » qui a échappé à la conscription à cinq reprises. L'« innocent » qui refuse de témoigner. Le « président » qui se dérobe à toute responsabilité. L'homme « dur et fort » qui se maquille et se laque les cheveux. Le « négociateur » qui n'a encore conclu aucun accord.


C’EST ÇA LE PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS qui prétend rendre sa grandeur à l’Amérique ?

La Croix rouge

En 1863, un jeune homme d'affaires suisse nommé Henry Dunant fut témoin d'un événement qui changea sa vie à jamais.
Il se trouvait à Solferino, en Italie, pendant la bataille du même nom. Après les combats, des milliers de soldats gisaient au sol. Beaucoup étaient blessés, beaucoup mourants. Les médecins étaient trop peu nombreux et les soins médicaux quasi inexistants.
Dunant vit des hommes des deux camps souffrir ensemble. Leurs plaies étaient ouvertes et leurs cris restaient sans réponse.
Il ne put détourner le regard.
Au lieu de partir, il rassembla les villageois des environs. Il leur demanda de l'aider à soigner les blessés, quelle que soit leur armée. Ensemble, ils nettoyèrent les plaies, donnèrent de l'eau et offrirent du réconfort. Ils traitèrent ennemis et amis de la même manière.
Ce fut un simple acte d'humanité, mais le début d'une action bien plus importante.
Plus tard, Dunant écrivit un livre intitulé « Souvenirs de Solferino ». Il y raconta ce qu'il avait vu et y partagea une idée audacieuse : la nécessité d'un groupe neutre qui prendrait soin des victimes de la guerre sans prendre parti.
Une société internationale.
Indépendante des gouvernements et des armées.
Dédiée exclusivement aux blessés.
En 1863, Henry Dunant contribua à la fondation du Comité international de la Croix-Rouge à Genève, en Suisse. L'idée se répandit rapidement. Bientôt, des sections de la Croix-Rouge virent le jour dans de nombreux pays.
Le symbole était simple : une croix rouge sur fond blanc. Un signe d'aide. Un signe de neutralité.
Au fil du temps, son action s'intensifia. La Croix-Rouge n'intervint pas seulement en temps de guerre. Elle répondit également aux catastrophes naturelles, aux urgences sanitaires et autres crises mondiales. Elle devint l'une des organisations humanitaires les plus respectées au monde.
En 1901, Henry Dunant reçut le tout premier prix Nobel de la paix. Cette distinction saluait sa vision et son courage.
Aujourd'hui, la Croix-Rouge est présente dans presque tous les pays. Elle aide les populations en zones de conflit. Elle soutient les familles après les catastrophes. Elle apporte des soins lorsque les besoins sont les plus criants.
La Croix-Rouge est plus qu'une organisation.
Elle est un rappel.
Même au cœur de la guerre et de la tragédie, nous pouvons choisir la compassion. Nous pouvons choisir d'aider.

Un humain enfant-loup


Né en 1946 dans une famille pauvre, Marcos Rodriguez Pantoja a été vendu enfant par son père à un berger qui l’a emmené vivre dans la Sierra Morena. 

Après la disparition de cet homme, alors qu’il n’avait que 6 ou 7 ans, Marcos s’est retrouvé seul dans la nature. Il a alors appris à survivre en observant les animaux, en chassant et en cueillant, jusqu’à intégrer une meute de loups avec laquelle il a vécu pendant plus de dix ans, perdant peu à peu l’usage de la parole. En 1965, il a été retrouvé par la Guardia Civil alors qu’il errait dans la montagne, vêtu de peaux de bêtes. 

Son retour à la vie humaine a été particulièrement difficile. Pris en charge par des religieux, il a tenté de réapprendre à parler, à se nourrir et à vivre en société, mais cette adaptation a été pour lui une succession de chocs. Exploité, incompris et souvent rejeté, il a enchaîné les petits emplois sans jamais réussir à trouver sa place, gardant le sentiment d’être étranger au monde des hommes.

Avec le temps, Marcos a fini par trouver un certain équilibre. Installé dans un petit hameau en Galice il est devenu une petite célébrité locale après l’adaptation de son histoire au cinéma dans le film "L'Enfant loup". et a continué à mener une vie plus paisible, entouré de quelques habitants bienveillants. 

Lors d'une interview dans laquelle il se disait déçu par la nature humaine et souhaitait pouvoir retourner dans les montagnes et quitter la société. À 79 ans aujourd'hui, il se verrait bien terminer ses vieux jours là où il ne s'est jamais senti aussi vivant.

