jeudi 16 juin 2016

L'imperfection

Je me souviens d'un temps où, entraîné par le goût dominant (au Québec), je trouvais laides les perles baroques (celles qui ont donné leur nom au style d'art du 17e siècle) comme celles qui composent cette broche.
Plus belles me semblaient les perles rondes comme celles-ci :

Maintenant je n'aime pas leur perfection, comme je n'aime pas la perfection (ou l'existence) de Dieu : je préfère maintenant tout ce qui me semble imparfait.
Car tout ce qui est parfait ne peut pas évoluer, est mort, somme toute, et tout ce qui est imparfait a les caractéristiques mêmes de la vie.
Sans cesse changeante et appelée à changer.
Proust parlait dans « la Recherche » (ou peut-être dans le « Contre Sainte-Beuve » ) de cette caractéristique commune aux grandes œuvres de n'avoir pu être terminées (et la sienne a cette caractéristique).
Toutes les grandes œuvres sont donc des perles baroques. 
Elles sont vivantes, alors que les autres sont inaltérablement mortes (ou ont besoin d'une lecture iconoclaste qui les rend imparfaites pour ressusciter).

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