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vendredi 5 septembre 2014

La place d'Armes de Québec au fil du temps

C'est une vue de la place d'Armes de Québec dans le premier tiers du 19e siècle.
Son auteur appartient sans doute aux troupes d'occupation britanniques car la vue est celle que l'on a du jardin du gouverneur britannique à cette époque, mais le jardin est le même qu'arpentait le gouverneur français avant la Conquête.
Le principal changement qui a eu lieu sur la place depuis cette Conquête a été la construction de cette cathédrale anglicane que vous voyez à gauche. 
Sa construction, là où était l'église des Récollets mise à mal par les bombardements anglais, a été financée par George III qui entretenait des grands espoirs, finalement déçus, à propos de l'adhésion de ses nouveaux sujets de langue française à l'Église dont il était le chef.
Le clocher que vous voyez au centre est celui de la cathédrale catholique de Québec : à cause de la perspective ou du parti pris de l'auteur de la vue, la cathédrale anglicane semble plus imposante que la cathédrale catholique et son clocher bien plus élevé.
En réalité la cathédrale anglicane (qui existe toujours) est toute petite et la cathédrale catholique bien plus imposante.
Nos yeux voient selon nos désirs ou selon les désirs de notre roi (ou de notre pape).
Je vous présente cette vue avec d'autant plus de plaisir qu'on y voit un joli réverbère au gaz à droite.
Voyez la même place d'Armes vue, en 1866, du point de vue opposé (peut-être du haut du clocher de la cathédrale catholique) : on y voit au centre gauche, devant le fleuve, le palais du gouverneur (le château Haldimand qui a remplacé le château Saint-Louis incendié en 1834) et le jardin d'où a été faite la vue :

 Quant au reste, vous voulez savoir qui l'a emporté de la cathédrale anglicane et de la cathédrale catholique ?
Voyez une photo de la place d'Armes aujourd'hui, prise d'un point de vue voisin à celle de la gravure britannique ci-haut :

Le centre de la place est occupé par le « monument de la foi », élevé (en 1915) pour commémorer le 300e anniversaire de l'arrivée des Récollets en Nouvelle-France (en 1615).
La cathédrale anglicane, qui vivote péniblement, est camouflée par les arbres à gauche.
Vous voyez le clocher de la cathédrale catholique au centre gauche, derrière le monument.