La voie des médias

Peut-être en sommes-nous déjà là !

vendredi 20 février 2026

Température du jour à Arvida (20 février 2026)


 

Le destin

« Ce que l'on appelle communément destin est souvent le fruit de notre propre bêtise. » 

Arthur Schopenhauer

Schopenhauer remet en question l'idée que la vie soit régie par le destin. Il suggère que nombre de situations que nous attribuons au hasard sont en réalité le résultat d'un mauvais jugement, d'un manque de discipline ou d'erreurs répétées. Cette citation encourage la responsabilité personnelle et la conscience de soi, nous rappelant que la lucidité et la sagesse dans nos choix façonnent souvent nos vies bien plus que le hasard.

Junius George Groves

Il a parcouru près de 800 kilomètres avec seulement 90 cents en poche. Vingt-cinq ans plus tard, une compagnie de chemin de fer a construit une voie privée jusqu’à sa ferme, tant le monde réclamait ce qu’il produisait.
Junius George Groves est né le 12 avril 1859 dans l’esclavage. Sa mère, Mary, appartenait à un ancien député américain qui possédait l’une des plus grandes plantations d’esclaves du Kentucky. Son père, Martin, était réduit en servitude sur une autre plantation, à des kilomètres de là. Ils n’avaient pas le droit de se marier, ni de protéger leurs enfants, ni même de se posséder eux-mêmes.
Lorsque la guerre de Sécession éclata, Martin s’engagea dans l’armée. Il mourut d’une intoxication alimentaire en servant un pays qui n’avait jamais reconnu pleinement son humanité.
À six ans, Junius devint légalement libre grâce à la Proclamation d’émancipation. Mais la liberté sur le papier signifiait peu dans le Kentucky d’après-guerre. Pendant des années, sa famille dut affronter la pauvreté, la violence et un système conçu pour maintenir les anciens esclaves dans la dépendance.
En 1879, à vingt ans, Junius prit la décision qui allait changer sa vie. Il rejoignit les Exodusters — ces milliers de familles noires quittant le Sud pour le Kansas, attirées par la promesse de terres et d’un avenir meilleur. Avec 90 cents en poche et l’espoir pour seule richesse, il marcha environ 500 miles jusqu’à Kansas City.
La réalité fut brutale. Les migrants étaient nombreux, le travail rare et les salaires dérisoires. Il trouva un emploi dans les abattoirs d’Armourdale pour 40 cents par jour, puis 75 cents après des mois d’efforts. Ce n’était toujours pas suffisant.
Il s’installa alors dans la campagne d’Edwardsville, où il travailla pour un fermier nommé Jake Williamson. D’abord métayer — un système qui maintenait tant d’anciens esclaves dans la pauvreté — Junius refusa de se limiter à survivre. Il étudia la terre comme une science : composition du sol, météo, profondeur de plantation, espacement des semences, calendrier des récoltes. Il expérimentait, observait, ajustait.
Impressionné, Williamson lui confia neuf acres. Junius planta des pommes de terre et ne cessa d’améliorer ses méthodes.
En 1880, il épousa Matilda Stewart. Ensemble, ils travaillèrent sans relâche, du lever au coucher du soleil. En quelques années, ils louèrent davantage de terres, puis achetèrent leurs premiers acres et construisirent une cabane. En 1884 — seulement cinq ans après son arrivée sans ressources — ils achetèrent 80 acres dans la vallée de la Kaw pour 500 dollars.
C’est là que tout bascula.
Alors que les fermes voisines produisaient environ 25 boisseaux de pommes de terre par acre, Groves atteignait des rendements spectaculaires — jusqu’à 396 boisseaux par acre à la fin des années 1880. Ce n’était pas de la chance, mais de la maîtrise.
Les acquisitions se multiplièrent : terres, scierie, fermes voisines. En 1895, son exploitation comptait des centaines d’acres de pommes de terre, vergers de pommiers, maïs et cerisiers. Sa propriété dépassa finalement 500 acres.
Ils remplacèrent leur cabane par un manoir de 22 pièces, équipé d’électricité, d’eau courante chaude et froide, et même d’une salle de bal — une réalisation extraordinaire pour l’époque.
Au début des années 1900, Junius Groves produisit 721 500 boisseaux de pommes de terre en une seule saison — plus que n’importe quel agriculteur individuel au monde. Les journaux le surnommèrent « le roi mondial de la pomme de terre ».
La demande était telle que l’Union Pacific Railroad construisit une ligne ferroviaire directement jusqu’à sa ferme pour faciliter le transport. Près de cinquante ouvriers — noirs et blancs — travaillaient dans ses champs. Il inventa même une machine de tri mécanique capable de traiter un wagon entier en une heure.
Mais son succès ne se limitait pas à l’agriculture. Avec Matilda, il possédait une épicerie, des investissements miniers, des actions bancaires, des entreprises et des vergers. À la fin du XIXᵉ siècle, il était considéré comme l’un des hommes noirs les plus riches du Kansas, puis de tout l’Ouest américain. Booker T. Washington le cita comme exemple dans The Negro in Business.
Malgré sa richesse, Groves resta profondément engagé pour sa communauté. Il fonda une église baptiste, participa à la création de la Kansas Negro Business League, vendit des terrains abordables à des familles noires pour favoriser la richesse générationnelle et construisit même un terrain de golf lorsque la ségrégation interdisait l’accès aux parcours existants.
Avec Matilda, il éleva quatorze enfants, dont plusieurs étudièrent l’agriculture scientifique et poursuivirent l’œuvre familiale.
Il répétait souvent :
« Si nous avons pu commencer avec soixante-quinze cents et réussir, d’autres peuvent le faire aussi, s’ils en ont l’occasion. »
Junius George Groves mourut le 17 août 1925 à 66 ans. Plus de 3 000 personnes assistèrent à ses funérailles — les plus importantes jamais vues à Edwardsville.
Puis, peu à peu, son nom disparut de l’histoire.
Pourtant, son parcours reste extraordinaire : de l’esclavage à l’innovation agricole mondiale, de 90 cents à un empire nécessitant sa propre ligne ferroviaire. Il incarne ce qui devient possible lorsque le talent rencontre la détermination et que quelqu’un refuse les limites imposées par la société.
L’histoire de Junius George Groves n’est pas seulement celle d’un homme. C’est un rappel du nombre de destins oubliés — et de l’importance de se souvenir.

