jeudi 28 mars 2013

Une âme damnée avant que son corps meure

 Crédit photo : Nat Fareman-Time-Life Pictures/Getty Images

C'est une photo prise dans les années cinquante lors de fouilles entreprises sous la basilique Saint-Pierre pour retrouver les ossements de saint Pierre.
(On les a probablement retrouvés mais qu'est-ce que cela change ?)
La photo représente le gisant de l'un de ceux qui se croyaient les successeurs de saint Pierre, le pape Boniface VIII.
Ce pape fait un peu partie de l'actualité puisqu'il a succédé au dernier pape qui avait renoncé à la papauté avant Benoit XVI, le pape Célestin V qui n'aimait pas être pape  (on le comprend, trahir ainsi Jésus-Christ !).
Boniface VIII se hâta de le faire enfermer dès son élection et le fit assassiner un peu plus tard afin que son autorité ne soit menacée d'aucune façon*.
Car Boniface VIII y tenait à son autorité : il croyait même que le fait de succéder à saint Pierre le rendait maître du monde, à la fois pape, roi, empereur.
Il se trompait de prédécesseur : dans cette perspective ce sont les Césars qu'il aurait dû invoquer.
Pour préserver cette autorité il vendit et distribua beaucoup de biens de l'Église (comme ses prédécesseurs et ses successeurs).
Dante le place dans son enfer, où il rencontre son âme torturée dans le cercle des simoniaques (ceux qui ont vendu des biens sacrés).
Or Boniface VIII n'est pas mort quand Dante le rencontre en enfer, guidé par Virgile
C'est que, selon Dante, l'âme du pape était si noire qu'elle a été précipitée en enfer dès que celui-ci est devenu pape et qu'elle a été remplacée dans son corps par un démon envoyé par Satan.
(Personnellement je crois que tous ceux qui accèdent à des hautes fonctions subissent la même peine et sont derechef damnés, tout en restant apparemment vivants devant nos yeux : leur âme -bonne ou mauvaise- est emportée en enfer (si l'enfer existe) et elle est remplacée par un démon. Voyez George W Bush, Stephen Harper, Jean Charest, Lucien Bouchard, Nicolas Sarkozy, même Barack Obama : ne sont-ils pas tous dorénavant possédés du démon ? Et je ne parle ici que des présidents ou premiers ministres. Je crois que, par exemple, les recteurs et vice-recteurs d'université subissent aussi cette peine.)
S'il faut démontrer la méchanceté de Boniface VIII, on peut le faire en voyant comment son corps est mort : il est mort dans une crise de rage -étouffé par sa salive- pour avoir été humilié (giflé) par les envoyés du roi Philippe le Bel de France (qu'il avait excommunié) et par les membres de la famille romaine des Colonna.
Le gisant que vous voyez sur la photo avait été sculpté par ses soins bien avant cette mort indigne, c'est la raison pour laquelle on n'y voit pas les traces de celle-ci.

* Le destin de Benoit XVI me semble tracé par celui de Célestin V.

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