jeudi 19 septembre 2013

La chapelle des Pazzi et autres histoires

C'est la chapelle des Pazzi de la basilique de Santa Croce à Florence.
Elle a été construite sur commande des membres de la famille Pazzi, auteurs, à l'instigation du pape Sixte IV*, de la conjuration qui porte leur nom contre les Médicis.
Lors de la conjuration ils ont pu assassiner Julien de Médicis mais, finalement, ils ont été exécutés, pour la majorité d'entre eux, en compagnie de l'archevêque de Pise, sur les ordres du survivant Médicis, Laurent.
J'avoue ne prendre parti ni pour les Pazzi, ni pour les Médicis et n'aimer ni l'une ni l'autre famille.
Au contraire !
Mais j'aime la chapelle des Pazzi (de Brunelleschi), avec sa coupole à lanternon, ses petites colonnes corinthiennes et le fait qu'elle ne soit pas terminée puisque les Pazzi ont été tués ou exilés avant qu'elle le soit.
J'aime l'imperfection en général, et ici en particulier.
Je l'aime parce que c'est là, devant le crucifix de Cimabue -qui s'y trouvait à l'époque de ma visite (histoire de son sauvetage au bout du lien « crucifix »)-, que j'ai pu saisir non seulement l'impuissance de Dieu, mais sa cruauté voire son indifférence.
(Évidemment, le crucifix n'est pas seul en cause, j'ai été témoin de millions de morts dans les catastrophes depuis ma naissance et de la mort de ma sœur d'un an. Et je connais l'histoire, et moi je ne l'oublie pas).
Je parle de la cruauté et de l'indifférence de Dieu s'il existe : ce dont je doute fortement maintenant car il me semble qu'il vaut mieux qu'il n'existe pas.
Ce crucifix a presque été détruit par les épouvantables inondations du centre de Florence par l'Arno en 1966.
Voici son aspect quand je l'ai vu, et je souligne qu'il avait été restauré :

Voici une partie de la tête du crucifié avant la restauration :

Et voici le crucifix avant la catastrophe :

J'aime l'imperfection  mais pas la destruction.

* Le pape voulait donner deux villes appartenant à Florence à son neveu et les Médicis s'y opposaient. Pourquoi ne pas les faire assassiner ? Cela fait perdre toute créance dans la prétention des papes d'être les successeurs de Jésus-Christ. 
Et ce n'est pas parce que ce pape a fait construire la chapelle Sixtine qu'on lui pardonnera d'avoir été un assassin.

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