jeudi 19 février 2026

Température du jour à Arvida (19 février 2026)


 

La compassion du Maharaja de Nawanagar.

En 1942, un navire dérivait en mer d'Arabie. À son bord se trouvaient plus de 600 enfants polonais, orphelins et rescapés des camps de travail soviétiques. Ils avaient perdu leurs parents, leur pays et presque tout espoir.
Les ports, les uns après les autres, leur fermèrent leurs portes. Les autorités britanniques hésitaient, et beaucoup d'autres refusèrent. Le monde semblait les avoir abandonnés.
Puis, la nouvelle de leur sort parvint à Jam Sahib Digvijaysinhji Ranjitsinhji, le Maharaja de Nawanagar. Il ne disposait pas d'un pouvoir militaire absolu ni du contrôle des principaux ports internationaux, mais il possédait quelque chose que personne ne pouvait lui imposer : sa conscience.
« Combien d'enfants y a-t-il ? » demanda-t-il.
« Des centaines », fut la réponse.
« Alors, qu'ils accostent ici. »
Face aux protestations de l'administration britannique, il ne céda pas. Il déclara, avec son franc-parler légendaire, que si les puissants refusaient de sauver ces enfants, il ferait ce qu'ils étaient incapables de faire.
À l'arrivée du bateau, les enfants débarquèrent – ​​faibles, silencieux et habitués au rejet. Le Maharaja les attendait sur le quai, vêtu de blanc. Il les regarda droit dans les yeux et leur dit des mots qu'ils n'avaient pas entendus depuis des années : « Vous n'êtes plus orphelins. Vous êtes désormais des Nawanagaris. Je suis votre père. »
Il n'a pas simplement créé un camp de réfugiés ; il a bâti un foyer. À Balachadi, il a fondé une « Petite Pologne » en Inde, avec des écoles, des médecins, des repas communautaires, leur propre langue et leurs propres chants. Il a même veillé à ce qu'ils célèbrent Noël sous le soleil tropical. Il leur a rendu bien plus que la sécurité ; il leur a rendu leur identité et leur dignité.
Pendant quatre ans, au cœur d'une guerre mondiale, ces enfants ont vécu comme une famille. Ils ont grandi, ils ont ri et ils se sont reconstruits.
Aujourd'hui, nombre de ces survivants sont grands-parents. La Pologne continue de lui rendre hommage avec des places et des écoles qui portent son nom. Mais son véritable monument n'est pas fait de pierre ; Ce sont les vies qui ont continué car, lorsque le monde a fermé ses portes, un homme a décidé d'ouvrir son cœur.
Parfois, l'histoire ne se change pas avec des armées. Elle change quand quelqu'un dit simplement : « Oui, entrez. »

Gerda Lerner, fondatrice de l’histoire des femmes comme discipline scientifique

Gerda Lerner est née en 1920 à Vienne, en Autriche, dans une famille juive. En 1939, à l’âge de 19 ans, elle fuit l’Autriche, fuyant les persécutions nazies. Elle s’installe aux États-Unis où elle vit de petits boulots et élève ses enfants. Tout en réfléchissant à l’histoire, elle réalise que les femmes étaient absentes des récits historiques. En 1963, alors qu'elle était encore doctorante, Gerda Lerner enseigna le premier cours d’histoire des femmes au monde à la New School de New York.
Dans les années 1970, elle créa le premier programme de maîtrise en histoire des femmes aux États-Unis à Sarah Lawrence College, puis, en 1980, elle fonda le premier programme de doctorat en histoire des femmes à l’Université du Wisconsin-Madison. Elle publia des ouvrages révolutionnaires, comme The Grimké Sisters from South Carolina et The Creation of Patriarchy, qui démontraient que l’histoire des femmes était essentielle pour comprendre l’histoire humaine dans son ensemble.
Son travail a permis d’établir l’histoire des femmes comme une discipline académique respectée, influençant des générations de chercheurs et d’étudiants. Gerda Lerner est décédée le 2 janvier 2013, mais son héritage perdure à travers des centaines de milliers de chercheurs et de millions d'étudiants dans le monde. Grâce à elle, les histoires des femmes ne sont plus ignorées et ont désormais une place centrale dans l’étude de l’histoire.

Nicolas Copernic

Aujourd'hui, nous rendons hommage à Nicolas Copernic, l'homme qui a bouleversé notre compréhension du système solaire !
Nicolas Copernic était un mathématicien et astronome qui a proposé une idée révolutionnaire concernant notre système solaire. Avant lui, la plupart des gens adhéraient au modèle géocentrique, selon lequel la Terre était au centre de l'univers et tout le reste, y compris le Soleil et les étoiles, tournait autour d'elle. Copernic a remis en question cette vision avec sa théorie de l'héliocentrisme, qui plaçait le Soleil au centre, et non la Terre.
Dans son œuvre majeure, « De revolutionibus orbium coelestium » (Des révolutions des sphères célestes), publiée en 1543, Copernic a exposé en détail sa théorie héliocentrique. Il a démontré que la Terre tourne quotidiennement sur son axe et tourne annuellement autour du Soleil, ce qui expliquait mieux les mouvements des corps célestes que le modèle géocentrique. Cet ouvrage a posé les fondements de l'astronomie moderne et a profondément transformé notre compréhension de l'univers.
Les idées de Copernic étaient controversées à son époque, car elles contredisaient à la fois les conceptions scientifiques dominantes et les enseignements religieux de l'époque. Cependant, son modèle simplifiait les mouvements complexes des planètes dans le ciel, permettant ainsi un développement important de l'astronomie. Ses contributions ont marqué le début d'une transition de la vision médiévale de l'univers vers une approche scientifique plus moderne, ouvrant la voie à de futurs astronomes comme Galilée et Kepler.
L'œuvre de Nicolas Copernic a fondamentalement changé le cours de la science en démontrant que la Terre n'était pas le centre de l'univers. Son modèle héliocentrique a inauguré une nouvelle ère de l'astronomie, où l'observation et les mathématiques sont devenues des outils essentiels pour comprendre notre place dans le cosmos.

Il est des nôtres, chantent les dictateurs

Il est des nôtres, disent-ils tous !
Les concepteurs ont oublié Sarkozy mais celui-ci n'est qu'un petit criminel français !

mercredi 18 février 2026

Température du jour à Arvida (18:février 2026)


 

