dimanche 25 juillet 2010

Le père cornu inspire l'empire


Une anecdote rapportée par Christopher Buckley sur George W. Bush (revenons encore une fois sur cette nouille tant ce type est le symbole même de tous les médiocres de l'univers qui se lancent en politique aujourd'hui et nous conduisent à la sottise et à la ruine).
Christopher Buckley, un romancier, est également, dans divers journaux et magazines, chroniqueur des mœurs de la capitale de l'empire étasunien, Washington, « [v]ille de puissance, mais aussi de médiocrités, qui regorge d'armes de destructions mesquines... », écrit Éric Aeschiman de Libération (ici).
Voici l'anecdote, tellement significative tant elle peint avec vérité cette conviction protestante selon laquelle chacun des fidèles peut faire parler Dieu comme un ventriloque fait parler une marionnette -conviction plus stupide encore que la conviction catholique selon laquelle le pape (et, à la limite, le concile) peut seul accomplir ce tour de cirque :

Quand on a demandé à W. [George W. Bush] s’il avait consulté son père [George H. W. Bush] avant de déclarer la guerre à l’Irak, il a répondu qu’il avait consulté un père plus élevé.

Ce père plus élevé est manifestement celui de la photo ci-dessus, dont les cornes enflammées affleurent des nuages de feu qui ont commencé à l'époque Bush
(mais peut-être dès la fondation des États-Unis) à couvrir peu à peu le ciel de Washington et de tout l'empire.
Qui combat par le feu périra par le feu !

samedi 24 juillet 2010

Température du 24 juillet à Saguenay

Matin-----------------------------------------Après-midi











Jour de la prêle
6e jour du mois de thermidor
dans le calendrier républicain français.

Cadeau mérité

Voici le cadeau que le caricaturiste Brian Fairrington proposait de donner au président de BP pour la Fête des pères.
Belle pensée!
Il semble que le destinataire ne l'ait pas encore reçu.

Dommage!

Opinions

La réalité elle-même est une construction mentale, à plus forte raison l'angoisse qu'elle peut éventuellement causer.
Il existe certainement quelque chose de différent de ce que nous construisons avec nos perceptions, les appareils et les machines scientifiques que nous mettons au point nous le font bien voir.
Mais cela n'a aucun rapport avec notre vie de tous les jours.
Nous n'en tenons donc pas compte et nous nous laissons aller à nos angoisses en recourant aux croyances pour calmer celles-ci.
En vain.

Cornes

Des implants plutôt insolites sur un individu (étasunien, quoi d'autres?) accusé de tentative de meurtre.
Ces cornes sont en teflon et ont du être implantées en plusieurs fois afin d'étirer progressivement la peau du front et de leur créer l'espace qui leur était nécessaire.
Je ne sais pas si c'est la présence de cornes (et ce avec quoi elles sont reliées) qui a amené les pulsions criminelles ou les pulsions criminelles qui ont amené les cornes.
Peut-être une dialectique.
Je ne sais pas si elles donnent des sensations érotiques spéciales à leur porteur.
Ou des douleurs (mais en tous cas celles-ci viendront sûrement avec l'âge).
La présence de ces cornes entraînera-t-elle ses partenaires à le tromper?
Il a 26 ans. Peut-être l'a-t-il déjà été !
(L'article original de Zigonet est ici).

Piékouagami

Je suis de retour depuis hier après-midi de Québec pour un petit examen oculaire de routine mais je n'ai pu avant maintenant reprendre mes billets quotidiens.
Je le fais pour vous présenter non des photos de Québec (temps magnifique et repas devant ou près de paysages magnifiques, les photos viendront plus tard) mais des photos du lac Saint-Jean prises au début de la semaine à partir du plus haut point de Val-Jalbert dont je vous ai déjà parlé.
Le nom d'origine de ce lac, -et qu'il reprendra un jour j'en suis sûr-, est « Piékouagami » qui signifie soit « lac peu profond », soit « lac plat », soit « lac aux rivages plats » tout dépendant peut-être de la langue ou du dialecte amérindien qu'on utilise pour en faire l'étymologie.
Le nom « Saint-Jean » qu'on lui donne en l'honneur de son « découvreur européen », Jean de Quen, ne lui convient pas du tout, l'Amérique n'ayant rien à voir avec un quelconque saint chrétien antique, qu'il ait été ou non auteur d'un évangile et de l'Apocalypse.
C'est une mer bleue d'où ne surgira aucun monstre prophétisé : voyez ces photos qui constituent une suite de zooms à partir de la première ci-haut:


jeudi 22 juillet 2010

4 thermidor, jour de l'ivraie


Jour de l'ivraie,
4e jour du mois de thermidor,
dans le calendrier républicain français.

