samedi 21 novembre 2009

Température du 21 novembre à Saguenay

Matin--------------------------------------------Après-midi

Urinoir turc

Je poursuis ma série de notes consacrées aux urinoirs.
Celui que je vous présente ci-dessus, -un urinoir turc-, est moins luxueux que les urinoirs de Starck à Hong Kong et moins sacrilège que les urinoirs de Lourdes mais il constitue une pièce de musée à mon avis: voyez ses éléments décoratifs, une sorte de porte avec colonnes, des cercles dans la partie supérieure à gauche et à droite, etc.
Et, pour l'avoir quelquefois expérimenté (du moins un similaire), je dois témoigner que la petitesse de la cible (avec son motif qui s'emboîterait dans celui de la porte au-dessus) constitue, selon moi, un beau défi, de plus en plus grand au fur et à mesure que l'utilisateur prend de l'âge (toutes mes excuses aux visiteuses et aux visiteurs qui trouveraient que je m'intéresse longuement à des objets bien vulgaires, sordides mêmes: je leur dirais qu'on peut juger de l'état d'une civilisation par ses lieux d'aisance).
Et puis comme écrivait Térence dans «L'Héautontimoroumenos» :«Homo sum, et humani nihil a me alienum puto»: je suis un humain et rien de ce qui est humain ne m'est étranger.

Le véritable héros de «La Flûte enchantée»

Je suis bien aise que l'Opéra de Montréal ait représenté Papageno dans l'affiche de la représentation de «La Flûte enchantée» de Mozart à laquelle j'ai assisté lundi dernier (et qui était une bonne représentation, utilisant la scénographie de San Francisco).
C'est Papageno le véritable héros de la pièce.
Voici pourquoi.
Jusqu'à présent je n'ai jamais vraiment prêté attention aux paroles de «La Flûte enchantée».
Il faut dire que la première représentation que j'en ai vu était cinématographique, c'était le film (1975) d'Ingmar Bergman.
Le reste du temps j'écoutais surtout les grands airs (il n'y a que cela dans «La Flûte») où l'on coupait les dialogues non chantés.
La représentation de Montréal était la première vraiment complète à laquelle j'assistais, avec les paroles traduites au-dessus de la scène.
Et quelles paroles: sexistes, religieusement bébêtes.
Et toutes ces épreuves initiatiques.
Papageno est le seul qui refuse de se laisser entraîner dans ces simagrées où Tamino et Pamina sont amenés à se laisser entraîner (avec leur plein accord -étonnant!) par Sarastro.
Ces simagrées d'initiation qui ressemblent à une cérémonie d'ordination ou de consécration épiscopale vaticanesque ou, mieux encore (et cela révèle ce qui est au fond des cérémonies vaticanesques), ces simagrées qui ressemblent sans doute à une cérémonie de l'ordre du Temple solaire.
Papageno ne garde pas le silence qu'on lui enjoint de garder, mange ou boit malgré les interdits, alors que le benêt Tamino et la naïve Pamina adhèrent sans état d'âme à tout ce qu'on leur demande: ils auraient été nazis passifs (les pires).
Le livret (d'Emanuel Schikaneder, il faut le dire) prend parti pour Sarastro et sa bande de curés mais, devant les discours que tient celui-ci, je suis porté à croire que Mozart, par la distribution et le registre des airs, prend parti pour la Reine de la nuit (qui veut sauver sa fille de l'univers sexiste et religieux de Sarastro, selon moi) et pour Papageno qui réussit à rencontrer l'amour (et Papagena) tout en n'étant pas initié à la secte (ou église) de Sarastro comme le sirupeux Tamino.
Je vous ai déjà présenté les deux arias de la Reine de la nuit (ici), dans ce blogue (par Dessay et Deutekom).
Je vais vous présenter l'air de Papageno et de Papagena interprété par Detlef Roth (page en anglais au bout de ce lien) and Gaële Le Roi à Paris en 2001 (j'aurais préféré l'interprétation de Montréal avec l'excellent Aaron St.Clair Nicholson (page en anglais au bout de ce lien) mais elle n'est encore nulle part hélas!):


Avoir la gueule de bois

Cette pauvre bête s'est ravalée au rang de l'homme en buvant plus qu'elle ne l'aurait dû.
Du moins c'est le rôle qu'elle joue à la demande sans doute du photographe car, de son propre mouvement, elle ne serait jamais tombée si bas: le rang de l'homme, pouah!
Mais je n'ai conçu moi-même cette mise en scène (second degré!) que pour vous énumérer les synonymes d'«avoir la gueule de bois» afin que vous soyez capable de dire ce que vous aurez aux personnes qui vous interrogeront bientôt, les fêtes de fin d'année approchant à grands pas.