Pas question de sacrifier son bonheur

Elle n'avait que 17 ans lorsque son destin bascula.
En 1939, une jeune princesse égyptienne apprit qu'elle épouserait le futur souverain d'un autre pays. Il ne s'agissait pas d'amour. Il ne s'agissait même pas d'elle. Il s'agissait de politique.
Elle s'appelait la princesse Fawzia Fouad.
Née au Caire le 5 novembre 1921, elle était la fille du roi Fouad Ier et de la reine Nazli. Elle grandit dans les palais royaux, entourée de luxe, de serviteurs et sous une protection stricte. Le monde extérieur la toucha à peine. Un courtisan la décrivit un jour comme délicate et protégée, tel un magnifique cadeau emballé avec tant de soin qu'on n'oserait jamais l'ouvrir.
Et elle était d'une beauté saisissante. Yeux bleus. Cheveux noirs. Des traits doux. Dans toute l'Égypte, on parlait de sa beauté.
Mais la beauté peut devenir un moyen de pression.
À 17 ans, Fawzia fut promise en mariage à Mohammad Reza Pahlavi, le prince héritier d'Iran. Il avait 19 ans.
Aucun des deux n'eut vraiment le choix. Le mariage au Caire fut grandiose et fastueux. Les bijoux scintillaient. Les flashs crépitaient. Elle rayonnait.
Puis elle quitta sa maison.
Téhéran n'avait rien à voir avec Le Caire. Le climat y était plus froid. La langue était différente. Les coutumes lui semblaient étrangères. Elle se sentait seule. Elle parlait arabe et français, mais pas persan. La cour attendait d'elle qu'elle s'adapte, qu'elle donne naissance à un fils, qu'elle incarne la force et l'unité.
Au lieu de cela, elle se sentait prisonnière.
En 1940, elle donna naissance à une fille, la princesse Shahnaz. Mais la cour iranienne désirait un garçon. La pression s'intensifia.
Puis, en 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, le souverain iranien fut contraint d'abdiquer. À seulement 21 ans, Mohammad Reza devint Shah. Et à 19 ans, Fawzia devint reine d'Iran.
Une couronne fut posée sur sa tête.
Mais elle ne trouva pas la paix.
Derrière les robes élégantes et les photos parfaites se cachait une jeune femme qui se sentait loin de chez elle, loin de l'amour et loin du bonheur. Son mariage s'est dégradé. Elle passait le plus clair de son temps en Égypte dès qu'elle le pouvait, se réfugiant dans le seul endroit où elle se sentait en sécurité.
Finalement, en 1945, elle retourna en Égypte. Et cette fois, elle ne revint pas. Le divorce fut prononcé en 1948. Elle n'avait que 26 ans. À une époque où les reines ne quittaient pas les rois, où l'on attendait des femmes de la famille royale qu'elles souffrent en silence par devoir, elle partit. Elle choisit de s'ouvrir à elle-même. Un an plus tard, elle choqua de nouveau beaucoup de monde. Elle épousa un diplomate égyptien, Ismail Chirine – ni roi, ni membre de la royauté, simplement l'homme qu'elle désirait.
Ce mariage dura 64 ans. Soixante-quatre ans. Tandis que son ex-mari se remariait et régnait sur l'Iran jusqu'à ce que la révolution de 1979 le contraigne à l'exil, Fawzia resta en Égypte. Discrète. Protégée. Loin de la politique. Elle ne recherchait pas la notoriété. Elle ne chercha pas à reconquérir le pouvoir.
Elle vivait simplement.
Son frère, le roi Farouk, perdit son trône. La monarchie iranienne s'effondra. Les révolutions ont balayé le monde dans lequel elle était née.
Mais Fawzia est restée.
Elle avait été reine d'Iran. Pourtant, le titre qui comptait le plus était celui qu'elle s'était donné elle-même : celui d'une femme qui avait choisi sa propre vie. Elle s'est éteinte en 2013 à l'âge de 91 ans, quelques semaines seulement après la mort de son époux, avec qui elle avait partagé six décennies de sa vie. Elle avait traversé des guerres mondiales, des monarchies déchues et des bouleversements majeurs au Moyen-Orient.
On parle encore de sa beauté.
Mais peut-être que ce qui la caractérisait le plus, ce n'était pas son visage.
C'était sa décision.
Une adolescente contrainte à un mariage politique.
Une jeune reine qui se sentait seule en terre étrangère.
Une femme qui a osé partir alors qu'on attendait d'elle qu'elle reste.
Une vie reconstruite discrètement, selon ses propres conditions.
Non pas une princesse fragile et soumise.
Une femme qui s'est libérée de ses carcans et qui est partie.


Un bon point pour les Hohenzollern et, en outre, s’ils avaient conservé leur trône le monde aurait évité Hitler et ses sbires meurtriers