mardi 12 juillet 2011

La nature couvre la blessure et les morts

Crédit photo: Annik MH de Carufel/Le Devoir

Je vous présente une photo d'un coin de Montréal dont je vous ai beaucoup parlé au cours des dernières semaines, voire des derniers mois.
Elle est parue dans «
Le Devoir» d'hier.
Elle a manifestement été prise du «
Château Champlain», un hôtel qui s'élève au sud de ce que vous voyez.
Il s'agit du coin qui environne l'ancien «
Dominion Square», édifié lors de l'intégration frauduleuse du Québec dans la confédération canadienne.
(Plus sur le sujet un jour. Sachez cependant que l'Église catholique romaine québécoise -dont le clergé était partisan de cette intégration qui lui gardait tout pouvoir sur tout ce qui lui importait et au-delà, éducation et «assistance sociale»- menaçait de l'enfer tous les Québécois qui voteraient contre l'adhésion du Québec à la confédération canadienne. Seuls 20% des électeurs ont voté en faveur (le vote se faisait à main levée lors d'une élection), les autres se sont abstenus. Voir ici en attendant).
Sur la photo, à droite, le bâtiment qui ressemble (un petit peu) à Saint-Pierre de Rome, c'est effectivement la cathédrale de Montréal bâtie (en miniature) sur le modèle de Saint-Pierre de Rome. L'évêque du temps aurait bien voulu jouir de la même infaillibilité que le pape et croyait ainsi prendre les moyens d'y parvenir.
Tout clergé est stupide mais le clergé québécois a atteint, selon moi, des sommets inégalés dans la stupidité.
Il n'a été surpassé que par les clergés (nomenklatura) des partis communistes soviétiques et chinois.
Le bâtiment orange derrière la
cathédrale est l'archevêché. Il y a des magnolias près de celui-ci.
Devant l'«
Édifice Sun Life». Au fond de la place l'«Édifice Dominion Square». À gauche l'«Hôtel Windsor» (nommée ainsi en l'honneur de la dynastie du même nom). Au fond de la photo le Mont Royal dont la croix, sans doute honteuse, ne se montre pas.
Au centre, sous les frondaisons de ces arbres, l'ancien «
Dominion Square» édifié sur deux cimetières, l'un juif, l'autre catholique.
«Dominion Square» sur cimetières: une métaphore de la confédération canadienne, édifiée sur plusieurs génocides ou tentatives de génocide: le génocide des Amérindiens (réussi linguistiquement parlant), le génocide des Francophones à l'extérieur du Québec (en voie de réussite), le génocide des Francophones du Québec (entamé).
Le «
Dominion Square» a été divisé en deux lors du centenaire de cette confédération canadienne: le «Square Dorchester» en face de l'«Édifice Sun Life» et la «Place du Canada», à côté de la cathédrale.
Cela permet de mieux voir que la disposition des allées du «
Square Dorchester» reprend le dessin de l'«Union Jack», le drapeau de la soi-disant Grande-Bretagne.
La marque du propriétaire du troupeau brûlée dans la chair de Montréal.
Voyez une photo ancienne sans les arbres pour masquer la chose:

Voyez le plan:
Malgré tout la photo est belle. La nature couvre la blessure et les morts.
Les morts passés et futurs.

L'argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs!
Où sont des morts les phrases familières,
L'art personnel, les âmes singulières?
La larve file où se formaient les pleurs.



De même pour les peuples disparus!

vendredi 2 janvier 2009

«El Transparente» -fiat lux, fiat omnia*. L'Art comme un «Big Bang»

J'ai été fasciné, à l'intérieur de la cathédrale de Tolède, par ce qu'on appelle « El Transparente », une fenêtre profonde creusée dans la paroi du bâtiment, derrière l'autel principal, au 18e siècle (alors que la cathédrale a été construite au 13e siècle). C'est une œuvre de Narciso Tomé.
Voyez ci-dessus.
Cette fenêtre est entourée de peintures et de sculptures de style baroque. Elle a été faite pour éclairer une sorte de retable, de style baroque également.
La lumière qui jaillit d'« El Transparente » semble créer et faire briller les ors et les couleurs de tout ce qui l'entoure.
Pourquoi cette fascination ? Je ne le savais pas.
Il a fallu quelques mois pour que je le sache.
Il a fallu que ma femme rapporte, d'un court voyage à Québec en novembre dernier (elle allait voir un spectacle), la reproduction d'un tableau de Jean-Paul Riopelle.
Ce tableau m'a toujours fasciné et son pouvoir de fascination m'a paru accru sur cette reproduction.
Comme vous le voyez ci-dessous, ce tableau est constitué d'un immense espace plutôt blanc, espace entouré par des éléments disparates de diverses couleurs.

