mercredi 24 août 2016

L'affection, dans le futur, à l'égard des robots

J'ai éprouvé une sorte d'affection pour un robot GPS lors d'un récent voyage.
Je vous présente donc ce compte rendu du livre « Culture and Human-Robot Interaction in Militarized Spaces : A War Story » de Julie Carpenter, compte rendu tiré de « Books » (ici) parce qu'il m'édifie et diagnostique un peu mon sentiment :

Robot chéri

Nous serions prêts à mentir pour ne pas heurter la sensibilité… d’un robot. C’est ce que révèle une expérience menée par des chercheurs de l’université de Bristol et de l’University College de Londres. Certes, le robot en question, BERT de son petit nom, peut exprimer des émotions comme la tristesse et la joie. Mais la question va bien au-delà : lequel d’entre nous n’a jamais remercié un distributeur de billets ou pesté contre un automate, comme s’ils étaient humains ? Bien sûr, nous ne tenons pas vraiment les robots pour des êtres vivants, affirme Julie Carpenter dans Culture and Human-Robot Interaction in Militarized Spaces ; mais ils ne sont pas pour autant à nos yeux de simples objets. La chercheuse a étudié le cas de soldats travaillant quotidiennement avec des robots démineurs. S’ils décrivent les machines comme des outils, les militaires ont également tendance à leur prêter des attributs humains. Ils leur donnent volontiers un prénom (celui d’une célébrité ou de leur compagne), leur attribuent souvent une personnalité et expriment de la sympathie pour eux. Tant et si bien qu’ils ressentent la mise hors service d’un robot comme une perte et font de son échec une affaire personnelle, même si le travail de l’homme n’est pas en cause. Ces robots sont devenus pour ces militaires des sortes d’animaux de compagnie, d’amis, voire des extensions d’eux-mêmes, souligne Carpenter. Et il n’y a pas là de quoi s’étonner, selon la chercheuse.
La question des rapports entre humains et non-humains hante la mythologie et la fiction, de Pygmalion à Terminator. Au quotidien, nous ressentons tous de l’attachement pour tel ou tel objet. Ce type d’affection deviendra naturelle vis-à-vis des robots d’ici quelques décennies, prédit Carpenter, d’autant plus qu’elle sera recherchée par leurs concepteurs. Pour deux raisons. D’abord, un lien fort entre la machine et son utilisateur évitera que le second n’abandonne le produit ; ensuite, il pourra parfois aider l’automate à accomplir sa tâche. « Si vous êtes attaché à un robot, vous prendrez vos médicaments quand il vous le demandera et vous ne vous contenterez pas de l’éteindre, explique-t-elle. C’est positif. »


Voici la page couverture du livre : 

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