En 1915, une princesse naquit en Allemagne, défiant discrètement les normes de son époque.
Atteinte de trisomie 21, elle ne fut pas cachée par ses parents, contrairement à de nombreuses autres familles royales. Au contraire, ils l'élevèrent avec amour, dignité et bienveillance.
Son nom était la princesse Alexandrine Irène de Prusse. Elle était la première enfant du prince héritier Guillaume d'Allemagne et de la princesse Cécilie de Mecklembourg-Schwerin.
À la maison, on l'appelait « Adini ».
À une époque où les familles dissimulaient souvent le handicap de leurs proches, la famille d'Alexandrine fit preuve de courage. Ils la traitèrent comme une fille, et non comme un fardeau.
Ses parents insistèrent sur son éducation et son intégration à la vie familiale. Elle assistait à des événements publics, apparaissait sur des photos avec ses frères et sœurs et restait membre de la maison royale. Une telle attitude était rare à l'époque, surtout dans les cercles royaux soucieux de perfection et d'image.
Alors que beaucoup d'autres familles plaçaient leurs enfants handicapés en institution, Alexandrine resta proche des siens. Elle grandit entourée d'amour et de soutien. Elle était connue pour sa douceur, son affection et sa profonde proximité avec sa mère, la princesse Cécilie.
Alexandrine vécut près de sa mère jusqu'en 1954 et demeura pleinement intégrée à la vie familiale. Malgré les bouleversements politiques et la chute des empires, les liens familiaux restèrent indéfectibles.
Elle mourut en 1980 à l'âge de 65 ans. Elle ne régna jamais. Elle ne se maria jamais. Elle n'exerça jamais le pouvoir.
Mais sa vie laissa une empreinte indélébile.
Elle témoigna de ce à quoi peut ressembler l'amour inconditionnel, même au sein des milieux les plus rigides et obsédés par les apparences.
Dans un monde qui cherchait souvent à dissimuler la différence, sa famille choisit la visibilité plutôt que la honte, la bienveillance plutôt que la cruauté, l'inclusion plutôt que le silence.
La princesse Alexandrine Irène de Prusse est peu présente dans les livres d'histoire. Pourtant, son histoire reste essentielle.
Elle nous rappelle que la dignité ne se forge ni par les titres ni par la perfection. Elle se manifeste dans la façon dont nous traitons les autres, surtout lorsque la société nous enjoint de détourner le regard.
Parfois, les révolutions les plus significatives ne se produisent pas en politique.
Ces histoires se déroulent au sein des familles. Dans la décision simple et courageuse d'aimer ouvertement.

La Folie

D’où l’absence de démocratie là où elle prétend exister (n’est-ce pas un symptôme de folie que d’avoir élu Trump ? )

Perle ou astre ?

Est-ce une perle, est-ceun astre ?
À vous de décider !

mardi 17 février 2026

Température du jour à Arvida (17 février 2026)


 

Bonne nouvelle année du cheval de feu

C’est la nouvelle année extrême orientale, celle du cheval de feu !

Celle qui apprit aux ordinateurs à parler humain

En 1957, une jeune femme originaire d'une petite ferme de Peru, dans l'État de New York, franchit les portes d'IBM. Elle n'était pas venue avec l'ambition de changer le monde ou de mener une révolution numérique.

Elle était venue pour rembourser ses prêts étudiants.
Frances E. Allen grandit dans une maison sans électricité ni chauffage central. Elle fréquenta une école à classe unique et apprit la valeur du travail en effectuant les tâches agricoles du lever au coucher du soleil.
Pourtant, cette jeune fille de la campagne possédait un don pour les mathématiques plus aiguisé que n'importe quelle machine de l'époque.
À ce moment-là, les ordinateurs étaient des objets massifs, occupant des pièces entières, et incroyablement difficiles à programmer. Ils étaient lents, inefficaces et sujets aux erreurs.
Frances fut affectée aux supercalculateurs Stretch et Harvest. Sa mission consistait à trouver comment traduire la logique humaine en instructions compréhensibles par les machines.
Mais la technologie était limitée. Le code était non optimisé et poussif.
Elle constata la frustration. Elle constata l'inefficacité. Elle constata le potentiel.
Frances décida d'entreprendre une démarche inédite. Elle se mit à développer des méthodes pour optimiser les performances des logiciels sans modifier le matériel.
Ce fut la naissance de l'optimisation des compilateurs. Elle fut la pionnière de techniques telles que le « linkage » et le « déroulage de boucle », encore utilisées aujourd'hui dans tous les logiciels.
Elle fut témoin de leurs difficultés. Elle vit leurs erreurs. Elle entrevit leur avenir.
Grâce à son travail, les ordinateurs cessèrent d'être de simples calculatrices pour scientifiques et devinrent des outils indispensables à chaque foyer américain.
Elle passa 45 ans chez IBM, prouvant que l'excellence et le mérite sont les seuls critères véritablement essentiels dans une carrière professionnelle.
En 2006, le fruit de toute une vie de labeur fut enfin reconnu : elle devint la première femme à recevoir le prix Turing.
Ce prix est l'équivalent du prix Nobel dans le monde de l'informatique, et elle l'a amplement mérité grâce à sa ténacité et sa persévérance.
Chaque fois que vous utilisez votre smartphone ou ouvrez un ordinateur portable, vous utilisez une technologie perfectionnée par une jeune fille de la campagne qui cherchait simplement à rembourser ses dettes.
Son héritage, c'est la vitesse même du monde moderne.
 

