lundi 5 août 2013

Sur Tibère

Je l'aime bien, Tibère.
C'est le seul César Auguste qui a interdit qu'on le divinise après sa mort.
Même le chrétien (sur son lit de mort) Constantin ne l'a pas interdit (et le Sénat l'a divinisé, aussi bien le Sénat de Rome que le Sénat de Constantinople, les Chrétiens, quant à eux, l'ont canonisé : Constantin a gagné sur tous les tableaux, j'imagine qu'il avait pressenti le « pari de Pascal »).
C'est la raison pour laquelle j'ai rendu ses yeux au désintéressé Tibère que les Chrétiens (je crois) lui avaient arrachés car ils croyaient que les statues avec des yeux pouvaient être transformées en idoles et faire concurrence à leur dieu, aussi jaloux des autres dieux que le Yahvé de la Bible.
Il est allé longuement étudier à Rhodes quand Auguste lui a préféré comme successeurs ses propres petits-fils, tous morts avant Auguste et avant lui.
Il a sans doute vu, comme moi, la beauté de la mer depuis l'acropole de Lindos.
Il a hérité du principat malgré lui.
On peut lui pardonner un peu de cruauté.
Elle a été moindre que celle de la plupart des papes quand ceux-ci jouissaient d'un pouvoir effectif.

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