mardi 17 mars 2015

Où donc est le Sauveur pour entrouvrir nos tombes ?


Je vous ai présenté l'extrait de « La Fin de Satan » de Victor Hugo que cite le numéro hors série de l'OBS consacré à « L'énigme Jésus » (ici).
D'autres beaux vers sont présentés dans ce numéro hors série.
Ce sont des vers du chant I de Rolla d'Alfred de Musset que chacun d'entre nous pourrait reconnaître comme siens étant donné ce qu'est devenu le christianisme, censé être le porte-parole de Jésus mais étant devenu plutôt, depuis Constantin, l'héritier de l'empire romain et une autre forme (la pire) de celui-ci.
Voici ces vers :


O Christ ! je ne suis pas de ceux que la prière 

Dans tes temples muets amène à pas tremblants ; 

Je ne suis pas de ceux qui vont à ton Calvaire, 

En se frappant le cœur, baiser tes pieds sanglants ; 

Et je reste debout sous tes sacrés portiques ; 

Quand ton peuple fidèle, autour des noirs arceaux, 

Se courbe en murmurant sous le vent des cantiques, 

Comme au souffle du nord un peuple de roseaux. 

Je ne crois pas, ô Christ ! à ta parole sainte 

Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux. 

D'un siècle sans espoir naît un siècle sans crainte ; 

Les comètes du nôtre ont dépeuplé les cieux. 

Maintenant le hasard promène au sein des ombres 

De leurs illusions les mondes réveillés ; 

L'esprit des temps passés, errant sur leurs décombres, 

Jette au gouffre éternel tes anges mutilés. 

Les clous du Golgotha te soutiennent à peine ; 

Sous ton divin tombeau le sol s'est dérobé :

Ta gloire est morte, ô Christ ! et sur nos croix d'ébène 

Ton cadavre céleste en poussière est tombé !

Eh bien ! qu'il soit permis d'en baiser la poussière 


Au moins crédule enfant de ce siècle sans foi, 

Et de pleurer, ô Christ ! sur cette froide terre 

Qui vivait de ta mort, et qui mourra sans toi ! 

Oh ! maintenant, mon Dieu, qui lui rendra la vie ? 

Du plus pur de ton sang tu l'avais rajeunie; 

Jésus, ce que tu fis, qui jamais le fera ? 

Nous, vieillards nés d'hier, qui nous rajeunira ?
Nous sommes aussi vieux qu'au jour de ta naissance. 


Nous attendons autant, nous avons plus perdu. 

Plus livide et plus froid, dans son cercueil immense 

Pour la seconde fois Lazare est étendu. 

Où donc est le Sauveur pour entrouvrir nos tombes ?

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