lundi 28 novembre 2016

Mon rêve familier

C'est Paul Verlaine peint (et, sans doute, embelli) par Frédéric Bazille, en 1868.
À cette époque,Verlaine n'a pas vu sa vie et son art bouleversés par l'irruption d'Arthur Rimbaud.
Quand j'étais enfant (vers huit ou neuf ans), ce sont les vers du Verlaine de cette époque que j'ai connus, et particulièrement ce sonnet des « Poèmes saturniens », qui apparaissait dans les anthologies que les Québécois de cette époque pouvaient lire sans être excommuniés par les prélats de l'Église catholique (temps maudits et exécrables !)


MON RÊVE FAMILIER


 
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

 

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

 

 Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

 

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.


J'aime encore ce Verlaine-là, et les autres aussi. 
Et j'aime encore « Harmonie du soir » de Baudelaire et « Le Lac » de Lamartine et tant d'autres qui m'ont fait entrer dans le royaume éternel de la poésie.
Et je hais toujours autant l'Église catholique, voire toutes les églises chrétiennes !
Voire toutes les religions qui imposent des règles haineuses ou absurdes aux humains (vêtements, nourritures, préjugés, etc.)
Vive Satan, et l'enfer où tous ces prélats aboutiront, malgré leurs canonisations réciproques et fictives !

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