lundi 15 juin 2009

Destructions inutiles et nuisibles


(Cliquez le plan pour mieux le voir : en rouge,
la basilique actuelle, en bleu la basilique construite
grâce aux subventions de l'empereur
Constantin (celui que je déteste), en noir le « Cirque »
que Néron avait fait construire et où aurait eu lieu
le martyre de saint Pierre).

Je déteste quand on détruit un bâtiment pour en construire un autre sur son emplacement.
Je considère que parmi les plus grands crimes de Staline il y a eu celui d'avoir fait raser la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou.
En voyant, dans l'article de Wikipédia consacré à Saint-Pierre de Rome, le plan -que je vous présente ci-dessus- des trois monuments qui se sont superposés sur l'emplacement où s'élève aujourd'hui cette basilique, j'ai résolu de le traduire (il est en anglais dans un article en français), de le compléter et de marquer en couleur deux des trois éléments principaux qu'il comporte.
Je voudrais illustrer l'œuvre de destruction que les papes et autres chrétiens ont accomplie à Rome depuis que, par subterfuges et mensonges, ils s'y sont emparés du pouvoir (à ce titre ils sont des « Stalines antérieurs », si je puis dire).
Et je voudrais perpétuer la mémoire de ce qui a été détruit en présentant les documents auxquels on a encore accès (ce ne sont hélas que des dessins: aussi laissé-je cette note ouverte afin de pouvoir ajouter d'autres documents quand j'en trouverai).
Voici donc le plan du premier monument érigé sur l'emplacement, le « Cirque de Néron »:
Le petit carré noir au centre de la « spina » (muret de séparation au centre du cirque) signale le lieu où se trouvait l'obélisque (à droite) qui se trouve maintenant au centre de la Place Saint-Pierre.
Et puis voici une vue et un plan de la basilique constantinienne détruite par les papes de la Renaissance.
On pourrait dire que cette basilique est celle de la chrétienté occidentale unifiée puisque c'est la construction de la basilique actuelle (financement simoniaque par la vente des Indulgences, notamment -voir ici) qui a été le prétexte (et quelque part la cause) de la Réforme protestante.

Voici la vue :


Voici le plan :


(Si vous observez bien ce plan, vous verrez
que c'est cette église qui a servi de modèle
à toutes les églises chrétiennes occidentales)

Et voici le plan de la basilique actuelle, après sa finalisation par Maderno :


La basilique actuelle est si riche, c'est-à-dire si pleine de trésors d'art et d'or et si saturée de ces trésors (elle en ruisselle) que, comme un dessert trop «riche», elle peut donner des haut-le-cœur à ceux qui prennent la peine d'observer le contraste entre ces richesses et la pauvreté du petit prophète juif qu'on proclame le fondateur de la religion dont elle est le centre.
Par certains de ses éléments cette basilique est même « quétaine* ».
Mais sa principale faute est d'occuper un emplacement où se trouvait un monument plus que millénaire qu'elle a écrasé pour être.

* Parmi les « quétaineries », l'exposition des cadavres de papes n'est pas la moindre.


 P.S. Ajouts de documents:

Voici un dessin plus précis de la basilique constantinienne de Saint-Pierre de Rome : celle-ci est à gauche. À droite une sorte de forteresse, bien nécessaire en ces temps barbares.

Et voici, tirée d'un tableau de Raphaël, une vue du chœur de cette basilique constantinienne : on voit que les colonnes torses qui apparaissent aujourd'hui dans la « nouvelle » basilique ne sont pas une invention du Bernin car il en existait déjà, comme vous le voyez (on en voit quatre dans le tableau **), dans l'ancienne basilique.
La disposition me semble similaire à celle des églises grecques orthodoxes, un peu comme celle que l'on observe dans la basilique Saint-Marc de Venise où l'« iconostase » des églises grecques est cependant, comme ici, remplacée par une rangées de colonnes :


Voici une vue de la rangée de colonnes qui tient lieu d'« iconostase » à Saint-Marc de Venise. Les icônes peintes des iconostases grecques orthodoxes sont ici remplacées par des statues : sublime substitution.




** J'ai vu une de ces colonnes à une exposition sur Rome au Musée de la civilisation à Québec.

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