Horrible vêtement

À Val-Jalbert, j'ai pris cette photo d'une femme qui tente (riant et s'amusant) de reconstituer le passé en arborant l'habit que les religieuses arboraient jusque durant les années soixante au Québec (et, je crois, dans tout le monde catholique).
Cet habit, c'était, très formalisé, l'habit que portaient les femmes occidentales au Moyen Âge et qu'elles ont abandonné à la Renaissance, à l'aube des temps modernes et de leur liberté.
Ces religieuses étaient les seules femmes occidentales dont le vêtement pouvait être comparé à celui des femmes musulmanes.
Mais ce sont toutes les femmes musulmanes qui, dans les pays qui vivent sous la charia et autres lois supposément religieuses, sont appelés à porter un vêtement qui les dérobe ainsi aux regards.
Certaines mêmes voudraient le porter dans les pays occidentaux (ou certains voudraient les obliger à le faire).
Non sans résistance -acharnée- de ces pays.
Mais ces religieuses n'étaient pas des femmes ordinaires, c'était des femmes qui avaient renoncé au mariage et à ce qu'elles appelaient les « vanités de la vie terrestre », les « vanités du monde ».
Elles avaient renoncé à la Terre au profit du Ciel.
Comme les croyants dont les pays sont, de ce fait, sous-développés.
Les religieuses se présentaient comme les épouses de Dieu.
Si elles se présentent toujours comme telles, elles ont cependant renoncé à cet habit qui n'avait aucune justification qu'historique.
Comme la soutane pour les hommes, qui n'a pas d'autres justification, elle aussi, que l'histoire.
En portant un vêtement pareil, on perpétue simplement le Moyen Âge
et quand on veut le porter dans les pays occidentaux on donne l'impression de vouloir ramener toute la civilisation de progrès matériel que l'Occident a édifiée (avec ses qualités et ses défauts) aux jours noirs des pénuries, du fanatisme, et des épidémies universelles.
Aux jours noirs de la soumission et de l'esclavage des femmes.
Aux jours où les hommes étaient (ou se croyaient et étaient crus) les ridicules dieux des femmes.
(Ce que le pape et les hiérarques chrétiens, et religieux en général, se croient encore).
Aux jours du sous-développement, de la pauvreté, de la vie manquée pour tous.

mercredi 21 juillet 2010

Température du 21 juillet à Saguenay

Matin------------------------------------------Après-midi












Jour du melon
3e jour du mois de thermidor,
dans le calendrier républicain français.

Melon

Les femmes qui jouent les hommes

Le théâtre de l'Antiquité était une affaire d'hommes car les acteurs étaient du sexe masculin, même quand ils devaient jouer des rôles de femmes, et le public, je le crois, même si la discussion est encore ouverte à ce sujet, était lui aussi composé d'hommes exclusivement ou majoritairement (quelques vestales ou grandes prêtresses constituaient l'exception).
Les femmes grecques étaient confinées au gynécée, comme les femmes musulmanes le sont encore aujourd'hui (dans une partie de la maison qui ne s'appelle plus « gynécée » mais en joue le rôle).
On était donc entre hommes (comme à la taverne au Québec jusqu'aux années 80) et on pouvait pour cette raison s'autoriser l'usage de tous les gros mots.
Les mots considérés comme les plus vulgaires étaient permis.
Parler des fonctions corporelles les plus « basses », de leur bon ou mauvais fonctionnement, de leurs « odeurs » et autres consistances, était habituel.
Pas de (réputées) chastes oreilles.
Cela vaut, naturellement, pour le théâtre comique.
Le langage de la tragédie était plus châtié.
Aristophane ne manquait pas de sacrifier avec enthousiasme à la coutume et de surenchérir sur elle avec un génie suprême de l'invention et de la moquerie.
J'ai pu le constater lors de la représentation de « L'Assemblée des femmes » donnée par le Théâtre 100 Masques à Chicoutimi dimanche dernier.
(Aristophane trouve le moyen d'y ridiculiser le communisme et les femmes qui veulent l'implanter, entre autres choses, aussi bien que le petit esprit, l'égoïsme et l'indécrottable vulgarité des hommes et des laides et vieilles parmi les femmes).
Seulement voilà : dans cette représentation tous les rôles étaient joués par des femmes.
La manière antique était inversée.
Même au Québec on n'est pas (encore) habitué d'entendre des mots grossiers, scatologiques, sortir de la bouche de femmes.
Même si Thierry Ardisson, le directeur de Paris-Match et consorts trouvent que les Québécoises sont mal embouchées.
Ces gros mots reprennent donc toutes leurs forces et celles-ci sont considérables.
On rit donc beaucoup à cette représentation, et parfois jaune.
Jaune très foncé.
Les excellentes interprètes sentent bien que ce vocabulaire ne convient pas à des femmes et même quand elles jouent le rôle de femmes elles sentent le besoin de grossir leur voix, comme pour la rapprocher d'une voix d'homme.
Seule voix à laquelle convient ce vocabulaire.
C'est encore plus drôle : elles doivent ainsi rendre la monnaie de leur pièce aux acteurs masculins antiques qui devaient minauder et prendre une voix haut perchée en jouant leurs rôles de femmes.
C'est une autre des nombreuses bonnes idées de mise en scène de Dario Larouche (avec, par exemple, les pénis mous dont sont dotés les « hommes » que ceux-ci manipulent avec allégresse (comme dans la réalité), les colonnes doriques rigides que l'on manipule également avec allégresse (ce sont les « femmes » qui le font et on comprend pourquoi), les barbes que l'on traite parfois comme des serviettes ou des papiers de toilette, etc.)