Ces éléments semblent jaillir de lui.
Ce tableau ne vous semble-t-il pas présenter des ressemblances avec « El Transparente » ?
Un espace lumineux entouré d'éléments colorés qui semblent tirer leur existence de lui, cet espace lumineux: cela ne vous semble-t-il pas décrire les deux œuvres?
En réalité, ce ne sont pas seulement ces deux œuvres qui semblent obéir au même schéma (centre lumineux-bords colorés et, sinon anarchiques, du moins présentant des mouvements disparates, torsions dans diverses directions, courbes de diverses amplitudes, etc.).
Pour me fasciner autant, me suis-je dit, ces deux œuvres devaient avoir quelque chose en commun avec d'autres œuvres parmi celles qui m'ont fasciné.
Et, en effet, le mouvement semblant provenir de nulle part, ce bonheur à la consommation d'une madeleine trempée dans du thé qui donne naissance à La Recherche du temps perdu, ce rien dont proviennent l'efflorescence et la torsion des phrases, les métamorphoses inattendues des objets, des personnages, des bâtiment, des musiques, des péripéties, tout cela obéit à ce schéma découvert dans « El Transparente ».
Et ce petit poème de Stéphane Mallarmé, qui commence par le mot « Rien » et qui, malgré son peu de mots, en arrive à se présenter en équivalent à la fois de l'Évangile des Chrétiens, de l'Odyssée d'Homère et d'un nouveau «Livre du Salut».
Et d'autres œuvres encore dont je ne sais rien maintenant mais dont je vous parlerai dans la suite des jours si mon blogue dure.
Voici le sonnet de Mallarmé:

Salut


Rien, cette écume, vierge vers
À ne désigner que la coupe;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l’envers.

Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l’avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d’hivers;

Une ivresse belle m’engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut

Solitude, récif, étoile
À n’importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.


Mais voici d'autres vues d'«
El Transparente» de la cathédrale de Tolède (dont je vous présente une photo de l'extérieur à la fin):

Vue rapprochée

Mi-zoom arrière


Double-zoom arrière

Le «rétro-retable» (le retable derrière le retable
principal de la cathédrale) qu'éclaire «
El Transparente»

Vue de l'extérieur de la cathédrale


* Fiat lux, fiat omnia: que la lumière soit, que tout soit!
La phrase complète de la traduction latine de la Bible (appelée La Vulgate) pour le «Fiat lux» est: «dixitque Deus fiat lux et facta est lux».Dans la traduction grecque dite la Septante, la phrase est celle-ci: «και είπε ο Θεός γενηθήτω φως και εγένετο φως».
Et la phrase originale en hébreu est celle-ci: «וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר» (moi non plus je ne sais pas la lire).

vendredi 30 janvier 2009

Québec ville magique : l'hiver


Dans cette photo, l'hiver fait fleurir les arbres
d'innombrables et minuscules étoiles blanches

La ville de Québec est magique en toutes saisons.
Mais l'hiver, quand on oublie le froid qui accompagne cette saison au Québec, la ville apparaît parfois à mes yeux comme une cité céleste tant est grande la splendeur de la lumière et de la blancheur qui la constitue et exalte les couleurs de ses bâtiments.
Voyez.


Le Château Frontenac comme un berger veillant
sur son petit troupeau de maisons enneigées
Toujours le Château Frontenac -qui est, avec raison, le symbole de la ville- mais vu d'un kiosque de la Terrasse Dufferin, de style fleuri à la fois « Art nouveau » et « empire des Indes », si je puis dire.
Lord Dufferin, le gouverneur général britannique qui a donné son nom à cette terrasse (il en avait eu l'idée ainsi que celle de la préservation de la muraille de Québec), avait toujours rêvé d'être le vice-roi des Indes (et il le deviendra plus tard). Peut-être est-ce pour satisfaire un peu son rêve qu'on a donné ce style aux kiosques et aux rampes de la terrasse qui porte son nom (prononcé à la française, «
du frein » au Québec: il est ainsi naturalisé).Une photo prise le soir d'une fenêtre 
de l'Hôtel Clarendon (ou de l'Édifice Price).
Il y a le
Château Frontenac encore et le merveilleux fleuve qui définit notre pays (le Québec) mais il y a aussi, au premier plan, la cathédrale anglicane « Holy Trinity » de « style palladien », style très populaire en Angleterre à la fin du 18e siècle.
Cette cathédrale fut la première cathédrale anglicane construite hors des Îles britanniques (1800-1804), au temps où les Anglais espéraient convertir les Québécois à leur religion et à leur langue.
Rêve vain qu'entretenait le roi George III, -le roi fou qui a aussi perdu les États-Unis-, lequel a entièrement financé la construction de cette cathédrale et l'a couverte de dons.


mardi 2 septembre 2008

Québec et Montréal par leurs cathédrales

Ceci est la cathédrale de Québec -dont j'ai déjà affirmé qu'elle était l'église-modèle de toutes les églises de la Nouvelle-France.
Elle a une charmante façade néo-classique et n'a que l'humble prétention d'être une cathédrale de la province française construite à la fin du 17e siècle ou au début du 18e.
Une cathédrale gallicane.
Elle se présente comme elle est.
Mais voici une cathédrale -celle de Montréal- qui contredit mon affirmation.

