lundi 16 octobre 2017

Les croyances d'autant plus dangereuses que rien ne peut les déraciner

Le Sénat et le peuple romain (surtout le Sénat) puis, après Auguste, l'empereur, qui réunissait dans sa main le pouvoir du Sénat et du peuple, avaient tendance à croire que ce qu'ils décrétaient être la vérité était effectivement la vérité.
L'Église romaine a hérité de cette croyance : ainsi, par le sacrement de la confession, qu'elle prétend établi par celui qu'elle a décrété être Dieu, sacrement dont elle confie imprudemment l'administration à ses prêtres, elle prétend que Dieu lui-même pardonne les péchés ; elle prétend que c'est Dieu qui, par elle, juge qu'un mariage est valide et ne peut être rompu par un divorce, etc.
Bref, comme le Sénat et l'empereur romains, l'Église croit que sa parole est celle de Dieu : elle se prend pour Dieu !
Et vous avez vu les pauvres vieillards orgueilleux (et parfois cupides) qui la dirigent !
Il en était ainsi des basileus de Constantinople qui se croyaient héritiers des empereurs romains.
Ils avaient décrété que ce cercle gris entouré de cercles pourpres et verts que vous apercevez dans la photo et qui se trouvait (et se trouve) dans Sainte-Sophie, maintenant à Istanbul, ils avaient décrété, donc, que ce cercle où ils étaient intronisés « basileus » était l' « ὀμφαλός κόσμοu », le « nombril du monde », et que leur pouvoir, puisqu'ils y étaient intronisés, s'étendait sur le monde dont ce nombril était le centre.
Et même au moment où leur empire se réduisait à la seule ville de Constantinople, vers 1450, au moment où les Ottomans allaient la conquérir (en 1453), ils y croyaient encore.
Les croyances sont d'autant plus dangereuses que rien ne peut les déraciner dans l'esprit de ceux où on les a enracinées.

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