1. Avoir une casquette de plomb
2. En tenir une bonne
3. Avoir la tirelire en palissandre (plutôt français comme expression, réservez-la à vos amis d'outremer si vous êtes québécois, ou d'outre-frontière si vous êtes européen)
4. Avoir une barre en travers du crâne
5. Avoir la gueule de colas (un peu mystérieuse celle-là)
6. Avoir mal aux cheveux
7. Écouter ses cheveux pousser
8. Avoir le casque à boulons
9. Avoir les cheveux qui poussent à l'intérieur
10. Avoir le tomahawk dans la ganache

Si vous avez d'autres synonymes à me proposer ne vous gênez pas.

vendredi 20 novembre 2009

Température du 20 novembre à Saguenay

Matin--------------------------------------------Après-midi

Le cadavre exquis boira le vin nouveau

Le dessin de Magritte sur la page
couverture de «Qu'est-ce que le Surréalisme»
me semble plus surréaliste (quoique systématique)
que le produit du «Cadavre exquis».

La phrase qui sert de titre à cette note est la première phrase qui fut composée par les Surréalistes (du moins par certains d'entre eux, peut-être les moins sérieux) quand ils inventèrent ce jeu qui porte à cause de cela le nom de «
Cadavre exquis».
Le jeu fut inventé, dit-on, par Marcel Duhamel, Jacques Prévert et Yves Tanguy.
Ils prirent une feuille, le premier y inscrivit un terme, plia la feuille pour cacher son mot au deuxième qui y inscrivit à son tour son mot et ainsi de suite.
Ils obtinrent donc: «Le cadavre exquis boira le vin nouveau».
Je pense qu'ils ont dû ajouter les articles devant les noms.
C'est maintenant le temps du «vin nouveau» (que nous ne buvons plus parce que nous l'avons trop fait dans le passé et que le cépage «gamay
», maintenant, nous écœure presque) et c'est pourquoi je vous parle de ce jeu et de sa première phrase.
Comme vous le remarquez cette phrase, à part, à première lecture, la signification à travailler un peu, est tout ce qu'il y a de plus traditionnel au point de vue syntaxique: groupe sujet (un nom et un adjectif), groupe du verbe (un verbe à l'indicatif), groupe complément direct du verbe (un nom et un adjectif).
Les Surréalistes présentaient ce jeu comme un puissant instrument de création aléatoire, mais ce que Barthes a appelé (avec bien d'autres éléments) «
le fascisme de la langue» contrait puissamment le hasard des termes en imposant l'ordre syntaxique le plus courant, le moins aléatoire du français.
Je crois que pour rendre le jeu plus «créatif», il faudrait d'abord prévoir un tirage de l'ordre des termes (à quelle position le groupe sujet? le groupe verbe? le groupe complément d'objet direct? présence ou absence de l'un ou l'autre de ces groupes, composition de chacun d'entre eux -présence ou absence d'adjectif, présence ou absence d'adverbe-, genre et nombre des noms, temps et mode des verbes, etc.).
Les inventeurs du jeu sont allés au plus pressé.
Et ne sont, je crois, jamais allés plus loin.

Sur le Québec par Lévi-Strauss

Propos de Claude Lévi-Strauss à Christian Rioux (rapporté aujourd'hui dans Le Devoir, ), tenu il y a une dizaine d'années sur le Québec:

Je trouverais navrant que le Québec se fonde dans une sorte de culture moyenne nord-américaine. Une langue, c'est un monument qui est aussi, sinon plus, respectable qu'un monument de pierre. Chaque culture représente un capital de richesse humaine considérable. Chaque peuple a un capital de croyances et d'institutions qui représente dans l'ensemble de l'humanité une expérience irremplaçable.