Vous en reconnaissez le modèle. C'est une petite bâtarde de Saint-Pierre de Rome et elle imite celle-ci comme elle peut mais mal (le fait que l'inscription «Queen Elizabeth» la surplombe me semble présenter un intérêt que j'approfondirai peut-être ultérieurement).
C'est une cathédrale ultramontaine et elle a été construite par une sorte d'évêque fou (Ignace Bourget) qui croyait qu'il pourrait être en Amérique ce que Pie IX était à Rome: infaillible et au-dessus des lois humaines.
Un fou qui désirait être davantage que ce qu'il était, comme l'a toujours désiré aussi l'évêque de Rome qui a eu recours à toutes les tromperies possibles pour le faire croire.
Je n'élabore pas davantage mais peut-être que cela nous dit quelque chose de l'esprit qui anime (et a animé) les autorités de Montréal -pas seulement les autorités religieuses, toutes les autorités, en ce qui concerne la conception qu'elles ont ou avaient de leur ville et d'elles-mêmes à tous points de vue.
Il me semble qu'elles gagneraient, ces autorités, à solliciter l'être fondamental de Montréal -
ville d'Amérique française, tous les termes sont à souligner- plutôt que d'avoir les yeux fixés sur l'étranger et que de l'imiter piteusement, comme dans notre exemple, pour développer leur ville.
Fi de Rome, de New York, de Londres, voire de Paris, Pékin et Tokyo.
Et elles gagneraient aussi à cesser d'obéir à des mégalomanes fous (c'est un pléonasme mais il rend bien compte de la situation) comme Montréal en a trop connu dans son histoire.

mardi 5 juin 2012

Un petit garçon urine sur les hiérarchies

Dans un billet récent de son blogue (ici), ma femme , Denise Pelletier, présentait ce tableau de Jean-Paul Lemieux intitulé «La Fête-Dieu à Québec».
Le tableau n'est pas réaliste et, par certains aspects, il appartient à la peinture naïve.
Comme comme toute peinture naïve, à son insu, il dit la vérité sur l'époque où il a été peint.
Ainsi le tableau dit la hiérarchie de ceux qui possèdent le pouvoir en 1944.
Au haut du tableau la Citadelle de Québec où flotte le drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne, l'«Union Jack»: le plus haut pouvoir est exercé au Québec par les représentants de Sa Majesté britannique et par son armée (voyez ici sur le site officiel de la Citadelle les soldats portant encore aujourd'hui l'uniforme britannique qui l'occupent).
Plus bas le Château Frontenac, construit par le «Canadien Pacifique», la compagnie de chemins de fer grâce à laquelle le Québec a été relié à l'océan Pacifique: cela signifie que le pouvoir est exercé, en deuxième lieu, par le grand capitalisme.
Plus bas la cathédrale de Québec qui signifie le pouvoir de l'Église catholique romaine, laquelle impose ce pouvoir en faisant défiler ses dignitaires par les rues de la capitale (parmi ces dignitaires Jésus-Christ lui-même, représenté par un ostensoir sous un dais royal où, affirme-t-on, il est présent personnellement dans l'hostie).
L'église Notre-Dames-des-Victoire, où aboutit la procession en bas à gauche, et une sorte de reprise (une «rime») de la cathédrale et montre l'emprisonnement idéologique où l'Église catholique -mandatée à cet effet par le pouvoir britannique- maintient le petit peuple québécois dont elle prétend, par la foi, protéger la langue.
Peut-être le petit garçon qui urine contre un arbre au milieu du tableau à droite exprime-t-il l'opinion du peintre sur ces pouvoirs et leur hiérarchie, mais on le voit à peine tant il est dangereux pour une opinion dissidente, voire seulement une moquerie, de s'exprimer.
Essayez de voir cet insolent petit garçon dans cette vue rapprochée de la partie du tableau où il se trouve, près de l'arbre derrière un couple confit en dévotions:


