vendredi 10 mai 2019

Telle aussi mon âme eût voulu mourir/Du premier baiser qui l’a parfumée !

Une reliure cuir art déco (1937) des « Poèmes barbares » de Leconte de Lisle.
Jamais je n'aurais cru qu'on publiait encore, dans les années trente du 20e, des poèmes de Leconte de Lisle.
Et avec un tel luxe
On ne le ferait certes plus aujourd'hui parce qu'ils n'ont plus vraiment de lecteurs, ces poèmes.
Il y en a pourtant d'intéressants, comme ce sonnet (la plupart des autres sont très longs : il rivalisait avec Hugo et certes pas avec Verlaine ou Mallarmé) :






Le vert colibri, le roi des collines,
Voyant la rosée et le soleil clair
Luire dans son nid tissé d’herbes fines, 

Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.
 

Il se hâte et vole aux sources voisines
Où les bambous font le bruit de la mer,
Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,
S’ouvre et porte au cœur un humide éclair.

 

Vers la fleur dorée il descend, se pose,
Et boit tant d’amour dans la coupe rose,
Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

 

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,
Telle aussi mon âme eût voulu mourir
Du premier baiser qui l’a parfumée ! 


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