Christian Rioux d'ajouter:

Si les Québécois ont quelque chose à retenir de
Claude Lévi-Strauss, c'est qu'ils n'ont nullement à avoir honte de ce qu'ils sont et que tout ce qu'ils font pour préserver leur identité dans le respect des autres est un apport à l'humanité tout entière.

Texte de Denise Pelletier sur «Catatonie II» du Théâtre CRI

Magnifique texte de Denise Pelletier ( ou cliquez l'image pour y être) sur la pièce «Catatonie II» présentée par le «Théâtre CRI».
Magnifique texte parce que ce n'est pas seulement la critique de la pièce mais une véritable réflexion sur le théâtre, induite par la représentation.
Celle-ci semble, après la lecture qu'en fait Denise Pelletier
(je ne l'ai pas vue malheureusement), d'une profondeur (textuelle -si je puis dire- et scénographique) peu commune.

Justice et liberté

Crédit Photo © Estate of Yousuf Karsh
Albert Camus par Youssouf Karsh

Voici ce que dit Michel Onfray d'
Albert Camus () dans une interview récente (c'est dans Le Nouvel Observateur):

Il (Camus)
a toujours refusé la violence révolutionnaire, mais aussi celle des systèmes qui, par leur impéritie, généraient cette violence révolutionnaire. Camus a critiqué très puissamment le capitalisme, le libéralisme, le marché faisant la loi, la déshumanisation de toute politique qui, à gauche comme à droite, n'avait pas le souci conjoint de la justice et de la liberté. La justice sans la liberté, c'est la dictature; la liberté sans la justice, c'est la loi du plus fort: il voulait la justice et la liberté, ce qui faisait de lui un libertaire...

Je voudrais souligner:

La justice sans la liberté, c'est la dictature; la liberté sans la justice, c'est la loi du plus fort.

Une excellente position pour se garder de tout emportement politique ou religieux.

jeudi 19 novembre 2009

Température du 19 novembre à Saguenay

Matin--------------------------------------------Après-midi

Abolir l'humanité

Et, évidemment, sans humains, les émissions de CO2 n'ont plus aucune importance. Encore un petit pas dans le raisonnement et nous allons arriver à la conclusion logique.
Pour tout protéger il faut abolir l'humanité.
(Cliquez l'image (ou ici) pour atteindre l'article du Figaro).

Bonne question et hypothèses intéressantes


Une question et une hypothèse d'Alexandre Dumas que je me dois de vous soumettre tant elle permet des réflexions (et des doutes) sur les ministères de l'éducation (et les fonctionnaires qui en occupent les bureaux -je n'ose pas dire «qui y travaillent»), sur les écoles, les collèges, les universités et sur ceux qui concoctent les programmes et sur ceux qui les appliquent.
Les voici:

Comment se fait-il que les enfants étant si intelligents, la plupart des hommes soient bêtes ? Cela doit tenir à l'éducation.


Pour ma part, je vous fais remarquer qu'Alexandre Dumas vivait au 19e siècle et que dans notre siècle ce n'est pas seulement l'éducation (et ses acteurs) qui cause l'abêtissement des enfants lorsqu'ils deviennent adultes mais la bêtise préalable de la plupart des parents, regardez autour de vous si vous ne me croyez pas.
Et examinez le dessin ci-dessus.