Le tableau de Mendeleïev

Une décision audacieuse a changé le cours de la science !
Le 17 février 1869, Dmitri Mendeleïev devait se rendre dans une coopérative fromagère locale pour une mission de conseil. Au lieu de cela, il resta chez lui, obsédé par une énigme qui le hantait. Il cherchait à organiser les 63 éléments chimiques connus selon un système logique, et une idée commençait à germer.
Mendeleïev inscrivit le nom et les propriétés de chaque élément sur des fiches individuelles et commença à les disposer comme dans un jeu de solitaire. Il les mélangea par masse atomique et remarqua une régularité étonnante. Les éléments aux propriétés chimiques similaires apparaissaient à intervalles réguliers. Un rythme répétitif se cachait au cœur même des constituants de la nature.
Ce qui rendait le tableau de Mendeleïev génial, ce n'était pas seulement son organisation, mais aussi ses prédictions. Il avait délibérément laissé des cases vides là où il pensait que des éléments inconnus devaient exister et avait décrit leurs propriétés à l'avance. Lorsque le gallium fut découvert en 1875 et correspondit presque parfaitement à ses prédictions, le monde scientifique fut captivé.
Cette unique journée d'annulation a donné naissance au tableau périodique, un système qui figure encore aujourd'hui sur les murs de toutes les salles de classe de chimie.
 

Un « âge d’or » des éclipses solaires

À partir du 17 février 2026, la Terre entre dans ce que les astronomes appellent un « âge d'or » des éclipses solaires. Au cours des trois prochaines années, six éclipses solaires traverseront la planète : trois éclipses annulaires (« anneau de feu ») et trois éclipses totales, toutes entre 2026 et 2028.
Voici le calendrier complet :
☀️ Éclipses annulaires (« anneau de feu ») :
17 février 2026 — Antarctique
6 février 2027 — Chili, Argentine, Afrique de l’Ouest
26 janvier 2028 — Îles Galápagos, Espagne
🌒 Éclipses totales :
12 août 2026 — Islande, Groenland, nord de l’Espagne (première éclipse totale visible depuis l’Europe continentale depuis 1999)
2 août 2027 — Espagne, Afrique du Nord, Égypte (l’« éclipse du siècle », avec une durée de totalité pouvant atteindre 6 minutes et 23 secondes)
22 juillet 2028 — Australie, Nouvelle-Zélande (totalité au-dessus de Sydney pour la première fois depuis 1857)
Cette double cascade d'éclipses est due à la synchronisation de trois cycles de Saros distincts, ces anciens cycles qui régissent le lieu et le moment des éclipses. La dernière fois que cela s'est produit, c'était entre 2008 et 2010, mais la plupart des éclipses avaient alors eu lieu au-dessus des océans et de régions isolées. Cette fois-ci, leur trajectoire traverse certaines des destinations les plus emblématiques et accessibles du monde.
Pour les chasseurs d'éclipses, c'est un événement générationnel. Trois éclipses solaires totales sur trois continents en moins de deux ans. Tout commence aujourd'hui avec un anneau de feu au-dessus de l'Antarctique.

Le jour où l’Église romaine s’est révélée être satanique et mère de toutes les dictatures

17 février 1600 — Exécution de Giordano Bruno pour hérésie, Rome, États pontificaux

Ce jour-là, Giordano Bruno fut brûlé vif par l'Inquisition romaine. Philosophe, penseur cosmologique et écrivain, le crime de Bruno ne se limitait pas à une simple dissidence théologique ; il s'agissait d'un acte de défiance intellectuelle. Il défendait l'idée d'un univers infini, d'une multitude de mondes et d'une réalité affranchie des doctrines établies.

Sa mort ne constitue pas un événement littéraire au sens strict du terme. Pourtant, elle marque un tournant décisif dans l'histoire de la pensée, source même de la littérature. Le silence imposé à Bruno illustre ce qui se produit lorsque l'imagination dépasse la tolérance institutionnelle. Il révèle que les idées sont censurées bien avant d'être débattues et que le langage peut être jugé dangereux simplement parce qu'il élargit le champ des possibles.

