dimanche 19 avril 2015

Un « bassin » musulman ayant servi de baptistère chrétien

 © 2010 Musée du Louvre/Hugues Dubois

On appelle habituellement ce vase un « bassin » mais comme celui-ci a servi à des usages liturgiques on l'appelle « baptistère de saint Louis ».
On pensait qu'il avait servi à baptiser soit saint Louis, soit ses enfants, mais en réalité il été fabriqué, après l'époque de saint Louis, à Damas par un orfèvre musulman, sur commande d'un noble de l'île de Chypre, encore franque à l'époque, et qui, peut-être, appartenait à la famille des Lusignan.
Le « bassin » n'avait pas été livré car les Mamelouks d'Égypte, après avoir pris Damas, l'avaient confisqué et emporté au Caire.
Après diverses péripéties, il avait été donné en cadeau à François 1er par le sultan ottoman Soliman le Magnifique.
Le roi et sa cour crurent qu'il s'agissait d'un vase ayant quelque chose à voir avec Jésus-Christ, tout musulman qu'il fût, et commandèrent qu'on s'en serve pour baptiser par immersion le futur roi François II qui venait de naître.
Henri IV, 50 ou 60 ans plus tard, y fit baptiser son fils, le futur Louis XIII, et Napoléon III, assoiffé de légitimité, y fit baptiser son fils, le prince impérial, vers 1860.
La facilité avec laquelle on fait d'un objet quelconque un objet sacré pourrait étonner mais moins quand on s'avise de se souvenir de ce qu'on appelle des miracles, eux aussi actes ordinaires que des naïfs, dans toutes les religions, croient des œuvres de leur divinité.
Ce « bassin » (puisque c'est ce qu'il est) est au musée du Louvre (voir ici).
En voici une photo d'une partie de l'intérieur :

© 2010 Musée du Louvre/Hugues Dubois

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