Voici un zoom sur le petit pisseur dont je vous prie d'excuser la définition : 

lundi 23 janvier 2012

Voûte de la cathédrale de Québec

C'est une photo de la partie centrale de la voûte de la cathédrale de Québec. 
Je crains que le ciel avec nuages blancs qui en constitue le centre soit moins bleu ici que dans l'original.
Mais c'est une belle voûte classique, avec quelques doux éléments baroques.
Impossible à Québec ou en Nouvelle-France de pouvoir bénéficier des flots d'or dépensés à Versailles et dans les palais des princes et des favorites en France, voire dans les simples chapelles de Paris.
Il fallait faire le plus beau possible avec le peu que ne détournaient pas à leur profit les administrateurs véreux (à quelques exceptions près) envoyés inlassablement par Paris pour administrer la Nouvelle-France.
« Véreux » de « Verres », le criminel administrateur romain de la Sicile que Cicéron a jadis fait condamner.
Il n'y a jamais eu de Cicéron en France.
Et bien peu ailleurs.
On peut pourtant voir ces belles fleurs dorées dans la cathédrale provinciale de la jadis capitale de la majeure partie de l'Amérique du nord:



jeudi 16 juillet 2009

Québec sur un fil

Le lundi 13 juillet 2009, un funambule français, -Ramon Kelvink junior (photo à droite)-, a traversé, sur un fil de 230 mètres de long et à une hauteur de 50 mètres, sans filet, de l'Édifice Price au Château Frontenac à Québec. La performance a duré 15 minutes.
Il est ainsi passé au-dessus de lieux chargés d'histoire.
Il y a une vidéo de cette traversée ici (c'est sur le site du journal Le Soleil de Québec) mais j'ai décidé de vous présenter certaines images que j'ai tirées de ce film pour vous montrer par ce moyen certains éléments de cette traversée.
D'abord une carte satellite des lieux:

Le départ a lieu en haut à gauche, -de l'Édifice Price (voyez la flèche verte)-, et l'arrivée en bas à droite -au Château Frontenac (voyez l'autre flèche verte).

L'image du départ de l'Édifice Price. Remarquez l'architecture « art déco » de ce beau bâtiment: c'est le Siège social de la Caisse de dépôt et placement du Québec (le siège administratif est à Montréal). Au sommet il y a la résidence de fonction du premier ministre du Québec.

On s'éloigne de l'Édifice Price. Cela permet de mieux voir son architecture.
Une meilleure vue encore.

On marche dans le ciel.

On s'achemine vers le clocher de la cathédrale anglicane (Holy Trinity) à droite (le funambule est un petit point blanc se détachant (?) de l'Édifice Price dont on voit maintenant toute la partie supérieure).

Voyez le funambule à gauche de la tourelle du Ministère des Finances du Québec (d'architecture « Second Empire » avec détails « Renaissance » et « Louis XIII ») en vue du point d'arrivée de la traversée, le «donjon» du Château Frontenac.

Les quatre dernières photos illustrent l'arrivée du funambule au point d'arrivée de sa performance -une tourelle du « donjon » du Château.
Et voici une photo (ayant meilleure définition) de Reuters du point de départ de la traversée qui permet de bien voir l'architecture de l'
Édifice Price.

