lundi 8 octobre 2012

Les plus rares fleurs


 Ce n'est pas un tableau, c'est un champ de tulipes aux Pays-Bas (le mot « Hollande » est plus poétique mais ce n'est pas le nom officiel du pays, c'est le nom d'une de ses provinces).
Quand j'étais jeune, au moment où j'ai découvert « Les Fleurs du mal » de Baudelaire -qu'il était péché mortel de lire (« être péché de faire quelque chose », c'est une expression québécoise, existe-t-elle aussi ailleurs ?)-, on croyait que la « Hollande » était ce pays dont le poème  « L'invitation au voyage » parlait sans le nommer.
Je le crois encore, connaissant les Pays-Bas seulement par les toiles de Vermeer (la « Vue de Delft » particulièrement).
Voici le poème, et la valse que Léo Ferré a composée pour l'interpréter :


L'Invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,

Songe à la douceur

D'aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir,

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

De tes traîtres yeux,

Brillant à travers leurs larmes.



Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.



Des meubles luisants,

Polis par les ans,

Décoreraient notre chambre ;

Les plus rares fleurs

Mêlant leurs odeurs

Aux vagues senteurs de l'ambre,

Les riches plafonds,

Les miroirs profonds,

La splendeur orientale,

Tout y parlerait

À l'âme en secret

Sa douce langue natale.



Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.



Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l'humeur est vagabonde ;

C'est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu'ils viennent du bout du monde.

- Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière,

D'hyacinthe et d'or ;

Le monde s'endort

Dans une chaude lumière.



Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
 

Luxe, calme et volupté.




2 commentaires:

orfeenix a dit…

Les Fleurs du Mal! Un péché! Je comprends mieux votre rejet de l' Eglise...

Jack a dit…

Jusqu'en 1962 ou 63, elles étaient inscrites à l'Index romain, comme tout ce qui compte dans la littérature française (et universelle) depuis la fin du 17e siècle (même auparavant : Montaigne et Pascal et Racine, etc.). C"était péché même pour vous si vous viviez déjà et étiez catholique en ce temps-là.
Je suis très content que vous puissiez voir pourquoi Rome est « l'unique (pas tout à fait) objet de mon ressentiment » (mais aussi La Mecque et Médine, et Jérusalem et tous les lieux où quelqu'un s'est prétendu prophète, voire fils de Dieu et Dieu lui-même).

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