vendredi 23 janvier 2009

Livres d'étrennes 2008

Ce sont trois livres que j'ai reçus en étrennes. Ils sont tous trois de Michel Pastoureau.
J'ai déjà terminé «Bleu» et en ai tiré citations et réflexions dont je vais éventuellement vous faire part.

Ce sont des livres qui me plaisent beaucoup car chacun d'entre eux, au point de vue qui est le sien, démystifie la perception des couleurs et détaille, autant que faire se peut, la «fabrication» mentale de celles-ci au cours de l'histoire.
Je vous en donne les «quatrièmes de couverture» comme on dit chez les éditeurs.

L'histoire de la couleur bleue dans les sociétés européennes est celle d'un complet renversement: pour les Grecs et les Romains, cette couleur compte peu : elle est même désagréable à l'œil.

Or aujourd'hui, partout en Europe, le bleu est de très loin la couleur préférée (devant le vert et le rouge).


L'ouvrage de Michel Pastoureau raconte l'histoire de ce renversement, en insistant sur les pratiques sociales de la couleur (étoffes et vêtements, vie quotidienne, symboles) et sur sa place dans la création littéraire et artistique, depuis les sociétés antiques et médiévales jusqu'à l'époque moderne.

Il analyse également le triomphe du bleu à l'époque contemporaine, dresse un bilan de ses emplois et significations, et s'interroge sur son avenir.



Longtemps, en Occident, le noir a été considéré comme une couleur à part entière, et même comme un pôle fort de tous les systèmes de la couleur.

Mais son histoire change au début de l'époque moderne: l'invention de l'imprimerie, la diffusion de l'image gravée et la Réforme protestante lui donnent, comme au blanc, un statut particulier.

Quelques décennies plus tard, en découvrant le spectre, Newton met sur le devant de la scène un nouvel ordre des couleurs au sein duquel il n'y a désormais plus de place ni pour le noir, ni pour le blanc: pendant presque trois siècles, ce ne seront plus des couleurs.

Toutefois, dans le courant du XXe siècle, l'art d'abord, la
société ensuite, la science enfin redonnent progressivement au noir son statut de couleur véritable.

C'est à cette longue histoire du noir dans les sociétés européennes qu'est consacré le livre de
Michel Pastoureau.

L'accent est mis autant sur les pratiques sociales de la couleur (lexiques, teintures, vêtements, emblèmes) que sur ses enjeux proprement artistiques.

Une attention particulière est portée à la symbolique ambivalente du noir, tantôt pris en bonne part (fertilité, humilité,
dignité, autorité), tantôt en mauvaise (tristesse, deuil, péché, enfer, mort).

Et comme il n'est guère possible de parler d'une couleur isolément, cette histoire culturelle du noir est aussi, partiellement, celle du blanc (avec lequel le noir n'a pas toujours fait couple), du gris, du brun, du violet et même du bleu.



La rayure et les étoffes rayées sont longtemps restées en Occident des marques d'exclusion ou d'infamie.

En furent notamment vêtus tous ceux qui, à un titre ou à un autre, se situaient sur les marges de la société chrétienne ou bien en dehors: jongleurs, musiciens, bouffons, bourreaux, prostituées, condamnés, hérétiques, juifs, musulmans ainsi que, dans les images, le Diable et toutes ses créatures.

Sans faire aucunement disparaître ces rayures très négatives, l'époque romantique voit apparaître une autre forme de rayures, positives et liées aux idées nouvelles de liberté, de jeunesse, de plaisir et de progrès.

Dans les sociétés contemporaines, ces deux types de rayures cohabitent: celles des vêtements de prisonniers, de la pègre, des lieux dangereux et mortifères, et celles du jeu, du sport, de l'hygiène, de la mer et de la plage.


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