P.S. Éclairante critique de Denise Pelletier ici
.

mardi 20 juillet 2010

Température du 20 juillet à Saguenay

Matin------------------------------------------Après-midi















Jour du bouillon-blanc
2e jour du mois de thermidor,
dans le calendrier républicain français.

Bouillon-blanc

Une virgule fatale

9782266167505Parlant des «Mémoires de guerre» du général de Gaulle, voici comment (ici) Raphaël Sorin présente (et fait part de son admiration pour elle) l'analyse que Jacques Mercanton fait de l'utilisation d'une virgule dans le compte rendu du général de sa dernière rencontre avec le maréchal Pétain (il était encore maréchal à cette époque où il n'avait pas trahi son pays).


[...] Quant à ce qui concerne Pétain, son point de vue [celui de Jacques Mercanton] est tout simplement formidable. Il devrait servir de modèle à une future explication de texte. De Gaulle rappelle leur dernière rencontre à Bordeaux, à l’Hôtel Splendid: «Au Maréchal, qui dînait dans la même salle, j’allai en silence adresser mon salut. Il me serra la main, sans un mot. Je ne devais plus le revoir, jamais». Et Mercanton de s’arrêter sur cette dernière virgule, qui isole le mot «jamais». «C’est elle qui donne tout son poids au mot et marque le sens de cet adieu. Qu’on la supprime, la phrase prend un caractère banal, ne rapporte plus qu’une circonstance ou un hasard. Grâce à elle, elle a une sonorité fatidique, qui suggère la force de l’événement qui va faire de ces deux hommes des adversaires, sans merci.

C'est ce qu'on pourrait appeler une virgule fatale.

Église couronnée d'un coq

Lors de mon excursion à Val-Jalbert, en empruntant les longs escaliers de bois construits dans la forêt pour atteindre le sommet de la chute (plus haute que celles du Niagara) ou en redescendre (j'ai emprunté le téléphérique pour monter et n'ai emprunté les escaliers et les sentiers de bois que pour redescendre), j'ai pu prendre une photo, dans le lointain, de l'église Saint-Louis de Chambord.
Vous la voyez au centre de la photo, entre les conifères de Val-Jalbert.
Devant l'église vous voyez une petite partie du lac Saint-Jean.
Et voici deux autres photos du clocher de l'église.
Je devais vous en présenter la façade mais celle-ci est en rénovation et masquée par des échafaudages.
Je vous en présente donc des parties, pour le moment le sommet du clocher où j'ai découvert un beau coq, comme sur les clochers des églises françaises, perché sur une croix très originale.
Voyez :

lundi 19 juillet 2010

Température du 19 juillet à Saguenay

Matin------------------------------------------Après-midi













Jour de l'épeautre
1er jour du mois de thermidor,
dans le calendrier républicain français.

Épeautre

Fantômes

Excursion aujourd'hui à Val-Jalbert, le village-fantôme au Lac St-Jean.
Parmi toutes les photos que j'ai prises (je vous en présenterai quelques-unes un jour ou l'autre), celle-ci qui me semble symbolique.
Symbolique des tenants et aboutissants du rêve étasunien.
Il s'agissait d'être seul pour aller d'un lieu à un autre non pour rencontrer d'autres personnes mais, comme un prédateur, pour dérober aux autres ce qui permet de réussir apparemment seul, de se proclamer «self made man».
Pour cela laisser dépérir ce qui permet de rencontrer les autres et trahirait les larcins, les transports en commun, les trains par exemple.
Avec, pour conséquence, ces arbres qui poussent entre (et sur) les rails d'une voie ferrée.
Alors que l'on sait bien que toute réussite -surtout économique- dépend d'abord de ce que donnent les autres, d'une exploitation éhontée et tue (j'aime bien ce mot, il convient bien ici car il est à la fois participe passé du verbe «taire» et 3e personne de l'indicatif présent du verbe «tuer») de ce que donnent les autres, la plupart du temps malgré eux ou à leur insu.

Vacances?

Crédit photo: AP / SIPA

Crédit photo: M.RIOPA/AFP

Crédit photo: STRINGER / REUTERS

Trois photos de vacances qui ne me font pas du tout envie.
En Chine, au Pakistan, en Europe, partout!
Toutes ces foules et tout ce qu'elles déposent dans l'eau, dans les oreilles, dans les yeux, etc.
Pouah!
Foules et vacances (et canicules) ne riment évidemment pas.