Crédit photo: Reuters/Mathieu Bélanger


Et voici le point d'arrivée: au centre de la photo, le « donjon » du Château.


lundi 20 novembre 2017

Tramways de Québec

Une photo de carte postale présentant (entre autres) la place de l'Hôtel de ville et la cathédrale de Québec dans les années trente.
On reconnaît tous les bâtiments de cette photo car ils existent toujours.
Ce qui n'existe plus, c'est le plus charmant, c'est ce petit tramway sur ses rails qui passe devant la cathédrale, en bas de la photo :

 On se demande pourquoi les habitants de Québec rechignent tant à ressusciter les tramways (non, on se doute de leurs (mauvaises) raisons).
Voici le même (ou un de ses amis) descendant la côte de la Fabrique, un peu plus tard, ou dans une autre saison, qui sait ?
On aperçoit la même cathédrale au fond de la photo et l'Hôtel de ville, à droite :


lundi 23 juin 2008

Veille de la fête nationale du Québec

La fête nationale a habituellement cet aspect dans la capitale et la métropole du Québec, c'est-à-dire à Québec et à Montréal (vous voyez pourquoi le Québec est «le pays bleu»?).
Du moins c'est ainsi qu'elle nous apparaît à nous qui vivons en province, dans des villes plus petites où la joie, ayant peu de moyens financiers, doit prendre un aspect plus intime.
Mais j'en parlerai peut-être demain, de cette fête nationale.
Puisque aujourd'hui c'est la veille je vais raconter brièvement ceci qui est rapporté dans un des deux livres de Prieur et Mordillat «Jésus après Jésus» ou «Jésus contre Jésus» (voyez les images de leurs pages couvertures à gauche et à droite), je ne me souviens plus lequel (je vous en conseille vivement la lecture: je les avais tous deux mais je les ai prêtés et, comme vous savez, «livre prêté, livre perdu» mais, par vocation, cela ne me déplaît pas de perdre mes livres en les prêtant).
Il semble qu'il y avait une rivalité importante entre les premiers héritiers du judaïsme.
Entre d'une part les disciples de Jean (le baptiste) -dont c'est aussi la fête le 24 juin- et les disciples de Jésus d'autre part: les disciples de l'un et de l'autre croyaient
que leur fondateur était le véritable messie.
Il semblerait que la rivalité ait pris fin avant la rédaction des Évangiles.
D'abord parce que les disciples de Jésus avaient plus de succès dans leurs prédications, -notamment auprès des non-Juifs- et parce que, devant ce fait, les disciples de Jean, ayant obtenu que leur fondateur occupe une place importante dans la religion naissante de Jésus (celle de cousin et de Précurseur), se réunirent aux disciples de Jésus et les épaulèrent dans la fondation de ce qui est devenu le christianisme.
Je vous laisse juges.
Mais les disciples de Jésus ont tenu parole si l'on s'en tient à l'importance que Jean-Baptiste a dans les Évangiles et dans l'iconographie chrétienne (voir le Jean-Baptiste du portail nord de la cathédrale de Chartres à droite)
.

samedi 23 août 2008

Le Petit Baldaquin de Notre-Dame de Laterrière

La basilique Notre-Dame de Québec est l'église-mère de toutes les églises de la Nouvelle-France, c'est-à-dire du Québec, car les autres parties de la Nouvelle-France ont été bradées, qui par les Britanniques après la Révolution dite américaine (cession de la partie ouest de la Nouvelle-France aux États-Unis par le Traité de Paris de 1783), qui par Napoléon Bonaparte après la Révolution française (vente de la Louisiane aux mêmes État-Unis).
Voici ci-contre le petit baldaquin de l'église Notre-Dame de Laterrière qui, en dépit de son originalité, est manifestement le fils du baldaquin de la cathédrale de Québec que je vous présentais ici (clic).
C'est une des parties de l'intérieur de cette si intéressante église de Laterrière que je promettais de vous présenter hier.
Remarquez les jolies petites fleurs sculptées (cliquez l'image pour zoomer) qui sont tendues entre les «rayons» du baldaquin.
En voici une autre vue qui permet peut-être d'observer d'un peu plus près ces fleurs de l'art:

mardi 2 décembre 2008

Bleu

Dans l'émission «Des Racines et des Ailes» présentée hier à TV5-Québec (dont je vous ai glissé un mot là), à propos des vitraux de la cathédrale de Chartres, on a parlé du bleu (voyez le tableau des bleus ci-dessus que j'emprunte à Wikipédia).
J'ai fait des recherches et, outre l'article de Wikipédia qui énumère beaucoup d'expressions comportant le mot «bleu» et beaucoup de sens du mot «bleu» (allez-y en cliquant ici) j'ai trouvé deux sites (un site et un blogue plus précisément) qui m'ont donné beaucoup de renseignements sur le bleu (cliquez sur site et cliquez sur blogue pour y être).
Dans le blogue on cite même un livre portant tout entier sur le bleu: celui de Michel Pastoureau, «Bleu, histoire d’une couleur» (Paris, Seuil, 2000).
Il y a,
par Marie-France Bazzo, une interview audio -datant du 24 juin 2005- de Michel Pastoureau, sur ce livre, ici.
Je ne vous résumerai pas ici cette histoire qui m'intéresse pourtant (je vais commander le livre demain) mais je vais profiter du sujet pour présenter quelques éléments qui me plaisent.
Sachez d'abord que les Grecs et les Romains avaient peu de considération pour le bleu, qu'ils n'utilisaient jamais et pour lequel ils n'avaient pas de mots.
Les Grecs parlaient de vert ou de gris, par exemple, à propos de la couleur du ciel.
Pour les Romains, c'était la couleur des Barbares et avoir les yeux bleus était un signe de mauvaise vie pour une femme et une marque de ridicule pour un homme.
Cela a duré jusqu'au 12e siècle où les langues romanes (héritières du latin) ont dû emprunter aux langues d'origine barbare ou sémitique des termes pour désigner le bleu: le mot «
«blau» ou «blao» au germanique qui a donné «bleu» en français et à l'arabe le mot «azraq» qui a donné «azur» en français («azul», le nom du bleu en espagnol -plus près de l'arabe).
Le besoin de ces termes venait du fait qu'on s'était avisé que le bleu était rare dans la nature, qu'il était difficile à obtenir et que, en fin de compte, c'était la couleur du ciel (que jusque-là on représentait comme blanc ou doré ou noir). Et que, pour toutes ces raisons, il méritait de servir d'attribut aux personnes les plus divines et les plus royales: la Vierge Marie, par exemple, dont ce sera dorénavant la couleur du manteau, et le roi de France dont ce sera la couleur, semée de lys d'or.
C'est la raison pour laquelle la couleur la plus précieuse et la plus admirable des vitraux de Chartres est le bleu dit de Chartres. Voici le vitrail de Notre-Dame de la Belle Verrière que j'ai vu à
Chartres:


Voici la Dame vue de près:


C'est la raison aussi pour laquelle Fra Angelico, dans l'Annonciation que nous avons admirée au Musée du Prado (en même temps que les Velasquez, les Goya, les Gréco, etc.), avait mis un manteau bleu à la Vierge.
Voyez (et, en même temps, voyez une autre photo de l'intérieur de ce si beau musée):


Si le bleu était si difficile à obtenir, c'était qu'on ne pouvait l'obtenir qu'en concassant le lapis lazuli, une pierre précieuse qu'on devait importer à grands frais d'Orient et dont voici un exemple:


Et puis voici le fruit de l'«arbre du voyageur» (dont le nom savant est Ravenala madagascariensis): je vous le présente parce que les graines de ce fruit sont d'un bleu magnifique:

Enfin, permettez-moi de vous présenter un drapeau, -celui du Québec- dont le bleu est la couleur principale car elle a été héritée du bleu du manteau des rois de France, en même temps que les lys. Je souhaite qu'il flotte sur un pays libre.