À travers les siècles, les écrivains ont hérité de ce souvenir. De la satire des Lumières à la fiction dystopique moderne, la littérature revient sans cesse sur la figure du penseur puni, celui qui voit différemment et en paie le prix. L'exécution de Bruno est devenue une référence culturelle sur la censure, le martyre de l'intellect et le coût de la pensée indépendante.

dimanche 15 février 2026

Température du jour à Arvida (15 février 2026)




 

« Et pourtant elle tourne », malgré ce que me contraignent à dire ces misérable ecclésiastiques

Galilée est né le 15 février 1564 à Pise, en Italie. Fils d'un musicien qui lui a appris à remettre en question l'autorité, il est entré à l'université à 17 ans pour étudier la médecine, mais l'a abandonnée quelques mois plus tard pour les mathématiques.
À 25 ans, il est devenu professeur à l'université de Pise.
Pour prouver qu'Aristote avait tort, il a lâché des objets du haut de la Tour de Pise.
1 900 ans plus tard, il a bouleversé les fondements de la physique.
À 45 ans, il a entendu parler d'une longue-vue néerlandaise et, en quelques jours, il en a construit une meilleure.
Il l'a pointée vers le ciel et a tout changé.
Il a découvert des montagnes sur la Lune, alors que tout le monde la croyait lisse.
Il a trouvé quatre lunes en orbite autour de Jupiter, prouvant ainsi que tout ne tourne pas autour de la Terre.
Il a observé les anneaux de Saturne, les phases de Vénus et d'innombrables étoiles nouvelles. Il publia Le Messager des étoiles en 1610. Le livre fut épuisé en quelques semaines.
Il prouva que la Terre tourne autour du Soleil, et non l'inverse. L'Église lui ordonna de se taire.
À 68 ans, il publia malgré tout le Dialogue.
Il fut convoqué à Rome.
L'Inquisition le jugea pour hérésie.
On le menaça de torture.
Il fut contraint de s'agenouiller et de renier l'œuvre de sa vie.
La légende raconte qu'il murmura : « Et pourtant, elle tourne. »
Il passa ses neuf dernières années en résidence surveillée, aveugle et interdit de publier.
Il écrivit néanmoins Deux nouvelles sciences, fondement de la physique moderne.
Extirpé clandestinement d'Italie, l'ouvrage fut publié en secret.
Il mourut le 8 janvier 1642, condamné pour hérésie.
Isaac Newton naquit la même année.
350 ans plus tard, l'Église admit enfin : Galilée avait raison. On le surnomme le « Père de la science moderne ».
Il considérait l'ignorance comme le plus grand ennemi de la vérité.

Un divorce dans l’intelligence artificielle


 En 2023, Microsoft a investi 13 milliards de dollars dans OpenAI.
L'entreprise a restructuré l'intégralité de son activité cloud autour de GPT.
ChatGPT a été intégré à Windows, Office, Bing et Azure.
Microsoft s'est positionné comme le partenaire cloud exclusif d'OpenAI.
Moins de deux ans plus tard, son responsable de l'IA a déclaré au Financial Times que l'entreprise visait une « véritable autonomie ».
Mustafa Suleyman, directeur de l'IA chez Microsoft, n'a pas mâché ses mots :
« Nous devons développer nos propres modèles fondamentaux, à la pointe de la technologie, avec une puissance de calcul gigawatt et certaines des meilleures équipes d'entraînement d'IA au monde. »
En clair : nous ne pouvons plus compter sur OpenAI.
Cette décision fait suite à une restructuration discrète de leur partenariat en octobre 2024.
Microsoft n'a pas communiqué publiquement à ce sujet. L'entreprise a simplement modifié les termes du partenariat en coulisses.
Désormais, elle développe ses propres modèles.
Au lieu d'optimiser ceux d'OpenAI. On n'attend pas GPT-5.
Reconstruction à partir de zéro. Niveau Frontier. Indépendant.
Voici pourquoi c'est important : Microsoft n'a pas pris cette décision par optimisme envers OpenAI.
Elle l'a prise car elle n'est plus certaine qu'OpenAI puisse répondre à ses besoins.
Les 13 milliards de dollars investis lui ont donné accès à OpenAI, mais pas le contrôle.
OpenAI dépense ses liquidités plus vite que n'importe quelle autre startup de l'histoire.
Ses coûts de calcul sont exorbitants. Son modèle économique est flou. Sa direction est instable.
Sam Altman a été licencié, puis réembauché, puis a restructuré le conseil d'administration.
L'organisme à but non lucratif qui gère l'entreprise la détient toujours, ce qui signifie que Microsoft ne peut pas contrôler pleinement son principal partenaire en IA.
Microsoft se protège donc. Fortement.
L'entreprise ne quitte pas complètement le partenariat. Elle met simplement en place un plan de secours qui pourrait devenir le plan principal.
Elle recrute les meilleurs chercheurs en IA. Elle construit des centres de données à l'échelle du gigawatt. Elle entraîne des modèles qui concurrencent directement GPT.
Voici à quoi ressemble un divorce d'entreprise avant l'intervention des avocats.