Une hostie pour Pinochet

Ce n'est devant aucune de ces deux photos mais devant une autre, que je n'ai pas pu retrouver, que j'ai compris que l'Église catholique romaine serait prête à toutes les compromissions devant n'importe quel dictateur, quels que soient les crimes de celui-ci, pourvu qu'il se proclame catholique et reçoive la «sainte communion» des mains de Sa Sainteté ou de son nonce ou de son cardinal.
Car la photo devant laquelle j'ai tout compris c'est celle où Jean-Paul II (c'est lui le pape sur les photos, vous aviez reconnu ce «saint» homme, ce «showman») donnait sans état d'âme
apparent une hostie à Pinochet (le dictateur de la photo), dont il ne pouvait ignorer les crimes à l'égard d'une grande partie de la jeunesse chilienne (et même étrangère et même chrétienne).
Il agissait ainsi comme tous ses prédécesseurs à l'égard de Franco, de Salazar, de Mussolini et de tous ces dictateurs latino-américains ayant pris le pouvoir de n'importe quelle façon, la plupart du temps par le meurtre et l'assassinat et par les massacres.
Et comme ses autres prédécesseurs tout au long de l'histoire en faveur des rois et empereurs et autres seigneurs, qui pouvaient impûnément faire tuer ou brûler tous ceux qu'ils désiraient pourvu que ce soit pour la plus grande gloire du dieu chrétien et le progrès de l'Église dans la soumission des âmes et des corps*.
La seule exception étant Ambroise de Milan qui interdit à Théodose (né, comme plus tard
Franco, en Galicie) l'entrée de la cathédrale de Milan pour avoir ordonné le massacre de Thessalonique.
Jusqu'à ce que cet empereur si imbécilement** catholique s'humilie et reconnaisse sa faute en s'agenouillant devant
Ambroise.
Depuis ce jour, tous les pontifes romains se cachent derrière Ambroise (qui a été canonisé mais ne fut jamais pape) pour manger toutes les couleuvres que leur tendent les dictateurs et monarques catholiques -et même participent aux crimes de ceux-ci, sous prétexte qu'il faut protéger leur Église de possibles représailles.
C'est ce qui a permis à Pie XII, par exemple (et ce n'est qu'un bien petit exemple, je m'y arrête parce que le petit ancien nazi allemand que les catholiques ont maintenant comme pape désirerait beaucoup canoniser ce prédécesseur pour le récompenser de son soutien passif au Führer), c'est ce qui a permis au pape Pacelli, donc, de ne pas condamner Hitler alors que celui-ci industrialisait l'Holocauste des Juifs et de tous ceux qui lui déplaisaient et déplaisent également à toutes Leurs Saintetés.

* Et je n'évoque pas les petits dictateurs catholiques de province -appuyés silencieusement par nos seigneurs les évêques et leurs prêtres- que nous subissons encore aujourd'hui ici au Québec, ce serait leur faire trop d'honneur. Disons quand même que non seulement ils ne reconnaissent pas leurs délits mais ils les transforment en exploits.
Et du délit au crime...
** Il a mis fin à la tolérance religieuse dans l'Empire romain en interdisant le paganisme, l'enseignement de la philosophie grecque et il a aboli également, pour des raisons religieuses, les Jeux olympiques (à quoi bon un corps sain quand on n'espère plus que le ciel le plus rapidement possible, comme les millénaristes qu'étaient tous les Chrétiens?)

Expositions du Musée des beaux-arts 2009-2010

Comme d'habitude quand je visite le Musée des beaux-arts de Montréal, j'ai photographié les bannières qui présentent les expositions en cours ou à venir du Musée.
Ci-dessus la vue d'ensemble de ces bannières.
J'ai visité l'exposition sur «Napoléon» (première bannière).
La Pavillon où est présentée la deuxième («Afrique sacrée II») était fermé en fin de semaine dernière.
J'ai négligé celle sur «Waterhouse» au profit de deux autres dont je parlerai éventuellement.
Et voici les bannières des expositions du printemps et de l'été prochain.
J'espère voir celle sur Tiffany qui aura sans doute lieu dans le nouveau pavillon du
Musée, celui que l'on érige à l'heure actuelle dans l'église Erskine et American.

Quant à celle sur «Miles Davis», je ne sais pas encore.
Voici l'église
Erskine et American (surtout de «style roman», on pourrait dire «roman revival» en imitant nos cousins français s'il n'y avait confusion, en anglais, entre «romain» et «roman», disons donc «néo-roman») qui contient la plus riche collection du monde de vitraux de Tiffany:

Crédit photo: Centre collégial de développement
de matériel didactique (CCDMD)

mercredi 18 novembre 2009

Température du 18 novembre à Saguenay

Matin--------------------------------------------Après-midi