samedi 12 novembre 2016

Tramways

Un tramway de Montréal, rue Berri, dans une peinture d'Adrien Hébert que j'ai vue lors d'une exposition sur « le Groupe de Beaver Hall » au musée des beaux-arts de Montréal, l'année dernière ou l'année d'avant.
Lors de mon premier voyage à Montréal, vers 1953, j'ai vu et emprunté au moins un tramway comme celui-ci, et son bringuebalement bruyant m'a marqué pour toujours.
Il y a un court poème de Leonard Cohen, dont la voix nous manque déjà depuis cinq ou six jours qu'il est mort, qui s'intitule « Streetcars » ( « Tramways » : étrangement, le mot anglais est traduit en français par un mot anglais) et que j'aime pour cette raison :

Streetcars

Did you see the streetcars 
passing as of old

along Ste Catherine Street ? 
Golden Streetcars
passing under the tearfull 

Temple of the Heart
where the crutches hang


like catatonic divining twigs.
 


Voici la traduction qu'en a donnée son ami, Michel Garneau, poète lui-même et dramaturge, en 2000 :

Tramways

As-tu vu les tramways
 

passer comme naguère

sur la rue Sainte-Catherine ? 
Tramways dorés

passant sous le larmoyant

Temple du Cœur

où les béquilles pendent tels

de catatoniques bâtons de divination. 


Je suis content de connaître assez Montréal (j'y ai habité plus tard, dans les années soixante) pour savoir tous les lieux qui apparaissent dans le poème de Cohen et saisir que tout Montréal et le Québec de ces années-là (50 et 60) y sont ressuscités, l'air de rien.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire