mercredi 29 avril 2015

Jardin chinois

C'est le « Jardin chinois » du Manoir du Saguenay, du temps de sa splendeur.
Je crains qu'il n'ait pas été que chinois car il me semble y avoir vu aussi des éléments japonais.
À l'époque, « chinois » ou « japonais » c'était un peu des synonymes.
J'écris « ait été » parce que, pour l'essentiel, je crois qu'il a disparu.
Il me semble qu'il en restait des éléments la dernière fois que je suis passé par là, il y a quelques années, dont cette sorte de lanterne de pierre que vous voyez à droite.
Je ne me souviens pas d'avoir vu le reste.
Mais le jardin illustre le fait qu'Arvida attirait des gens de toutes nationalités et de toutes races dans les années trente, quarante et cinquante (du 20e siècle évidemment), à cause de l'usine d'aluminium d'Alcoa d'abord, puis d'Alcan.
La présence de ces gens faisait en sorte que la chape de plomb du catholicisme pesait moins à Arvida qu'ailleurs au Québec et dans la région du Saguenay-Lac Saint-Jean : comment les censeurs inquisitoriaux de l'évêché catholique auraient-ils procédé pour interdire des livres dans d'autres langues que le français ou l'anglais comme ils interdisaient la lecture, sous peine d'excommunication et de feu éternel, toute la littérature française, voire québécoise?
J'ai vu, jusqu'à tout récemment, des livres en polonais à la bibliothèque municipale d'Arvida.
Par ailleurs, les incroyants d'origine catholique pouvaient s'abstenir d'aller à la messe le dimanche sans que les tyrans religieux puissent le savoir et puissent condamner les récalcitrants à la discrimination, comme ils le faisaient habituellement ailleurs, à Chicoutimi et à Jonquière, villes bien quadrillées par les soldats et espions de Marie et de Jésus (sic) : tant de gens restaient à la maison le dimanche, étant ingénieurs, chimistes, physiciens ou administrateurs et connaissant Darwin, celui qui a rendu Dieu, et surtout les curés, inutiles !
Peut-être cela a-t-il joué un rôle dans la bienvenue déchristianisation des régions environnantes, le début de la liberté !

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